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L’auteur de l’agression filmée de Papeete pourrait être jugé dès ce jeudi


L’auteur présumé de l’agression filmée à Papeete lundi et dont les images ont fait le tour des réseaux sociaux est toujours en garde à vue, comme l’a confirmé ce matin la procureure de la République Solène Belaouar. Âgé de 26 ans et jusque là inconnu de la justice, il pourrait être déféré au palais de justice dès ce jeudi, pour y être jugé en comparution immédiate. Une manière de répondre à l’émotion suscitée par cette scène. La magistrate condamne au passage les élans de « chasse à l’homme » sur les réseaux sociaux envers l’agresseur présumé ou sa compagne, hors de cause dans cette affaire : « il ne faut pas se faire justice soi-même : Si on veut que la justice passe, il faut avertir les autorités« .

Un homme au sol, tentant de se protéger avec ses mains et implorant d’arrêter de le frapper. Et un autre lui assénant des coups, tout en filmant avec son portable. La scène a eu lieu à Papeete lundi, et les images ont été partagées et commentées des milliers de fois depuis sur les réseaux sociaux. L’agresseur, alors aux côtés d’une femme, et qui reproche à la victime de l’avoir « draguée », a été interpellé mardi, comme l’avait annoncé TNTV. Sa garde à vue a été prolongée jusqu’à jeudi, a complété ce matin le parquet, précisant que la femme, qui ne porte aucun coup sur la vidéo, est hors de cause.

Vu le retentissement de l’affaire, qui a donné lieu à des centaines de messages de soutien pour la victime, mais aussi beaucoup de messages de haine voire de menace envers les auteurs des faits, l’homme de 26 ans, jusqu’à présent inconnu de la justice, pourrait être déféré et jugé en comparution immédiate dès ce jeudi. « L’enquête n’est pas terminée », mais elle s’oriente vers des accusations de violences volontaires, aggravées en l’occurrence par la proximité d’un établissement scolaire. Le fait d’avoir capté puis diffusé les images de l’agression est constitutif d’une infraction propre, créée en 2007 pour combattre le « happy slapping », cette tendance de vidéos virales où les auteurs frappaient des inconnus dans la rue. « Si c’est quelqu’un d’autre qui filme, il peut se voir reproché la même infraction, comme s’il était complice, précise Solène Belaouar. Et quand on filme soi-même les violences qu’on est en train de commettre c’est une infraction en soi ».  

La chasse à l’homme « autorisée en aucune manière »

La procureure de la République précise que la victime, dont la santé était déjà fragile, a été hospitalisé au Taaone après l’agression. Il est sorti de l’hôpital hier soir. La magistrate note surtout que beaucoup d’internautes se sont lancés dans une sorte de « chasse à l’homme » après la diffusion de ces images, pour retrouver l’auteur et la femme apparaissant sur la vidéo. Elle appelle donc à la « plus grande prudence » : « La chasse à l’homme, pour reprendre votre expression, n’est autorisée en aucune manière. Dans ce type de situation, si des personnes ont des informations sur des infractions qui ont été commises ou qui sont en cours, il faut évidemment se tourner vers les services de police et de gendarmerie. Et ne pas se mettre en situation soi-même de commettre d’autres infractions parce que c’est ça peut conduire à attiser la haine, on utilise les réseaux sociaux pour diffuser des images de personnes qui ont aussi une famille… On ne peut pas se faire justice soi-même. Si on veut que la justice passe, il faut avertir les autorités ».

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