ACTUS LOCALESENVIRONNEMENTSOCIÉTÉ Le Criobe mise sur l’art et la science pour redonner vie aux plages Vaitiare Pereyre 2025-10-19 19 Oct 2025 Vaitiare Pereyre ©VP/Radio1 Lancé vendredi à Moorea, le projet A hi’o to tahatai vise à fédérer chercheurs, artistes, associations et habitants autour de la préservation du littoral polynésien. Lauréat 2025 du programme national Érable, il s’intéresse à la relation des Polynésiens à la zone côtière , dans un contexte où 70 % des plages de Moorea ont déjà disparu. Le projet ambitionne de mieux sensibiliser la population aux enjeux, et de la fédérer à travers des interventions à la fois scientifiques, artistiques et associatives. Cette initiative, qui concerne aussi Bora Bora et Kauehi, répond aussi à une demande des communes qui élaborent ou révisent leurs plans d’aménagement. Fédérer autour de la cause du littoral, c’est l’objectif du projet A hi’o i to tahatai, lauréat 2025 du programme national Érable (Écosystèmes, résilience, aménagement et biodiversité du littoral et de l’estuaire). Financé par le ministère de la Transition écologique et porté en Polynésie par le Criobe, le projet concerne trois îles, Moorea, Bora Bora et Kauehi, dont les maires sont demandeurs d’accompagnement dans l’élaboration de leurs plans d’aménagement. A hi’o i to tahatai a été officiellement lancé ce vendredi, en présence d’Étienne de La Fouchardière, secrétaire général adjoint du Haut-commissariat de la République, de représentants du Criobe, mais aussi d’associations et d’artistes. Prévu sur trois ans, il ambitionne de faire émerger une dynamique collective autour de la préservation des bords de mer et pourquoi pas, de poser les bases d’un futur observatoire du littoral. Le projet s’appuie sur une démarche scientifique interdisciplinaire, croisant écologie, géographie, anthropologie, sociologie et sciences participatives. Il vise à produire des connaissances sur la biodiversité littorale, ainsi que sur les usages, les perceptions et les dynamiques sociales qui lui sont associées. Pour cela, il mobilise plusieurs méthodes complémentaires parmi lesquelles : des enquêtes de terrain (une centaine d’entretiens par île), des observations, des ateliers collectifs, de l’imagerie satellitaire et des relevés par drone. En combinant ces approches, le projet cherche à mieux comprendre les interactions entre sociétés et milieux côtiers dans un contexte de vulnérabilité croissante. Un littoral sous pression À Moorea, la démarche résonne particulièrement. Selon les données du Criobe, près de 70 % des plages de l’île auraient disparu au cours des quarante à cinquante dernières années. Une érosion liée, entre autres, à la forte urbanisation du littoral depuis les années 1980. « Le gros enjeu qu’on a ici, c’est la disparition des plages, explique Olivier Pôté, directeur des services techniques de la commune. Il faut trouver un juste milieu entre le développement de l’île, la préservation de l’environnement tout en préservant l’accès aux plages l’accès aux plages. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/10/MOOREA-Olivier-pote.wav Selon lui, la population est consciente des enjeux. Des actions individuelles sont d’ailleurs menées de plus en plus fréquemment, mais de manière éparse. Une cause aussi fédératrice que celle des coraux, des tortues ou des baleines Pour David Lecchini, chercheur au Criobe et coordinateur du projet, il s’agit avant tout de réussir à « fédérer à la cause », en comprenant la relation que les Polynésiens entretiennent avec leur littoral. À ses yeux, sa protection devrait être aussi fédératrice que celle des coraux, des tortues ou des baleines. Le projet repose ainsi sur une démarche collaborative mêlant différents acteurs : chercheurs, artistes, associations, établissements scolaires et habitants. Tous participeront à des ateliers et créations collectives – fresques, sculptures … – destinés à favoriser la prise de conscience et le dialogue autour des transformations du littoral. « La recherche, l’art et la société civile vont travailler ensemble pour essayer de produire quelque chose d’original et surtout qui parle à la Polynésie », dit le chercheur. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/10/MOOREA-David-lecchini.wav