ACTUS LOCALESÉCONOMIE 4,1 milliards « sanctuarisés » pour la « lutte contre la vie chère » Charlie Réné 2025-11-18 18 Nov 2025 Charlie Réné Dans son projet de budget 2026, le gouvernement propose la création d’un fonds de lutte contre la Vie chère de 4,1 milliards de francs abondé par la TDL et les droits de douanes. C’est là que seront puisés les fonds nécessaires à la prise en charge du fret des PPN, aux très débattus titres Tama’a Maitai ou aux réductions de prix réservées aux familles modestes. Pour le ministre des Finances Warren Dexter, il s’agit de « sanctuariser » ces fonds, mais aussi, reconnait le ministre des Finances, de donner de la « visibilité » aux actions d’un exécutif régulièrement interpellé sur la question du pouvoir d’achat. Lire aussi : Le Pays veut basculer 6 milliards de francs d’impôts de la consommation vers les entreprises LCDC. Quatre lettres qui devraient revenir dans les débats budgétaires de fin d’année. Elles désignent le nouveau compte d’affectation spéciale du pays nommé « Lutte contre la cherté et développement de la concurrence », déjà repéré par Tahiti Infos dans le projet de budget 2026. Sur le plateau de l’Invité de la rédaction, le ministre des Finances Warren Dexter a dessiné les contour de ce fonds spécial, vers lequel seront désormais orientés l’ensemble des recettes de la TDL – soit 1,9 milliard de francs sur l’année, après le toilettage déjà dans les tuyaux – et 20% du produit des droits de douanes. Soit au total 4,1 milliards de francs. Efforts « significatifs » Une somme « qu’on a vraiment voulu afficher comme étant dédié à cette lutte contre la vie chère », insiste le ministre. Pourquoi ne pas avoir pioché directement dans le budget général du Pays, désormais appauvri d’autant ? « Ça donne surtout de la visibilité, répond le ministre des Finances. Avec un fond dédié à ça, d’année en année, on va pouvoir voir les évolutions, les baisses, les hausses. Alors que quand c’est fondu dans le budget général, ça se voit pas forcément ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/11/WARREN-VIE-CHERE-1-donner-de-la-visibilite.wav « Afficher » et « mieux voir ». Pour un gouvernement interpellé très régulièrement, depuis le début du mandat, sur son manque d’action sur le pouvoir d’achat, par l’opposition autonomiste comme par sa majorité Tavini, l’objectif de communication est évident. Mais les mesures qui seront financés par le LCDC représentent un effort « significatif » du Pays, insiste le ministre, qui parle de « sanctuariser » l’utilisation de ces sommes. Même si si rien n’empêche au législateur de retirer, à l’avenir, des recettes du fonds pour les réaffecter eu budget général ou à d’autres opérations. Du fret aux ticket-resto L’exécutif table, dans l’utilisation de ce fonds LCDC, sur 950 millions de francs de dépenses de soutien au prix de la farine – le tarif de la baguette devrait rester inchangé – 50 millions de francs de dotation à l’APC, mais y a intégré des nouvelles opérations qui doivent débuter l’année prochaine. Notamment la prise en charge du fret de certains produits PPN, crédité de 800 millions de francs pour l’international et 1,4 milliard pour le fret interîle. Warren Dexter compte sur le dispositif pour engendrer des baisses immédiates de prix de l’ordre de 6% en moyenne dans les magasins. Mais pas sur toutes les étiquettes rouges : seules 14 familles de produits sont concernées sur la soixantaine listée parmi les Produits de premières nécessité. « Mais on a visé les produits les plus utilisés, et donc du coup en valeur, ça représente la moitié des PPN. » Une mesure complétée par la carte de remise qui sera distribuée aux familles modestes et qui permettra, en caisse d’obtenir des réduction complémentaire « d’environ 10% » sur les PPN. Le dispositif devra attendre la fin de travaux techniques, dans le courant du premier semestre, et la « mise en place d’une plateforme internet qui va être gérée par un opérateur privé et qui ensuite rembourse aux commerçants qui vont appliquer les remises en caisse ». Les 922 millions inscrits au budget pour cette opération concernent aussi les titres Tama’a Maitai. Au Cesec, la semaine passée, le patronat avaient largement exprimé sa réticence à ce projet de loi du Pays qui doit créer des tickets-restaurants cofinancés par les employeurs en échanges d’exonérations de charges sociales et de crédit d’impôt, et ciblés sur les produits locaux et les établissements qui les utilisent. Le Pays sera-t-il le seul employeur à les utiliser, comme le prévoient certains ? « L’avenir nous le dira, répond Warren Dexter. Maisces 900 millions, ça quantifie un peu la réduction d’impôts qui pourra être appliquée en échange des efforts qu’ils font pour prendre en charge les déjeuners de leurs salariés,donc c’est pas rien ». Une bonne partie de ce budget pourrait tout de même aller vers le financement de titres pour le secteur public : si la moitié des fonctionnaires en demande, et suivant le quota minimum de 18 000 francs aujourd’hui fixé par la loi, ce sont 450 millions que le gouvernement devrait dépenser dans l’année.