ACTUS LOCALESCULTURE Le Hura Tapairu à l’étroit au Grand théâtre, la frustration monte face au manque de places Nanihi Laroche 2025-10-27 27 Oct 2025 Nanihi Laroche Hei Tahiti, grands gagnants du Hura Tapairu 2024 © Maison de la culture/FB « Complet » : c’est le mot qui s’affiche à peine deux minutes après l’ouverture de la billetterie de cette 19ᵉ édition du concours Hura Tapairu. En cause : des billets en pré-vente réservés aux artistes et à leurs familles. Sur les 800 places du Grand théâtre, plus de la moitié sont bloquées avant même l’ouverture des guichets, ne laissant qu’environ 200 tickets disponibles pour le grand public. Comptage et quotas, le Fare Tauhiti Nui (TFTN) assure faire son maximum pour « satisfaire tout le monde » et éviter les abus, dans une salle à la capacité restreinte. Et rappelle que les troupes n’ont bien souvent pas assez de places et que leur famille, « c’est le public aussi ». À peine deux minutes après son ouverture, la billetterie de la Maison de la culture affiche déjà « complet » pour la quatrième soirée du Hura Tapairu. Créé en 2004, le concours est devenu l’événement le plus attendu du calendrier de ‘ori tahiti après le Heiva i Tahiti. Pour cette 19ᵉ édition, du 26 novembre au 6 décembre, les places partent comme des petits pains, et la soirée du 29 novembre affiche déjà « sold out ». En cause, en partie, les pré-ventes réservées aux artistes. 800 places disponibles au Grand Théâtre Sur les 800 places disponibles au Grand Théâtre, plus de la moitié sont mises de côté par les cheffes de troupe pour les familles des artistes. Avec en moyenne, par troupe, 20 danseurs pour le Mehura et maximum 40 pour le Tapairu, ainsi qu’une dizaine de musiciens, et presque une dizaine de groupes par soir, deux places sont réservées à chaque artiste – au même prix que les billets classiques –, mais « même avec les pré-ventes, toutes les familles ne peuvent pas assister, et même les groupes n’ont pas suffisamment de places, explique Alexandre Tenailleau, chargé de communication de TFTN. Certains danseurs ne peuvent donner qu’une seule place à leur famille. Et puis, l’autre partie est destinée au public. On essaye de satisfaire les deux côtés, mais c’est vraiment très difficile. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/10/HURA-TAPAIRU-1-places.wav « Environ 200 places pour le grand public » Si la rapidité des ventes crée de la frustration dans le public, le chargé de communication assure qu’« aucune soirée n’était complète avant l’ouverture » et que l’évènement est très populaire, c’est pourquoi les « ventes en ligne sont ultrarapides, avec des gens connectés dès 9 heures pile ». Ce sont « 400 à 500 palaces réservées pour les artistes, auxquelles s’ajoutent les places dédiées aux partenaires », sans compter les officiels du Pays. Pour le public, « il reste environ 200 places en général », explique le chargé de communication, qui affirme « qu’il est inconcevable de réduire la part des artistes qui se sont entrainés pendant des mois et ont sacrifié beaucoup de temps. » « En fait, c’est vraiment un événement porté par les artistes, rappelle Alexandre Tenailleau. C’est normal que les familles des artistes puissent aller les voir sur scène. Mais si on élargissait vraiment cette idée-là, il n’y aurait vraiment plus du tout de place pour le grand public. Donc, on est obligé de jongler entre les deux, et il y aura toujours des gens satisfaits et des gens pas satisfaits. Il nous faudrait peut-être une salle plus grande. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/10/HURA-TAPAIRU-2-famille-.wav Pas d’abus du côté des danseurs, mais une salle trop petite Pourtant, le système montre des failles : certains artistes disposeraient de bien plus que deux places. Une inégalité qui alimente les discussions à chaque édition, mais si certains danseurs se retrouvent parfois avec plusieurs billets, c’est uniquement dû à des arrangements internes aux groupes. Le directeur de la Maison de la culture, Vaitua Tokoragi, précise qu’une liste des participants leur est fournie et qu’un comptage est effectué avant de vendre les places. Pas d’abus donc du côté des danseurs, mais un problème dans la capacité limitée du Grand théâtre, seule structure couverte qui « garde la proximité avec le public et l’ambiance petit comité ». Si l’évènement est déplacé à To’ata, « ça deviendra un mini Heiva et ce n’est pas l’objectif. Le Hura Tapairu a sa propre identité et il ne faut pas la mélanger », rappelle Alexandre Tenailleau, « sans oublier qu’on entre dans la saison des pluies ». Plusieurs tickets sont encore disponibles ici.