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Le Pays étudie sérieusement l’interdiction des bouteilles en plastique

La Direction de l’Environnement a lancé le marché d’une grande étude sur l’interdiction des bouteilles en plastique de moins de 1,5 L. Un pas supplémentaire dans la réduction des déchets, après l’interdiction des sacs plastiques ou le bannissement progressif des emballages et de la vaisselle jetables. Rien n’est fait : le Pays dit vouloir mener une large concertation avec les producteurs, importateurs et associations. L’étude, qui doit durer 18 mois, devra aussi s’intéresser aux alternatives à ces petites bouteilles, comme la généralisation des consignes. La Diren lance en parrallèle une autre étude sur la neutralisation des batteries lithium-ion de plus en plus nombreuses et aujourd’hui inexportables.     

L’appel public à concurrence a été publié ce lundi au Journal officiel par la Direction de l’Environnement. Il porte sur la réalisation d’une étude sur l’impact de l’interdiction des bouteilles en plastique, et plus particulièrement les bouteilles « de moins de 1,5 litre ». Pas un nouveau projet, puisque cette possibilité est présentée depuis de longs mois comme la « suite logique » au renforcement des règles anti-déchets adoptées ces dernières années.

Les sacs plastiques avaient été entièrement bannis – théoriquement, du moins – en 2022 et une loi votée en 2024 interdit progressivement les assiettes, couverts, gobelets ou pailles en plastique et en aluminium à usage unique, les barquettes en alu, les emballages de fruits et légumes non transformés et mêmes les films alimentaires, d’ici 2028. Des nouvelles règles diversement appliquées et surtout diversement appréciées, les professionnels s’étant régulièrement plaint du manque d’alternatives pour remplacer certains produits interdits ou de l’augmentation de tarifs que ces interdictions impliquent. Du côté du Pays, on assure toutefois que ce nouveau projet fera l’objet d’une consultation « très large », rassemblant les commerçants, producteurs, importateurs, associations environnementales ou représentants des consommateurs.

Le retour des consignes ? 

Les titulaire du marché devront non seulement faire un point sur l’utilisation actuelle des petites bouteilles plastiques, sur leur poids environnemental et économique, sur les conséquences d’une interdiction en termes d’emploi… Mais aussi aider le Pays à explorer des alternatives, à ces bouteilles de 25, 33, 50 ou 100 cL, importées ou non, et utilisées par des eaux minérales, des jus ou sodas. Les canettes alu en font partie, mais aussi les bouteilles consignées, qui pourraient faire leur grand retour, alors qu’elles ont plutôt eu tendance à se raréfier ces dernières années. Interrogée par Radio1 en début d’année sur cette perspectives, les industriels, la Brasserie de Tahiti en tête ne se disait pas inquiets, l’interdiction des petites bouteilles en plastique donnant un avantage clair à la production local sur l’import.

La Polynésie n’est pas la seule à mener une telle réflexion. Une proposition de loi, jamais étudiée par l’Assemblée nationale, avait été déposée fin 2024 par un député Pierre Cazeneuve, qui parlait des formats de moins de 50 cL comme des « formats absurdes » et des « aberrations écologiques ». La Polynésie ne sautera quoiqu’il arrive pas tout de suite le pas : l’étude doit durer 18 mois, et la Direction de l’Environnement parlait en début d’année d’un texte de loi à l’horizon « 2028 – 2029 ».

Six mois pour trouver la meilleure façon de gérer les batteries lithium-ion

Signe que les travaux budgétaires de ces derniers mois sont terminés et que les services du Pays peuvent reprendre des dossiers mis en attente, la Direction de l’Environnement a aussi publié ce lundi un marché d’étude sur « la conception, l’évaluation et la pré-validation d’un protocole local de traitement et de neutralisation des batteries lithium-ion ». Il s’agit, sur une durée de six mois, d’identifier, parmi les nombreuses techniques utilisées dans le monde, et en fonction des contraintes réglementaires international, d’identifier la meilleure prise en charge pour permettre « l’export pour traitement final » de ces batteries, présentes dans de plus en plus d’objets connectés, véhicules et autres jouets. Risques, coûts, impact environnemental, et même « protocole opérationnel validé par les transporteurs et assureurs »… Cette étude « clé en main » doit permettre au Pays de préciser le cadre de ce traitement, à l’heure où certains acteurs privés mettent sur la table des projets pour retraiter ces batteries. Aujourd’hui, leur transport, en interîles et à l’international, est quasiment impossible, du fait des risques d’incendie que constituent ces batteries, qui ont déjà causé des feux au CET et dans plusieurs dépotoirs. La seule solution actuellement disponible est la « mise en sarcophage » béton, une technique coûteuse et qui ne permet pas de revalorisation.

 

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