ACTUS LOCALESTRANSPORTS

Le Pays garde son cap sur la DSP aérienne

Alors que la délégation de service public d’Air Tahiti  pour la desserte de 32 petits aérodromes arrive à échéance le 30 juin, Nicole Sanquer a interpellé le gouvernement ce jeudi sur sa prolongation, envisagée sur seulement un an en attendant le futur schéma directeur. Une durée trop courte pour donner de la visibilité aux archipels, estime la députée. Le président du Pays n’en démord pas : il n’est « pas juridiquement possible » de faire davantage pour le moment et il est nécessaire de prendre le temps de « revoir le périmètre et les équilibres » des DSP actuelles pour ne pas « pérenniser » certains « biais », par exemple ceux « qui empêchent l’émergence d’une concurrence là où elle serait pertinente ».

L’avenir de la délégation de service public pour le transport aérien inter-îles a été évoqué ce jeudi matin en ouverture de séance à l’Assemblée, à l’occasion des questions orales. Les délégations de service public actuellement en vigueur, qui arrivent à échéance le 30 juin 2026 pour la DSP dite « 32 îles » et le 15 juillet 2026 pour la DSP relative aux Marquises, suscitent de vives inquiétudes, relayées ce jeudi par la représentante Nicole Sanquer.

La députée et présidente de A here ia Porinetia a pointé du doigt la prolongation très courte de la DSP et du manque de visibilité pour les populations, les acteurs du tourisme mais aussi les salariés d’Air Tahiti. Elle a ainsi demandé que soit garantie une prolongation pluriannuelle de la DSP, d’une durée minimale de trois à cinq ans, afin d’assurer une « stabilité nécessaire » en attendant le futur schéma directeur du transport aérien interinsulaire, qui devrait définir les contours de la prochaine DSP.

Ce à quoi le président du Pays a répondu qu’il n’était « pas juridiquement possible » de le faire pour le moment, une prolongation au-delà de douze mois, comme celle actuellement envisagée par l’exécutif, n’étant plus « une mesure transitoire destinée à assurer la continuité du service public mais s’analyserait comme un renouvellement déguisé ». Moetai Brotherson a confirmé que la future DSP, quant à elle, aura bien « vocation à être conclue pour une durée entre cinq à dix ans afin d’offrir un horizon de projection stable et lisible ».

« Sur la nécessité de ne pas figer le système existant, prolonger la DSP au-delà d’un an sans en revoir le périmètre et les équilibres reviendrait à pérenniser des biais aujourd’hui clairement identifiés : des exclusivités sur l’avitaillement, l’assistance en escale et le fret, des effets de bord qui empêchent l’émergence d’une concurrence là où elle serait pertinente, des contraintes qui freinent le développement des vols charter et des solutions logistiques alternatives. La DSP actuelle constitue une avancée par rapport au dispositif antérieur, mais elle reste perfectible », a répondu le président du Pays, laissant ainsi la porte ouverte à l’entrée d’autres acteurs sur le marché.

Le président du Pays a également voulu rassurer les salariés d’Air Tahiti, en « réaffirmant que le processus de renouvellement de la délégation du service public ne remet nullement en cause leurs emplois ». « Je reconnais que le calendrier est délicat et que l’attente est forte, mais la responsabilité du gouvernement, c’est de garantir à la fois la continuité du service public et l’amélioration durable de la desserte aérienne », a-t-il conclu.

Article précedent

Aoa inaugure un laboratoire de culture in vitro pour sauver la flore polynésienne

Article suivant

Web3, crypto et finance décentralisée… Un deuxième "Pics" pour tout comprendre

Aucun Commentaire

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

PARTAGER

Le Pays garde son cap sur la DSP aérienne