ACTUS LOCALESPOLITIQUESOCIÉTÉ Le Pays va accentuer sa lutte contre la vape, « tueur silencieux et invisible » Charlie Réné 2025-04-10 10 Avr 2025 Charlie Réné Moetai Brotherson a confirmé qu’un nouveau train de mesures de lutte contre le tabagisme et les addictions serait transmis à l’assemblée dans les prochains mois. Des mesures qui passeront par une nouvelle hausse des taxes sur les cigarettes – « moyen le plus efficace reconnu mondialement » – mais surtout par d’importantes restrictions du vapotage, « tueur silencieux et invisible » et qui, pour le président du Pays, « tue bien souvent plus sûrement que la cigarette ». Le projet de loi, combattu l’année dernière par les professionnels, prévoit notamment une baisse drastique du nombre de parfums autorisés, l’interdiction des cigarettes jetables ou de la publicité. Lire aussi : Puff interdite, parfums limités, réservoirs réduits, la Vape dans le vieur de la nouvelle loi tabac C’était un des points de la longue liste de projets de loi annoncée par le président du gouvernement en ouverture de la session administrative de l’assemblée ce matin, et qui a laissé certains sur leur faim. L’exécutif va transmettre aux élus un nouveau train de mesures destinées à lutter contre le « tabagisme et les addictions ». Une nouvelle hausse du prix du paquet en vue ? « Malheureusement pour ceux qui fument, c’est le moyen le plus efficace reconnu mondialement, répond Moetai Brotherson. C’est ce qu’on appelle une taxation sur les comportements néfastes, et le tabagisme en est un ». Le « tabagisme de cigarette », mais pas seulement : « Cette année, on va mettre l’accent sur le vapotage, un tueur silencieux et invisible, qui est coloré, qu’on affuble de noms de parfums exotiques, bubble-gum et j’en passe, ajoute le chef du gouvernement. Mais ça tue. Ça tue plus sûrement que la cigarette bien souvent ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/04/MOETAI-tabac.wav La nouvelle loi anti-tabac, dont l’application était un temps annoncée pour début 2025, a déjà fait l’objet de débats tendus, l’année dernière, entre le gouvernement et les professionnels de la vape. Le ministère de la Santé y prévoyait notamment d’interdire les cigarettes électroniques jetables, de bannir la publicité et la vente d’articles de vape en ligne, d’empêcher les vendeurs de mettre ces produits en évidence dans les boutiques et de les obliger à se doter d’une licence, ou encore de réduire drastiquement le nombre d’arômes autorisés pour endiguer le succès de la vape auprès des plus jeunes… Un projet qui devait, jusqu’à récemment en tout cas, être couplé, côté ministère des Finances, à une augmentation de la fiscalité générale des produits nicotinés. Les vendeurs et importateurs, volontaires sur certaines mesures d’encadrement du marché, estimaient en octobre que ces mesures trop « zélées » mettaient leur activité en péril, et touchaient aux libertés du consommateur. Ils avaient saisi des organisations professionnels et interpellé la présidence sur la question. Reste à savoir si ces manœuvres ont suffi à faire évoluer le projetn qui doit faire l’objet d’une ultime restitution aux opérateurs, avant une présentation en Conseil des ministres, puis au Cesec, pour une étude à l’assemblée avant la fin de la session administrative, dans trois mois.