ACTUS LOCALESPOLITIQUE Tony Géros accuse A Fano tià de « manipulations » et exclut Moetai Brotherson Charlie Réné 2026-07-09 09 Juil 2026 Charlie Réné Le vice-président du Tavini, dans un communiqué cinglant, a démenti, au nom du bureau exécutif du parti, avoir trouvé un terrain d’entente avec Moetai Brotherson sur le vote, ce vendredi, du collectif budgétaire. Tony Géros dénonce la « méthode » du jeune parti qui a « diffusé une version unilatérale d’échanges informels, en toute déloyauté conversationnelle, pour tenter d’imposer dans le débat public une lecture favorable à ses seuls intérêts ». Il note au passage que pour la première fois, le président du Pays s’y présente en président de A Fano tià… Et en profite pour « prendre acte de sa démission d’office du Tavini ». C’était un tout premier communiqué pour A Fano tià, il aura le mérite d’avoir fait réagir. Ce jeudi matin, à la veille d’une plénière cruciale à Tarahoi, où doit être de nouveau examiné le « collectif 2 » portant report des crédits de paiement du pays, le jeune parti politique, qui ne s’était jamais exprimé en tant que tel, et dont la constitution n’a toujours pas été actée au Journal officiel, assurait qu’un terrain d’entente avait été trouvé avec le Tavini. À l’occasion d’une rencontre entre Moetai Brotherson, Oscar Temaru, Tony Géros et Tematai Le Gayic, mercredi, les responsables de deux formations indépendantistes auraient partagé leur « volonté commune » d’éviter un blocage du Pays. Les élus bleu ciel auraient donc, comme le suggère le même communiqué, accepté de voter le fameux collectif, pourtant remis sur la table par le président du Pays dans la version exacte dans laquelle il avait été rejeté fin juin. Pas de signature du Tavini sur ce communiqué, seulement celles du président et du vice-président du parti, Moetai Brotherson et Tematai Le Gayic. Conciliation ratée La réponse du Tavini est tombée tard dans la soirée. Et ce communiqué ne partage en rien le ton ni le fond du précédent : A Fano tià y est accusé de « mensonges » et de « manipulation ». D’après Tony Géros, qui signe le texte au nom du bureau exécutif du parti, la rencontre « informelle » de mercredi, « sous le auspices » d’Oscar Temaru à la mairie de Faa’a, « ne portait que sur une tentative de conciliation conduite par ce dernier ». Et d’après son vice-président, aucun consensus n’a été trouvé entre les deux groupes sur le vote du « collectif 2 ». « Aucun engagement de vote n’a été pris par les élus du groupe lors de cet échange, qui n’avait ni le format ni la portée d’une négociation engageant le groupe. Seuls les élus du groupe, réunis en formation plénière, sont habilités à arrêter une position de vote, et cette position n’a fait l’objet d’aucune décision définitive à ce jour ». Le parti bleu ciel, qui a réuni ces élus en fin de journée pour établir la stratégie à adopter ce vendredi, ne la révèle d’ailleurs pas : le collectif sera étudié « au regard du seul intérêt du Pays et des Polynésiens, et de la considération due à l’institution délibérante du Pays ». Pas un bon signe puisque le gouvernement n’a accédé à aucune des demandes formulées lors du premier rejet du texte. Méthode « déloyale » Mais plus que la séance de ce vendredi, qui pourrait aboutir, en cas de rejet du texte, à l’engagement de la responsabilité du gouvernement par Moetai Brotherson, qui ferait alors passer son collectif sans vote mais en risquant une motion de renvoi, le Tavini veut parler de la « méthode » A fano tià. « Celle consistant à rendre publics, de manière partielle et orientée, des éléments issus d’échanges à caractère privé ou informel, dans le but manifeste d’influencer l’opinion publique par une présentation tronquée des faits, comme l’écrit Tony Géros. Ce procédé rappelle les déclarations publiques tenues très récemment par l’élu représentant Tematai Le Gayic au sujet de la réclamation des frais de campagne des élus désormais au sein du groupe politique A fano ti’a au sujet des contributions de candidatures sur la liste Tavini lors des élections territoriales de 2023 ». Après la révélation, par Tahiti Infos, de cette demande formulée auprès d’Oscar Temaru, et des condamnations de nombreux militants, le communiqué de A fano ti’a expliquait qu’un accord avait là aussi été trouvé pour qu’aucun remboursement ne soit opéré. Sur l’un et l’autre de ces sujets, le mouvement indépendantiste historique accuse la jeune formation de « diffuser une version unilatérale d’échanges informels, en toute déloyauté conversationnelle, pour tenter d’imposer dans le débat public une lecture favorable à ses seuls intérêts politiques à court terme ». Enfin, Tony Géros note que le communiqué du parti bleu foncé a été signé par Moetai Brotherson en tant que « président de A fano ti’a ». Il y a donc lieu de « prendre acte de sa démission d’office du parti Tavini Huiraatira No Te Ao Maohi-FLP ». Une exclusion qui n’avait pas été prononcée, le 22 avril, en même temps que la radiation des 15 élus qui ont formé le groupe A Fano tià deux semaines plus tôt. Deux communiqués, une exclusion, donc, et beaucoup de questions sur les votes lors de la séance de ce vendredi.