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Le Vanuatu refuse de retirer leurs passeports de complaisance à deux Indiens poursuivis pour corruption

La Commission de la citoyenneté du Vanuatu, qui avait accordé la nationalité ni-Vanuatu à deux Sud-Africains accusés de blanchiment, fraude et corruption, affirme qu’il n’y a pas de raison de la leur retirer. Depuis 2014, le Vanuatu vend ses passeports à tout « investisseur » étranger qui investit 130 000 USD (14 millions de Fcfp). Un « business » qui représente plus de 10% du PIB du pays. 

La Commission de la citoyenneté du Vanuatu a déclaré qu’il n’existe pas de preuves suffisantes pour retirer aux frères Gupta leurs passeports vanuatais, qu’ils détiennent depuis quatre ans. Atul et Rajesh Gupta, hommes d’affaires indiens à la tête d’un empire en Afrique du Sud qui comprend des entreprises minières, technologiques et de médias, avaient admis dans leurs candidatures être sous le coup d’une enquête pour blanchiment, fraude et corruption, « mais ils sont innocents jusqu’à ce qu’ils soient prouvés coupables », a déclaré le président de la commission Robin Kapapa, qui affirme ne pas prendre de problème à la légère et surveiller étroitement la situation.

L’affaire traîne depuis des années, notamment parce que les tentatives pour les extrader des Émirats arabes unis ont échoué. Ils y résident depuis 2018, seulement 23 ans après avoir commencé la construction de leur empire ;  le nom des frères Gupta est étroitement associé à celui du président Jacob Zuma (2009-2018) qui aurait favorisé leur ascension météorique.

La citoyenneté vanuataise est l’un des moins chères au monde – 130 000 USD pour une personne seule, 180 000 USD pour une famille de 4 personnes – comparable à d’autres petits états insulaires des Caraibes comme Antigua (130 000 USD), Sainte-Lucie, St Kitts & Nevis ou Grenade. Le Vanuatu se distingue par la rapidité du traitement des demandes : un à deux mois seulement. Les paiements réalisés pour obtenir la citoyenneté sont versés au Fonds pour le développement national.  En outre, les candidats doivent prouver que leur compte en banque abrite au moins 250 000 USD.

En 2020, le pays a ainsi récolté 160 millions de dollars US (11,5 milliards de Fcfp, soit plus de 10% de son PIB) de la part de 840 « investisseurs ». Grâce à ce système inauguré en 2014, que les locaux appellent « cash-for-passports », le passeport vanuatais leur permet d’accéder sans visa à 95 pays, y compris ceux de l’espace Schengen, le Royaume-Uni, Singapour ou les États-Unis. Autre avantage, le Vanuatu ne lève pas d’impôt sur le revenu ou sur les sociétés. En juin dernier, un comité parlementaire avait révélé que plus de 4 000 passeports vanuatais avaient été vendus, la majorité à des ressortissants chinois, bien qu’il soit illégal pour un Chinois de détenir une double nationalité. Récemment, à la demande du gouvernement de Beijing, six ressortissants chinois accusés de mener des arnaques par Internet depuis le Vanuatu, avaient été expulsés du pays.

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