ACTUS LOCALESÉCONOMIESECTEUR PRIMAIRE Les hakaiki refusent le zonage côtier à 15 milles nautiques Caroline Perdrix 2025-06-09 09 Juin 2025 Caroline Perdrix Emmanuel Macron a été accueilli sur le stand de la Polynésie française à Nice par un haka des maires marquisiens. ©Codim Les maires des Marquises, également présents à Nice pour le sommet des Nations Unies sur l’océan, refusent le zonage côtier de leur archipel à 15 milles nautiques annoncé par Moetai Brotherson vendredi. Ils demandent une limite à 30 milles, comme celle annoncée pour les îles de la Société. Ils demandent aussi la création d’une autre zone de protection forte de 310 000 km2 au Sud et à l’Est de leur archipel, et une définition stricte de la pêche artisanale. « Ce n’est pas acceptable », dit le maire de Ua Pou Joseph Kaiha. Depuis Nice où ils assistent à la conférence des Nations Unies sur l’Océan, les hakaiki des Marquises protestent contre le zonage côtier de 15 milles nautiques annoncé vendredi par Moetai Brotherson autour de leur archipel. Insuffisant pour empêcher les thoniers de Tahiti de venir concurrencer les pêcheurs locaux à l’intérieur même de l’aire marquisienne. Et alors que le sommet international parle de préservation des ressources, « on a l’impression que la décision de Moetai, c’est plus pour porter les intérêts des armateurs. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/06/MARQUISES-01-JOSEPH-KAIHA.wav Indignés par la différence de traitement entre les archipels Et même si le président du Pays a déclaré que le Pays se donnait davantage de temps pour la concertation avant de délimiter ces zones, les maires des Marquises ne sont pas apaisés, d’autant que les îles de la Société, elles, bénéficieraient d’un zonage à 30 milles nautiques. Les Marquises veulent le même traitement. « Qu’est-ce que ça va changer d’attendre 2026 ? demande Joseph Kaiha. Il y a un travail énorme qui a été mené pendant plus de dix ans. Pour nous le travail est déjà terminé, il n’est pas question d’attendre 2026 pour prendre cette décision de préserver les Marquises. On a eu également une visioconférence avec lui il y a à peine une semaine. Nous lui avons encore une fois demandé ce maintien des 30 nautiques parce que ça préserve les ressources proches de nos côtes, de nos îles respectives.« Et le maire de Ua Pou rappelle que le zonage est d’autant plus important que les Marquises sont des communes rurales où la pêche artisanale est l’une des seules sources de revenus. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/06/MARQUISES-02-JOSEPH-KAHIA.wav Ils soulignent que le discours gouvernemental a changé : « Je me rappelle qu’au début de la mandature, le ministre en charge des ressources marines nous avait dit qu’il n’est pas possible de différencier les zonages et qu’il semblait privilégier un zonage général à 15 milles nautiques. » Ils demandent aussi une définition stricte de la pêche artisanale, limitée « aux pirogues, poti marara et bonitiers » d’une taille inférieure à 12 mètres et « utilisant des lignes ou palangres verticales » pour préserver la pêche locale et lutter « contre la pêche industrielle déguisée », indiquent-ils aussi dans un communiqué. Une demande d’une autre zone de protection forte de 310 000 km2 Aucune proposition de compromis sur le zonage côtier n’a encore été annoncée, mais « je pense que ça va venir dans les semaines qui vont venir », conclut Joseph Kaiha, qui salue tout de même l’annonce « historique » de la Polynésie française de placer près d’un million de kilomètres carrés sous protection forte. Les hakaiki souhaitent également « une zone de protection forte de plus de 310 000 km2 au Sud et à l’Ést de l’archipel, sanctuarisée contre toute activité extractive, pour préserver les espèces emblématiques des Marquises (thons, requins, mammifères marins, oiseaux de mer) ». Le président Macron entouré de Moetai Brotherson et Joëlle Frébault. ©Codim