ACTUS LOCALESÉCONOMIE Les rhums de Polynésie distingués à Paris, un pas de plus vers l’IG Alexandra Perrini 2026-06-11 11 Juin 2026 Alexandra Perrini Laurent Masseron, de la distillerie Pari Pari, et Marotea Vitrac de Mana’o lors de la remise du grand prix. ©M.V. Représentées ensemble au Mondial du rhum, organisé du 9 au 11 juin à Paris, les distilleries membres du Syndicat des producteurs de rhum agricole de Polynésie sont reparties de l’évènement avec le Grand Prix « Durabilité et Impact ». Une distinction qui sonne comme une « reconnaissance » du travail du syndicat, et qui « tombe à point nommé », alors que la filière travaille depuis six ans à l’obtention d’une Indication géographique. Un précieux label que les producteurs veulent obtenir d’ici la fin de l’année pour protéger l’origine et les méthodes de fabrication du rhum polynésien. Il faudra avant régler certains débat entre producteurs. Lire aussi : Rhum : la plus grosse distillerie du fenua sort de terre à la Presqu’île Un stand pour quatre distilleries du fenua au Mondial du rhum, qui a eu lieu au Carreau du Temple, à Paris, du 9 au 11 juin. Mana’o, Pari Pari, Manutea Tahiti et Tamure Rhum, membres fondateurs du Syndicat des producteurs de rhum agricole de Polynésie ont été représentés ensemble lors de cet évènement organisé sous le patronage de l’Élysée pour rassembler tout « l’écosystème rhum ». Et les producteurs polynésiens, représentés sur place par le président du syndicat et dirigeant de Tahitian Distiller Marotea Vitrac et Laurent Masseron, de la distillerie Pari Pari, ne sont pas repartis les mains vides. La Polynésie a reçu le Grand Prix Durabilité et Impact, récompensant la gestion environnementale, les pratiques industrielles et agricoles responsable, et l’impact social et économique de la filière. Une « vraie reconnaissance » du bien-fondé de la démarche engagée par le syndicat, pour Marotea Vitrac qui rappelle que ce prix a été décerné par un collectif d’acteurs nationaux et internationaux. « Toutes les récompenses qui viennent mettre en avant le travail de notre syndicat sont un gage de notre sérieux et de notre fiabilité et donc, qui vont nécessairement jouer en notre faveur pour l’obtention de notre signe de qualité. » À savoir, la certification d’Indication géographique (IG) du rhum de Polynésie. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/06/MAROTEA-IG-1-prix-Paris.wav Espoir de l’IG « vers la fin de l’année » « La distinction qui tombe à point nommé », reprend le producteur. Cela fait maintenant six ans que le syndicat a entrepris les démarches pour cette reconnaissance, et le dossier « bien avancé depuis », note Marotea Vitrac. Déposée auprès de la Direction de l’agriculture en août 2025, la demande officielle a ensuite fait l’objet d’une enquête publique orchestrée par le ministère. « Cette enquête publique a fait état de certaines oppositions qui seront discutées le 13 août à la Direction de l’agriculture », explique Marotea Vitrac, en référence. « Suite à cela, on fera un rapport qui va répondre à certaines des contestations. Ensuite, la commission pour les signes de qualité va sans doute se réunir dans la foulée, en septembre, et on espère avoir la reconnaissance de notre Indication Géographique à l’issue de ces concertations, vers la fin de l’année. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/06/MAROTEA-IG-1.wav Colonne en inox et production « 100% locale » Certaines remarques formulées au cours de l’enquête publique ne remettront pas en cause les fondements du projet, estime Marotea Vitrac. Le syndicat est ainsi prêt à apporter plusieurs ajustements « mineurs » à son cahier des charges. Parmi eux figure la question des colonnes de distillation : les producteurs utilisent actuellement des équipements en cuivre, mais l’intégration de colonnes en inox pourrait leur être demandée. « On sera d’accord, donc on le fera », indique le président du syndicat. En revanche, les « grosses modifications de fond » ne seront pas retenues, prévient Marotea Vitrac. « Certains opposants veulent continuer à faire du rhum avec de la mélasse de canne à sucre importée et écrire ‘rhum de Tahiti’ dessus. Et ça, ce n’est plus possible », déplore-t-il. Le syndicaliste défend une production 100 % locale, de la culture de la canne à sucre jusqu’à la mise en bouteille. Le président de Tahitian Distiller souligne toutefois que si l’avis de la commission est défavorable, le conseil des ministres « pourra quand même choisir d’attribuer le signe de qualité ». Si le conseil décide de ne pas attribuer le signe de qualité, « il faudra retourner à l’enquête publique », explique encore Marotea Vitrac.