ACTUS LOCALESÉCONOMIE

Les taux d’intérêt vont encore baisser

Le conseil de surveillance de l’Institut d’émission d’Outre mer, qui joue le rôle de banque centrale pour les collectivités françaises du Pacifique, a acté une nouvelle baisse de ses taux directeurs. L’IEOM accorde ainsi des lignes de refinancement sur 6 mois aux banques polynésiennes à 2,70%, contre près de 4% en milieu d’année dernière. Cette décision, en grande partie liée à la faiblesse de l’activité en Nouvelle-Calédonie, devrait emmener avec elle des baisses de taux d’intérêt lors des emprunts réalisés auprès des banques polynésiennes.

Réunie il y a quelques jours, l’instance décisionnelle de l’IEOM a fait un nouveau point sur la situation économique et monétaire de la zone Pacifique. Un point contrasté : si l’économie polynésienne « continue d’afficher de bonnes performances », grâce notamment à la vigueur du tourisme, la Nouvelle-Calédonie « demeure marquée par une faiblesse persistante de l’activité », moins d’un an après les émeutes du Grand Nouméa. Quant à l’inflation, elle est repartie à la hausse dans les trois collectivités françaises de la région : + 1,8 % en Polynésie entre février 2024 et 2025, +2% en Nouvelle-Calédonie sur la même période et +1,5 % à Wallis-et-Futuna de décembre à décembre.

Dans ces conditions, le conseil de surveillance a décidé de baisser l’ensemble des taux d’intérêt directeurs de « 25 points de base ». Ce n’est pas la première décision de ce type : depuis 2024, ces taux pratiqués par l’IEOM auprès des établissements bancaires de la région sont en baisse, suivant la tendance imposée par les taux de la Banque centrale européenne. Ainsi, entre 2023 et début 2024, les banques du Pacifique se voyaient proposer un taux de lignes de refinancement à 6 mois de 3,95 %. Le chiffre avait baissé à 3,2 % fin 2024 et atteint, depuis ce jeudi 27 mars, 2,7%. Cette baisse, couplée à celles des taux de facilité de dépôt (2,5% à partir de ce 27 mars), des taux de réescompte à 7 jours (2,6%) ou de facilités de prêt marginal (3,25%) devrait tirer à la baisse les taux d’intérêts pratiqués par les banques polynésiennes auprès de leurs clients.

D’autres paramètres sont toutefois pris en compte dans la fixation de leur offre de taux par les établissements de la place. Notamment la « sinistralité », c’est à dire la proportion de créances des banques qui est considérée comme « en souffrance » à cause d’un retard ou d’une impossibilité de paiement. Une proportion qui, d’après l’IEOM, a tendance à augmenter : 2,8% des créances étaient considérées comme « douteuses en fin d’année dernière, contre 2,6% un an plus tôt.

Article précedent

160 millions d'étude, 2 milliards de budget pour les bassins de Tahiti 2027

Article suivant

Journal de 12h, le 27/03/2025

Aucun Commentaire

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

PARTAGER

Les taux d’intérêt vont encore baisser