ACTUS LOCALESÉDUCATIONENVIRONNEMENT Les tortues de Te mana o te moana installées à Tahiti Caroline Perdrix 2023-09-01 01 Sep 2023 Caroline Perdrix Le centre de soins des tortues marines de Te mana o te moana a inauguré jeudi ses nouveaux locaux au sein de l’hôtel InterContinental de Faa’a. Il est désormais prêt à accueillir des visiteurs et des scolaires. Les 10 pensionnaires de l’association Te mana o te moana ont déménagé, quittant le lagon de Moorea après 19 ans pour celui de Faa’a, mais toujours au sein d’un hôtel InterContinental : Richard Bailey a fondé l’association avec Cécile Gaspar il y a bientôt 20 ans. 140 000 écoliers ont pu profiter des visites guidées par des professionnels passionnés. Le Brando est aussi devenu un lieu de recherche sur les tortues marines de Polynésie. Tetiaroa a été intégralement dératisé pour donner toutes leurs chances de survie aux centaines de juvéniles qui naissent sur ses plages. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2023/08/TE-MANA-O-TE-MOANA-01-BAILEY.wav Situé à l’extrémité nord de l’hôtel, à côté du fare plongée, le nouveau centre a été présenté aux visiteurs de marque présents jeudi, notamment la ministre de l’Environnement Éliane Tevahitua et le ministre des Ressources primaires Taivini Teai, la déléguée à la recherche Tea Frogier, le président de la Fape Winiki Sage, Le premier adjoint au maire de Faa’a, Robert Maker, ou encore Manate Vivish d’Air Tahiti, qui achemine les tortues blessées depuis les îles, et Michel Monvoisin et Mathieu Béchonnet d’Air Tahiti Nui qui aide les bénévoles de l’association à venir au fenua. Ils ont pu voir les nouvelles structures qui abritent à présent les tortues et recevront le public. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2023/08/TE-MANA-O-TE-MOANA-02-GASPAR-DESCRIPTION.wav Les scolaires de Tahiti seront les premiers bénéficiaires de ce déménagement : le programme de Te mana o te moana est agréé par la DGEE, et présente aux élèves les tortues mais aussi de nombreuses informations sur les mammifères marins, les récifs coralliens et la pollution marine. Le centre abrite actuellement trois « subadultes », de moins de 20 ans, et 7 juvéniles d’environ 7 mois. Le séjour moyen d’une tortue est de 3 à 4 mois avant de pouvoir être relâchée dans de bonnes conditions, explique la vétérinaire, mais certaines ne sont pas relâchables, comme les trois plus âgées des pensionnaires : les flèches de braconniers qui les ont atteintes ont causé des blessures à présent guéries, mais aussi des séquelles qui les rendent inaptes à la vie en liberté. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2023/08/TE-MANA-O-TE-MOANA-03-GASPAR-BLESSURES.wav Cette tortue ne peut pas être relâchée. Elle a un problème de flottabilité : après de multiples examens, les soigneurs ont découvert que ses poumons présentaient des micro-fuites. Cet air qui reste emprisonné entre ses organes internes l’empêche de plonger. Un programme de fichage photographique à l’échelle régionale Te mana o te moana mène un programme de reconnaissance biométrique qui doit s’étendre aux pays voisins, pour déterminer le parcours des tortues en les identifiant par leurs écailles de tête. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2023/08/TE-MANA-O-TE-MOANA-04-GASPAR-BIOMETRIQUE.wav L’association s’intéresse aussi à l’impact du réchauffement climatique, qui ne fait à présent plus de doute : la température du nid détermine le sexe de la tortue. En-dessous de 28,5°C, ce sera un mâle ; au-dessus, une femelle. Dans certains endroits du monde, les pontes donnent 99% de femelles, dit Cécile Gaspar. Dans 20 à 25 ans, quand ces jeunes tortues seront en âge de se reproduire, il n’y aura plus assez de mâles pour assurer la génération suivante. À Tetiaroa, où Te mana o te moana observe la ponte, le ratio de 54% de mâles est rassurant, mais l’association surveille les nids en y plaçant des thermomètres, et se tient prête à créer de l’ombre au-dessus des nids pour s’assurer que la Polynésie reste l’exceptionnel berceau qu’elle a toujours été. Ce moulage démontable qui montre l’anatomie complète d’une tortue marine. Il n’y en a que deux exemplaires dans le monde.