ACTUS LOCALESSPORTS Menstruation, hormones… Une experte pour en finir avec les tabous du sport féminin Vaitiare Pereyre 2025-04-14 14 Avr 2025 Vaitiare Pereyre À deux ans de Tahiti 2027 et deux mois des Mini-Jeux, le COPF a invité la chercheuse de l’Insep Juliana Antero. Une experte à la tête du programme Empow’her qui vise à « maximiser les performances des athlètes femmes, en tenant compte de leur physiologie et leur cycle menstruel », dans un environnement où « les protocoles médicaux, nutritionnels et d’entrainement » sont souvent taillés pour les hommes. Ses travaux ont notamment servi à la préparation des Bleues aux JO. Des conférences, ateliers et formations, à destination des sportives de haut niveau, du grand public ou des professionnels, sont prévus du 22 au 26 avril. Le Comité olympique de Polynésie française (COPF) continue son travail d’accompagnement des athlètes vers la performance. Et à quelques semaines des Mini-Jeux du Pacifique prévus en juillet à Palau, ce sont les sportives qui sont à l’honneur. En effet, le comité va accueillir, la semaine prochaine, une spécialiste du sport au féminin : Juliana Antero. Chercheuse à l’Insep, consultante pour le Comité international olympique et l’UEFA, elle est aux manettes du programme Empow’her. Entendez par là un plan visant à « maximiser les performances des athlètes femmes en tenant compte de leur physiologie et de leur cycle menstruel ». « La plupart des protocoles médicaux, nutritionnels et d’entraînement sont en fait faits pour les hommes », explique-t-elle sur son site internet. Une physionomie « linéaire » différente de celle des femmes, qui est cyclique. Il s’agit là de comprendre quelles en sont les phases pour ensuite mettre en place « une stratégie nutritionnelle » adaptée à chacune. Une technique qui a notamment contribué à préparer les athlètes françaises pour les Jeux de Paris 2024, et que le COPF veut mettre au profit des 90 Tahitiennes pressenties pour les Mini-Jeux, des 180 autres vahine qui devraient être sélectionnées pour Tahiti 2027, et plus largement des sportives du fenua. « C’est quelque chose qui a été trop souvent tabou » « De la même manière que l’on accompagne les fédérations sur la préparation physique, la préparation mentale et les soins cliniques, il faut aussi s’occuper de cette problématique qui n’en est pas une, explique Éric Zorgnotti, directeur technique du COPF. La femme existe en tant que telle et il faut considérer son fonctionnement pour être performant. Il faut s’occuper de tous les détails importants du corps. Et la femme a cette particularité par rapport à l’homme, c’est qu’elle doit gérer aussi ses cycles. Et ça, c’est quelque chose qui a été trop souvent tabou et dont n’osent pas trop parler les femmes, parce que ça fait honte souvent. Alors qu’en fait, non, c’est juste la vie. Maintenant, si on peut les accompagner, les aider, leur expliquer un petit peu pourquoi et comment on peut mieux fonctionner, c’est vraiment un plus pour elles.” https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/04/COPF-1.wav Juliana Antero, ancienne gymnaste, viendra donc apporter « son expertise » aux sportives qui peuvent assister gratuitement à l’un des quatre ateliers pratiques « Cycle & Sport », à destination des athlètes féminines, prévus les 23, 25 et 26 avril. Gratuits, ils sont ouverts à toutes dans la limite de 12 participantes maximum par session, avec des inscriptions en ligne. À noter également que la chercheuse animera aussi une conférence grand public le 22 avril à partir de 17h30 dans l’amphithéâtre de l’IJSPF. Entraîneurs, professionnels de santé et autres acteurs du secteur pourront quant à eux suivre la conférence professionnelle prévue le 25 avril à l’UPF. Les cadres techniques des fédérations bénéficieront d’une « formation exclusive » le 24 avril.