ACTUS LOCALESSPORTS MMA : Moorea dit non au combat Scanos vs Stayfocus Vaitiare Pereyre 2025-05-25 25 Mai 2025 Vaitiare Pereyre Prévu le 31 mai prochain à Afareaitu, le « Moorea MMA Championship 2025 » a été contraint de se délocaliser à Mahina. En cause : un combat d’exhibition entre deux influenceurs du fenua très suivis sur TikTok, Scanos et Stayfocus. Une confrontation dans l’octogone après plusieurs mois de lynchage sur les réseaux sociaux qui suscite de vives réactions. Et qui à entendre Henri Burns, promoteur de la soirée, a probablement poussé la mairie à refuser l’ensemble de l’évènement. Lire aussi: le MMA « trop brutal » pour la mairie de Paea « Le Moorea MMA Championship 2025 a suscité un immense engouement en Polynésie, mais les craintes de dérapages persistent », écrit l’organisation, contrainte de revoir ses plans pour la soirée du 31 mai prochain. Une date à laquelle était initialement prévue, à la salle omnisports d’Afareaitu, cette soirée de combat. Malgré un « accord préalable » écrit de la commune les autorisant à occuper la salle, les organisateurs ont reçu un appel il y a quelques jours leur annonçant qu’ils ne pourraient finalement pas organiser l’événement là-bas. En cause, un « buzz », qui a semble-t-il levé des doutes à la mairie, et qui entoure un des 12 combats programmés – 7 dans la partie préliminaire et 5 sur la carte principale – : celui qui doit opposer Stayfocus et Scanos. S’ils ne sont pas tête d’affiche de la soirée, ces deux influenceurs polynésiens très suivis sur TikTok sont de loin les combattants les plus commentés ces dernières semaines. Jean, alias Scannos (43 ans), et Moana, alias Stayfocus (37 ans), sont connus pour leurs vidéos virales, souvent vulgaires, et leurs provocations réciproques en ligne. Un combat d’exhibition Mais il y a quelques mois, ils ont proposé à Henri Burns d’organiser un combat d’exhibition pour régler leurs différends dans l’octogone. Le coach de Moorea MMA a accepté. «Ils m’ont dit qu’ils veulent mettre un terme à ce conflit. Et donc, du coup, c’est un truc que j’ai fait au niveau de la prévention auprès des jeunes. Au lieu qu’ils aillent se taper dans la rue, on les met dans l’octogone, on les encadre, la fédération encadre l’événement, il y a des juges, il y a des médecins, il y a des secouristes autour de l’octogone, et où, justement, on vient protéger les combattants qui sont à l’intérieur. Cela nous évitera plus de problèmes dans la rue », assure le promoteur, entraineur, et combattant de longue date. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/05/HENRI-BURNS-1.wav Mais le projet n’a pas fait l’unanimité. Malgré l’enthousiasme d’une bonne partie des abonnés des deux influenceurs, certains ont aussi exprimé leur scepticisme sur les réseaux sociaux. « Une billetterie pour aller voir deux gars qui se font connaitre sur TikTok et vont se faire du mal pour je ne sais quoi… Tout ça à cause de personnes malveillantes voulant à tout prix les mettre dans un ring. Et d’autres qui les encourager à se taper dessus », « Business is Business… malheureusement pour le MMA », lit-on encore. « Une opinion publique » qui, à entendre Henri Burns, a sûrement pesé dans le choix final de la municipalité de ne pas donner son accord pour la soirée. Un sport « souvent mal compris » Le refus de la mairie de Evans Haumani fait écho à celui exprimé, voilà à peine un mois, par le maire de Paea. Tony Géros avait fait annuler la réservation, par l’Octofighting League, de la salle Manu Iti, justifiait sa décision par « des réserves majeures » sur la nature spectaculaire du MMA, qu’il estime s’éloigner des valeurs éducatives et sociales portées par la commune. Il dénonçait une « logique d’affrontement brutal », une glorification de la violence peu compatible avec sa mission auprès de la jeunesse. Henri Burns, lui, parle d’un sport « souvent mal compris ». « Ils ne sont pas assez informés, donc ils prennent des décisions un peu rapides, un peu sur des préjugés, un peu sur des a priori… Ce qui est dommage parce que c’est un sport qui peut vraiment apporter beaucoup aux jeunes, que ce soit en termes de discipline, de respect, de dépassement de soi. Mais malheureusement, sans la bonne information, ils préfèrent dire non par peur ou par méconnaissance. Donc oui, je pense que c’est un mélange de méfiance et d’ignorance. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/05/HENRI-BURNS-2.wav L’ancien champion de MMA est en tout cas persuadé que les choses peuvent évoluer en montrant des « exemples concrets de jeunes qui s’en sortent grâce au MMA » , et en » impliquant » les autorités, et en les invitant à voir les entraînements, les combats. « Il faut leur faire comprendre que ce n’est pas un sport de violence gratuite, mais un sport codifié, encadré, où la sécurité est primordiale. » Surtout, il met en avant les communes qui « ont compris la stratégie et les opportunités » qu’offre la discipline. Parmi celles-ci, la commune de Faa’a et celle de Mahina, qui se sont proposées pour accueillir l’événement. Finalement, la soirée aura lieu au complexe sportif de Mahina… Avec, toujours sur la carte principale, le face-à-face Stayfocus -Scanos.