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Le MMA trop « brutal » pour la mairie de Paea

La quatrième édition de l’Octofighting League – ce gala de MMA professionnel organisé au fenua depuis 2023 – devait se tenir à la salle Manu Iti de Paea, le 26 avril. Mais à deux semaines de l’événement, le tavana Antony Géros a déprogrammé et ordonné le remboursement des sommes déjà versées par les organisateurs. Le maire et président de l’assemblée estime que la discipline, « dans sa forme contemporaine et spectaculaire », tend vers « une logique d’affrontement brutal » dont les valeurs seraient « peu compatibles » avec l’esprit de la commune. Même si l’événement a pu être déplacé dans la plus petite salle Maco Nena de Papeete, organisateurs et pratiquants font part de leur incompréhension.

C’est une grosse déception pour l’Octofighting League, qui espérait installer sa « cage » à Paea pour cette quatrième édition. Après Punaauia, Papeete, puis Arue, l’organisation – qui se revendique comme la première structure à proposer des combats professionnels au fenua – voulait cette fois investir la salle Manu Iti. Mais cela ne se fera pas. Dans un courrier daté du 5 avril, adressé aux organisateurs, le maire Antony Géros indique être « au regret de ne pas accorder la suite favorable escomptée » à la demande déposée en janvier. Une décision qu’il justifie en évoquant « des réserves majeures, tant sur le fond que sur la forme », concernant l’accueil de ce type d’événement.

« Affrontement brutal » et « glorification de la violence »

Dans sa lettre, le tavana valorise des disciplines comme la boxe, la lutte, la capoeira ou les arts martiaux asiatiques, « qui trouvent leur pleine légitimité dans les politiques publiques éducatives et sociales » menées par la municipalité. Des pratiques qu’il oppose clairement au MMA, qu’il considère plus éloigné des valeurs éducatives défendues par la commune: « Bien que je ne remette nullement en cause le cadre légal ou le professionnalisme des organisateurs, il m’apparaît que cette discipline, dans sa forme contemporaine et spectaculaire, tend à s’éloigner de la philosophie du noble art pour s’orienter vers une logique d’affrontement brutal, parfois perçu comme une glorification de la violence, fût-elle encadrée. Ce message me semble peu compatible avec la mission éducative, morale et sociale que j’assume au service de mes concitoyens, en particulier de la jeunesse de Paea », écrit-il.

« On nous a fait espérer »

Une position assumée mais qui a particulièrement heurté les organisateurs. Enzo Brigato, originaire de Paea, est à l’initiative de l’évènement et explique que les amateurs de MMA ont été « touchés dans (notre) leur fierté et aussi dans la pratique du sport ». « Je suis né, j’ai grandi à Paea. J’ai mis sur la carte principalement des jeunes de Paea… C’est une grosse déception. À deux semaines de l’événement, on apprend que tout le travail qu’on a accompli pour que cela se passe dans notre commune, devant notre public, ne verra pas le jour. Si on avait reçu un refus en janvier, je l’aurais compris. Mais là, on nous a fait espérer, et au dernier moment, on nous le retire. C’est une grosse déception pour tout le monde. »

Depuis l’annonce, rendue publique il y a quelques jours, une vague de contestation s’est formée. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, plusieurs athlètes expriment leur incompréhension et leur colère. Ils refusent l’image de « brutes » que leur colle le tavana de Paea, et rappellent qu’ils sont avant tout « des athlètes passionnés, des combattants, des frères » qui s’entraînent dur « au rythme de leurs frappes ».
Si la pratique du MMA est encadrée légalement depuis décembre 2019 en Polynésie Française, que les clubs se multiplient au fenua et que le Pays lui-même s’appuie sur cette discipline pour certaines actions jeunesse comme les opérations Génér’action, l’affaire relance le débat sur l’image du MMA dans les politiques locales. « On se rend compte que sur le papier, ça évolue, mais dans les mentalités, chez certaines personnes, ça stagne », conclut Enzo Brigato. L’événement, maintenu grâce au soutien de la mairie de Papeete, se déroulera comme prévu le 26 avril. Trente-deux combattants sont attendus, dont plusieurs athlètes internationaux.

 

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Jt Vert 23/04/2025

3 Commentaires

  1. Teiva Hoki
    23 avril 2025 à 8h03 — Répondre

    Entièrement d’accord avec Tanana Géros. Aujourd’hui, dans le monde de violence extrême dans lequel nous vivons (Gaza, Ukraine, etc…), il serait temps d’apaiser les coeurs et les esprits. Je suis un grand fan de la boxe et des arts martiaux néanmoins.

  2. Louis Bresson
    23 avril 2025 à 8h06 — Répondre

    Tout à fait d’accord avec le Tavana de Paea. Montrer que plus on est violent, plus on gagne… quel mauvais exemple pour les jeunes.

  3. Bernard MONCHECOURT
    23 avril 2025 à 8h28 — Répondre

    Et c’est très bien !

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