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Moins de places à l’examen pratique…« Et si c’était l’occasion de repenser le permis ? »

À partir de ce lundi 16 juin, les auto-écoles de Polynésie auront deux fois moins de places pour présenter leurs élèves à l’examen pratique du permis. En cause : des départs d’inspecteurs non remplacés. Une situation qui implique des changements au niveau de l organisation … mais que Vaihere, monitrice et coach de la route très suivie sur les réseaux sociaux, voit d’un bon œil sur le plan pédagogique : « il faut qu’on commence à voir l’auto-école comme une école et pas comme un commerce ».

C’est une information qui circule depuis plusieurs jours parmi les professionnels de la conduite : le nombre d’inspecteurs affectés aux examens du permis en Polynésie française va être réduit de moitié dès ce lundi 16 juin. « Cela fait des années qu’on a environ dix inspecteurs. Là, on nous annonce cinq. C’est énorme comme baisse. Et ça concerne toutes les catégories : permis B, boîte auto, poids lourds, deux-roues… », explique Vaihere Salvanayagam, monitrice d’auto-école et « coach de la route » bien connue sur les réseaux sociaux. Une situation due à des départs à la retraite, des mutations ou des congés sans solde, sans qu’aucune relève n’ait été anticipée. Aucun concours n’est prévu avant un à deux ans, les embauches sont gelées et les auto-écoles vont devoir s’adapter. « Une auto-école qui présente 20 candidats par semaine devra maintenant en présenter 10, voire moins», ajoute-t-elle.

« On évitera d’envoyer nos élèves à l’échec »

Et si, dans le milieu, certains s’inquiètent du rallongement des délais pour passer le permis, la spécialiste de la route préfère y voir une « opportunité » : « Bien sûr la population, les élèves, les parents ne vont pas être contents. Mais nous, dans les auto-écoles, on est contents parce qu’on évitera d’envoyer nos élèves à l’échec directement. Là on devra remplir une fiche pour chaque élève, expliquer pourquoi il est prêt à passer le permis, combien d’heures il a faites, et combien il lui en faudrait s’il doit le repasser. »

Il faut dire que la trentenaire, très active sur les réseaux sociaux où elle partage conseils, témoignages et analyses pédagogiques, défend depuis toujours une vision « engagée » de la formation au permis. Pour elle il ne s’agit pas d’un simple « bout de papier » mais d’une « autorisation d’être sur la route avec les autres ». « Ma pédagogie tourne toujours autour de l’être humain, de ce partage de valeurs… et puis j’essaie aussi de comprendre les élèves parce qu’on est pas tous pareil. On apprend pas tous de la même manière et les élèves sont très frustrés du fait que certains réussissent le permis du premier coup », explique encore la monitrice.

« On ne commence pas tous avec les mêmes outils »

« Ils ont payé 50 000 francs pour leur permis de conduire, alors qu’il y en a qui mettent de gros budgets, ils échouent huit fois, dix fois … et je pense que c’est important de parler de tout ce spectre de la population, On ne commence pas tous avec les mêmes outils. Moi c’est ce que je prône, il faut arrêter de voir les élèves comme des numéros mais comme des êtres humains qui sont en train de passer leur permis de conduire. »

Désormais les places à l’examen pratique devront donc se mériter et Vaihere en est convaincue, les mentalités devront forcément évoluer. Moins de volume, plus de qualité … c’est en tout cas ce qu’elle espère. « Si on veut des conducteurs responsables, il faut d’abord qu’on prenne le temps de les former humainement. Le permis, ce n’est pas une course, c’est un processus.» Reste à voir si cette vision pourra trouver un écho plus large. En attendant, ce qui est sûr c’est que les élèves devront patienter un peu plus longtemps…  pour en ressortir sûrement mieux préparés.

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Jt Vert 16/06/2025

2 Commentaires

  1. Teiva Hoki
    16 juin 2025 à 7h37 — Répondre

    Excellent analyse de cette dame !!! Bravo !!!

  2. Māmā
    16 juin 2025 à 12h00 — Répondre

    Oui. Plusieurs articles comme celui-là !!! Pourquoi nos jeunes polynésiens roulent-ils en masse en 2 roues ? Faute d’argent, faute de formation, faute de pouvoir passer leur permis voiture ? Un peu tout cela à la fois, ce qui signifie que le système est complètement inadapté. Mais cela profite à beaucoup de gens. C’est indécent. Pourquoi tant d’obstacles sur le chemin des jeunes ? La Polynésie bat 2 tristes records, entre autres : un taux de chômage révoltant et un taux d’accidents inconcevable dans une société développée ! Un simple exemple : si on rate l’examen du code en métropole, la réglementation en vigueur n’impose aucun délai entre deux inscriptions, on peut donc repasser l’examen quand on le souhaite (le lendemain de l’échec, par exemple, et ainsi de suite jusqu’à la réussite à l’examen). Il suffit de réserver à nouveau une date d’examen sur le site internet adéquat et se présenter à nouveau. Chez nous, il faut attendre… un mois avant de pouvoir se réinscrire. C’est le moyen-âge et, de scandaleux profits pour toutes les parties prenantes de notre retard de développement ! Pas de quoi être fiers !

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