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Natalité, vie chère, ice… Moetai Brotherson alerte le Cesec sur les grands défis de 2026

Moetai Brotherson a présenté ce lundi ses vœux pour la nouvelle année aux membres du Conseil économique, social, environnemental et culturel. L’occasion d’évoquer les principaux challenges qui attendent le pays en 2026, à savoir la lutte contre la vie chère qui ne peut être menée, selon lui, que grâce à l’autosuffisance alimentaire, la lutte contre les addictions, avec l’ice en ligne de mire… Mais aussi la baisse de la natalité polynésienne, annoncée pour 2026 à un niveau plus bas que celle de l’Hexagone. De quoi menacer « l’emploi et l’équilibre des comptes sociaux ».

Ce lundi matin, le président du Pays était accompagné de l’ensemble de son gouvernement pour présenter ses vœux aux membres du Conseil économique, social, environnemental et culturel. Le Cesec qui, comme l’a rappelé Moetai Brotherson en préambule, est « une institution particulière qui représente la société civile », se plaçant ainsi « au cœur du débat public et politique » en « examinant les textes proposés par le gouvernement ».

Parmi les principaux challenges qui ont été évoqués pour cette année 2026, le président a souligné en premier lieu un « élément structurel : le taux de natalité annoncé en 2026 à 1,4 » enfant par Polynésienne. Un chiffre encore en-deçà de celui de l’Hexagone, qui enregistrait en 2025 son taux de fécondité le plus faible depuis la Seconde Guerre mondiale, avec 1,56 enfant par femme. « La démographie est vieillissante. Cela doit interroger la société dans son ensemble car ça impacte l’emploi et l’équilibre des comptes sociaux, rendant encore plus nécessaires les réformes qu’on a entamées et que l’on va poursuivre cette année », à savoir celles du Régime des non salariés et de la Protection sociale généralisée.

Autosuffisance alimentaire et lutte contre les addictions, « des défis à relever ensemble« 

Deuxième défi évoqué par le président et très commenté lors des échanges qui ont suivi avec les membres du Cesec : celui de la vie chère et de la « nécessité absolue d’aller vers davantage d’autosuffisance alimentaire ». « Quand on arrivera à produire la majorité de notre alimentation, on aura davantage de leviers sur le coût de la vie. C’est pour cela que j’ai annoncé au Cesec ce matin que le budget primitif 2027 sera fortement priorisé sur le secteur primaire, l’agriculture, la pêche, l’aquaculture… » Ce à quoi de nombreux représentants ont réagi, évoquant l’importance de revenir à une alimentation issue des filières locales, qu’il reste néanmoins à mieux structurer.

Le troisième défi auquel le Pays devra faire face cette année est celui de l’inclusion, dans laquelle le président a englobé la lutte contre les addictions, notamment l’ice, dont les effets néfastes commencent à se ressentir dans le monde professionnel et dans le milieu sportif, comme l’a souligné Louis Provost, président du comité olympique de Polynésie, lors du temps d’échanges qui a suivi : « Il est important que le Pays lutte contre ce fléau, dans l’objectif de l’éradiquer au plus vite. L’État et la justice commencent à se réveiller, il faut aller plus loin. Tahiti ne doit pas devenir un nouveau Medellín. »

Moetai, quant à lui, s’est réjoui de la réaction de l’État qui « est au rendez-vous de l’appel qu’on a lancé » avec l’annonce, il y a dix jours, d’un budget de 2 millions d’euros, soit près de 240 millions de francs Pacifique, octroyé pour la lutte anti-ice au fenua. Il s’agit d’un « combat sociétal » à mener « tous ensemble » en 2026, a souligné Moetai Brotherson, qui a souhaité aux membres du Cesec « une année inclusive, avec beaucoup de réflexions pour bâtir ce pays ».

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