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Assises : 10 grammes d’ice, le prix d’une vie

Le 24 septembre 2023, le corps de Stanley M., était retrouvé sur un terrain vague à Mataiea. Il portait des traces de coups, avait les mains et les pieds liés, et était recouvert d’une bâche. Un deal d’ice qui a mal tourné. Près de trois ans après les faits, ce sont cinq prévenus, dont deux mineurs au moment des faits, qui comparaissent ce mercredi devant la cour d’assises, accusés de violences en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner et accessoirement de trafic de stupéfiants. Un procès prévu sur cinq jours qui a débuté par des témoignages décrivant les accusés comme « facile à vivre et gentils ». Des accusés qui encourent 10 à 20 ans de réclusion criminelle.

Le dimanche 24 septembre 2023, en fin de journée, le corps inanimé de Stanley M. 33 ans, est découvert sur un terrain vague à Mataiea. La victime a les mains et les pieds liés et son visage est tuméfié. Les pompiers dépêchés sur place n’ont pu que constater le décès, notant la présence de rigidités cadavériques. Les gendarmes procèdent alors aux premières constatations et identifient le corps rapidement grâce à un véhicule de location qui se trouvait sur les lieux et enregistré au nom de la victime. Une victime connue défavorablement de la justice, puisqu’elle avait fait de la prison pour du trafic de stupéfiants et avait été mise en examen dans le cadre de la fusillade du Liberty. Après avoir effectué de la détention provisoire dans le cadre de cette affaire, Stanley M. avait été placé sous contrôle judiciaire en attendant le procès.

D’un gabarit impressionnant, il était connu dans le milieu des trafiquants pour sa propension à recourir à la violence, ainsi que pour une certaine tendance à l’escroquerie, allant jusqu’à “saisir” l’ice des dealers. Une tendance qui semble être à l’origine de son décès, si l’on en croit les déclarations de trois individus qui se présentaient le lendemain des faits à la gendarmerie de Papara : Manahau R., Ariivaitau C. et Anthony M. Des personnes jusque-là inconnues de la justice, sans casier judiciaire.

Il ressort de leurs dépositions que Stanley était à la recherche de 10 grammes de méthamphétamines. Anthony M. était en possession de cette quantité et se préparait à réaliser la transaction. Toutefois, la réputation de Stanley l’ayant précédé, il s’était entouré de Manahau R. et d’Ariivaitau C. pour ce deal portant sur 1 400 000 francs. Le rendez-vous était donné à Mataiea sur un terrain vague.

Il saisit l’ice et s’enfuit en courant

Le jour du drame, Stanley arrive dans une voiture de location accompagné d’un comparse et monta seul dans le véhicule où les trois l’attendaient avec les 10 grammes d’ice. Au moment de l’échange, Stanley s’empare de la drogue et sort en courant de la voiture, suivi de près par Anthony M. qui le rattrape et le plaque au sol. S’ensuit alors des échanges de coups et une mêlée où tour à tour Manahau R., Ariivaitau C. et Anthony M. tentent d’immobiliser Stanley au sol en usant de clés de bras et d’étranglements ou en s’asseyant sur lui. Ayant des difficultés à le maîtriser, ils hélent deux mineurs qui passaient par là, H J. 17 ans au moment des faits, et T M. 16 ans.

Ils leur demandent d’aller chercher de la ficelle pour attacher Stanley. T M. s’exécute « par peur de représailles » et revient avec la ficelle. Il attache les pieds et les mains de Stanley alors que Manahau R. le maintient au sol par une clé de bras au cou. Il semble qu’à ce moment-là, Stanley avait déjà perdu connaissance. Manahau R. demande alors à H J. de le remplacer car il veut chercher une barre de fer pour le maintenir au sol. H J. s’exécute mais constate que Stanley ne bouge plus. Pris de panique, les mis en cause s’enfuient. L’autopsie révélera que le décès résulte d’une asphyxie « mécanique » à la suite d’une strangulation et les analyses toxicologiques montreront la présence de méthamphétamines dans le sang.

« L’accusé ici, cela devrait être l’ice, c’est une merde ! »

Ce sont donc cinq accusés qui sont présents ce mercredi devant la cour d’assises : Manahau R., 23 ans, Ariivaitau C., 23 ans, Anthony M.,39 ans, H J., 20 ans, 17 au moment des faits et TM., 19 ans, 16 au moment des faits. Des accusés qui contrairement à la victime ne possèdent pas de casier judiciaire mais qui ne sont toutefois pas étrangers au monde des stupéfiants, soit en tant que consommateurs ou revendeurs. Tous reconnaissent ce qui leur ai reproché, précisant qu’ils n’avaient pas l’intention de le tuer.

Le fait est que de les voir, certains à peine au sortir de l’adolescence, ne donne pas l’impression d’être face à des vrais méchants. Plutôt à des jeunes paniqués et effrayés qui n’arrivaient pas à avoir le dessus sur Stanley et qui cherchaient vraisemblablement à le maîtriser. L’enquête de personnalité qui a été menée, ainsi que les témoins appelés à  la barre l’attestent : ils n’étaient pas prédestinés à se retrouver sur les bancs d’un tribunal. Pas un n’est décrit comme violent. Deux des accusés ont un tel capital sympathie auprès de leurs employeurs qu’ils sont prêts à les reprendre dès leur sortie de prison, et tous sont décrits comme « facile à vivre, gentils, travailleurs, généreux. » Un des témoins ira jusqu’à clamer « l’accusé ici, cela devrait être l’ice, c’est une merde ! »  Le procès se poursuivra demain avec l’audition d’autres témoins et les expertises psychiatriques des accusés.

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