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Nouveau préavis de grève à la tour de contrôle

La grève des contrôleurs aériens qui demandent un reclassement de Tahiti-Faa’a en « Liste 5 » pour permettre l’apport de nouveaux effectifs et une formation plus rapide des stagiaires, risque de se poursuivre encore. Et peut-être de s’étendre : l’Usac-CGT revendique à présent le soutien discret des non-grévistes, dont certains ont cotisé à la caisse de grève.

La grève illimitée des contrôleurs aériens de l’Usac-CGT qui avait pris effet le 19 novembre dernier, avait été interrompue le 11 décembre, puis suivie par une autre, du 16 au 31 décembre. Une manière de répondre à la direction du Service d’État de l’aviation civile qui refusait de valider les congés du début du mois de janvier en y opposant la grève illimitée en cours. Dans les faits les grévistes n’avaient pas repris le travail, couverts par un préavis de grève nationale commun à toute la fonction publique d’État, déposé fin octobre à Paris par la CGT, et couvrant tout le reste de l’année.

Pour Tiarama Lehartel de l’Usac-CGT, le SEAC n’a pas entamé de dialogue sérieux : « La DGAC, l’appel au dialogue, à la responsabilité, tout ça c’est du blabla, ce n’est pas sincère. » Elle en veut pour preuve la proposition, refusée par le syndicat, d’une mission de l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEED) : « C’est une inspection du ministère ! dit Tiarama Lehartel. Donc ce n’est ni indépendant, ni une médiation. »

Ce vendredi, l’Usac-CGT vient de répéter le processus, cette fois sans période de battement : un nouveau préavis est déposé qui doit prendre effet le 1er janvier à 0 heure, jusqu’au 10 janvier. Et ainsi de suite, s’il le faut, explique Tiarama Lehartel qui prévoit déjà de renouveler le préavis de grève le 5 janvier pour une échéance au 11. Elle note que la grève n’a pas perturbé le trafic aérien et ne s’est donc attiré que peu de critiques de la part du grand public.

L’Usac-CGT revendique le soutien discret des non-grévistes

Jusqu’ici, le mouvement a été suivi par 13 grévistes sur 23 personnes. Mais la syndicaliste affirme que d’autres personnels soutiennent cette grève : « On a lancé une caisse de grève, il y a plus de personnes dans la caisse de grève que de grévistes. (…) Je le vois comme de bon augure. On n’est pas parti tous ensemble en même temps, mais à un moment on va devoir unir nos forces. »

De fait, le SNCTA, l’autre syndicat de la tour de contrôle, non gréviste, a tenu une assemblée générale le 15 décembre dernier. La convocation rappelait qu’il y a déjà un an, ses demandes de réorganisation du travail pour avoir « des conditions moins dégradées » et « permettre la formation et la qualification des stagiaires » s’étaient heurtées « à un refus purement dogmatique de l’échelon central et n’avait pas rencontré le soutien attendu de l’encadrement local » malgré l’avis défavorable unanime des représentants, réitéré en novembre dernier, sur l’organisation proposée par la direction. Le SNCTA s’opposait aussi à la mission de l’IGEED et demandait l’intervention d’une entreprise dont la médiation avait fait ses preuves en Guadeloupe et à la Réunion. Enfin, il demandait aussi « le reclassement » de Tahiti-Faa’a, sans toutefois évoquer ouvertement la fameuse « liste 5 ».

Tiarama Lehartel espère donc que d’autres personnels de la tour rejoignent le mouvement le 1er janvier : « Tant que le mouvement tiendra, je pense qu’ils (la direction, ndr) ne pourront pas éternellement jouer la carte du pourrissement. »

 

 

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