ACTUS LOCALESSANTÉ

Nouvelle alerte sur les effectifs à l’hôpital d’Uturoa

La CSTP-FO a écrit ce mardi au ministre de la Santé pour l’alerter sur la « situation d’urgence » dans le seul hôpital des îles Sous-le-Vent, qui risque des « fermetures de services » dans les prochains jours. D’après le syndicat, 40% des postes d’infirmiers sont aujourd’hui vacants, et des médecins manquent aussi à l’appel, alors qu’une bonne partie de ces postes ont fait l’objet de candidatures et de dossiers de recrutement transmis à la Direction de la Santé. « Aucune réponse, depuis plusieurs mois », dénonce le personnel qui « commence à parler de grève ». Et qui alerte sur les conséquences pour les patients : les urgences pourraient connaitre des interruptions de service à partir de ce samedi, la chirurgie est aussi menacée.

« La corde est plus que tendue ». C’est ce qu’écrit le secrétaire général de la CSTP-FO, Patrick Galenon, à propos de la situation à l’hôpital d’Uturoa. Une situation « d’urgence » à propos de laquelle il demande une rencontre rapide avec le ministre de la Santé Cédric Mercadal, prévenant que « le personnel commence à parler de grève ». Pas une nouveauté : le seul hôpital des îles du Vent est régulièrement au centre de tensions : une grève y avait eu lieu en février 2023, un mouvement avait été évité de justesse, après un accord signé au ministère, en juillet 2024, des discussions avaient eu lieu quelques mois plus tard, après un rapport au vitriol de l’administration sur l’activité de l’établissement… Le fond du problème reste pourtant le même : un site vieillissant – un grand cycle de rénovation a été lancé ces derniers mois – et surtout un manque d’effectif. « On a seulement 56% des postes d’infirmiers qui sont réellement occupés », assure le Dr Philippe Dubois, secrétaire général du syndicat du personnel soignant des îles Sous-le-vent, affilié à la CSTP-FO, et parmi les postes vacants, les deux tiers sont en attente de validation de contrats ». Ce qui veut dire que des candidats ont été identifiés, des dossiers de recrutement ont été préparés et transmis à la Direction de la Santé… « Et qu’on attend une réponse depuis des semaines ou des mois ».

Dans sa lettre, Patrick Galenon pointe tout particulièrement trois contrats d’infirmière, déposés entre mars et début avril. « L’une d’entre elle est en convention jusqu’à fin juin et a mis sa démission sur la table, elle en à « marre » d’attendre, écrit le syndicaliste. Les deux autres contrats ont été repoussés depuis le début de ce mois, alors que la date initiale de prise de fonction était fixé à début mai ». Des cas pas isolés pour Philippe Dubois, qui rappelle qu’un des deux postes de médecin radiologue attend aussi une validation de candidature, de même qu’un des deux postes de biologistes du laboratoire de l’hôpital. « La conséquence, c’est que le radiologue et le biologiste sont en permanence seuls, depuis 3 mois pour l’un, depuis 6 mois pour l’autre, reprend le médecin généraliste. On a des candidats, mais la tutelle fait la sourde oreille. Et à force d’attendre, ces candidats partent ailleurs ». Le porte-parole estime que ces retards s’expliquent « entre autres » par la volonté de faire des économies. Et en vient à suspecter que l’engagement du gouvernement de ne pas geler les postes dans le secteur de la Santé n’est pas respecté : « On refuse de remplacer des postes, en médical ou paramédical, ou on nous demande des justifications pour remplacer du personnel sur postes qui ont toujours existé, c’est incompréhensible ».

C’est surtout sur les conséquences pour les patients que la CSTP-FO veut alerter. Dans l’état actuel des effectifs, le service de chirurgie ne pourra plus fonctionner correctement à partir du 2 juin. Le service des urgences, lui, « pourrait fermer dès vendredi pour le weekend », par manque de médecin – les postes de médecins urgentistes vacants, ne font, eux, l’objet d’aucune candidature -, et toutes les nuits, entre 19h30 et 7h30 à partir de lundi, par manque d’infirmier. « Ce sont des décisions qui risquent d’être prises parce qu’il y a des trous béants dans les plannings », confirme Philippe Dubois.

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