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Nouvelle-Calédonie : Louis Mapou, premier président indépendantiste du gouvernement

Après cinq mois de crise institutionnelle, le gouvernement de Nouvelle-Calédonie a enfin élu son président ce jeudi, rapportent les Nouvelles Calédoniennes. Les indépendantistes, qui ne s’entendaient pas, jusqu’alors sur la tête du gouvernement collégial, ont élu Louis Mapou, figure de l’Uni-Palika.

Louis Mapou, 17e président de Nouvelle-Calédonie succède au loyaliste Thierry Santa. Il obtient six votes parmi les onze membres du gouvernement : les trois voix de l’Union nationale pour l’indépendance, coalition regroupant son parti, le Palika, et l’Union progressiste mélanésienne, et les trois voix de l’autre branche du FLNKS, l’Union Calédonienne. L’UC revendiquait depuis le début de l’année la présidence du gouvernement et il a fallu attendre la semaine dernière pour que ses chefs de file, Roch Wamytan et Daniel Goa, finissent par donner leur accord à l’élection de Louis Mapou. Depuis cinq mois, un gouvernement d’intérim expédiait les affaires courantes, mais ses limites de pouvoirs posaient de plus en plus de problème pour gérer les conséquences économiques de la crise sanitaire ou la crise des régimes sociaux que connait le Caillou. Cinq autres voix, côté loyaliste, sont allées vers le président sortant Thierry Santa quand le représentant de Calédonie Ensemble a voté blanc.

Louis Mapou, est loin d’être un inconnu dans le mouvement identitaire et indépendantiste Kanak. A 62 ans, ce diplômé en géographie est avec le président de la province Nord, Paul Néaoutyine, l’un des principaux ténors de l’Uni et du Palika (Parti de libération Kanak, aile gauche du mouvement indépendantiste). Il a notamment dirigé l’Agence de développement rural et d’aménagement foncier, chargé de la réforme foncière et des restitutions de terre aux chefferies Kanak, puis la Sofinor, bras financier de la province Nord qui connait d’importantes difficultés financières aujourd’hui. Partisan d’une prise de contrôle publique et locale des industries minières dans ce pays ou le nickel est le moteur de l’économie, il siégeait aussi, jusqu’à maintenant, au conseil d’administration d’Eramet, la maison-mère de la SLN.

Crise Covid et crise des régimes sociaux…

C’est la première fois depuis l’accord de Nouméa, en 1998, qu’un indépendantiste prend la tête de l’exécutif calédonien. C’est également la première fois que ce poste revient à une personnalité Kanak. Jean-Marie Tjibaou, figure historique du FLNKS avait bien tenu les rênes d’un conseil de gouvernement entre 1982 et 1984, mais c’était alors le Haut-commissaire de la République qui le présidait.

L’exécutif, qui n’a pas encore désigné de vice-présidents, doit entrer pleinement en fonction d’ici une semaine au plus tard. Parmi les priorités évoquées par Louis Mapou au micro des Nouvelles Calédoniennes : la sortie du Covid, avec une réouverture des frontières prévue en fin d’année en cas de succès de la campagne de vaccination locale, et la crise des finances publiques et sociales. La caisse de prévoyance calédonienne, le Ruamm est au bord de l’effondrement, entre autres à cause des conséquences de la crise sanitaire. Le gouvernement, dont 5 membres sur six sont anti-indépendantiste, devra rapidement se mettre au travail, a-t-il déclaré. Cette élection intervient à quelques mois du troisième et dernier référendum de sortie de l’accord de Nouméa, prévu pour décembre.

 

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