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Numérique : « L’équilibre du pouvoir » passe par le fenua

Nicole Starosielski enseignante à l’université de New York vient de publier un article intitulé « Internet of Island », dans lequel elle analyse les conséquences de la construction d’un câble à fibre optique entre l’Asie et l’Amérique du Sud, via la Polynésie. Elle y développe tout l’enjeu de la position géostratégique des petites îles pour relier les grands continents et estime même que le projet de câble Asie-Amérique du Sud est à même de « déstabiliser l’équilibre du pouvoir de télécommunications ».

Le ministre en charge de la Politique numérique, Teva Rohfritsch, avait annoncé au lendemain de la dernière panne Internet qu’il faudrait « un ou plusieurs câbles » pour « bâtir cette économie numérique ». Il faisait alors référence à deux pistes, dont celle d’un câble partant d’Asie et rejoignant l’Amérique du Sud, à travers le Chili. Dans son article, Nicole Starosielski, fait état d’abord de la très faible capacité de fonctionnement du câble qui relie actuellement le fenua à Hawaii : « Plus de cinq ans après l’installation de Honotua, les deux fournisseurs de services Internet utilisent seulement 7 Gb/s sur 640 Gb/s ». Elle considère que si la Polynésie venait à faire le choix de l’Asie pour la construction de son prochain câble, le fenua deviendrait : « le nœud central dans un réseau transpacifique et pourrait déstabiliser l’équilibre du pouvoir de télécommunications ». Nicole Starosielski explique que « plus de la moitié des débarquements de câbles sous-marins du monde sont situés sur des îles ».

Pour appuyer son argumentation, elle cite l’exemple de Guam avec ses trois chaînes câblées ou encore ses dix câbles qui s’étendent sur plus d’une trentaine de « points d’atterrissages à travers le Pacifique ». Nicole Starosielski ne mâche pas ses mots dans son article lorsqu’elle déclare que les « continents dépendent des îles pour leur communication ». Elle considère les propositions de Teva Rosfritsch comme étant « totalement novatrices avec un parcours original » et conclut en ajoutant que si le gouvernement chinois décidait de financer ce réseau : « ce dernier pourrait déstabiliser l’équilibre du pouvoir de télécommunications ».

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2 Commentaires

  1. microstring
    21 août 2015 à 11h50 — Répondre

    Conclusion passionnante de cette universitaire, mais qui n’est pas à la portée de nos petits esprits polynésiens qui pratique un nombrilisme forcené…

  2. comette06
    25 août 2015 à 2h14 — Répondre

    ..faudra pas laisser passer cette opportunité les jour venus !
    Certes ce n’est pas pour demain mais cela se prépare aujourd’hui.
    De toutes façons, pour stopper l’isolement numérique, procéder aux désenclavements divers et a l’expansion (qui est INÉVITABLE) cela se fera, que ce soit par la voie sous marine ou satellitaire il faudra être au rendez vous DES DÉCISIONS , y prendre part et INVESTIR, même si l’Asie se voudra majoritaire financièrement et technologiquement (normal!).
    Si les îles passent à côté, elles seront ( une fois de plus) économiquement dépendantes des ressources numériques d’autrui et cela sera IRRÉVERSIBLE.
    Aux îliens de voire s’ils veulent payer ou encaisser ?!
    (Résumé simpliste mais criant de vérité..à mon sens)
    CDT
    Comette06 (France 06)

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