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OFC Pro League : Tahiti United tout près du but


Ils ne sont plus que 13 clubs de la région à être dans la course pour une des huit places de la nouvelle ligue professionnelle de l’OFC qui doit être lancée en janvier 2026. Parmi eux, Tahiti United, sélection que veut former l’AS Vénus, et qui vient, comme les autres, de finaliser son dossier. Un document de 280 pages, comprenant des plans de « safeguarding », d’éthique, de finances ou de marketing, un organigramme d’encadrants diplômés, des projets de contrats pour les joueurs « pro » entièrement nouveaux au fenua… Pour Samuel Garcia, la candidature tahitienne est solide, et elle a permis, à bien des égards, à paver la voie à la professionnalisation d’autres sportifs du fenua.

L’OFC est en « phase d’instruction » pour constituer sa future ligue professionnelle. La Confédération océanienne de football a annoncé mercredi qu’elle refermait la dernière phase de constitution des dossiers pour les clubs candidats, qui avait commencé en tout début d’année. « Les clubs ont travaillé très dur pour répondre à toutes les exigences du règlement sur les licences des clubs et leurs dossiers sont actuellement en cours d’évaluation. Ces évaluations devraient être terminées d’ici la mi-août », précise ainsi Stuart Larman, directeur de cette future « Pro League », première en son genre dans la région, et qui doit entrer sur le terrain en janvier prochain.

D’ici là, huit équipes doivent être choisies pour s’affronter sur les terrains, sur recommandation d’un comité indépendant, puis sur décision du comité exécutif de la Confédération. Peu de places, et beaucoup de compétitions : 24 clubs et fédérations avaient exprimé leur intérêt en début d’année, treize sont encore dans la course, après une première sélection. La Nouvelle-Zélande compte ainsi quatre candidats, Fidji, la Papouasie ou l’Australie ont présenté deux dossiers chacun, un club des Salomon et un autre du Vanuatu veulent rejoindre la compétition… Ainsi qu’un club polynésien, Tahiti United.

280 pages et des mois de travail

Cette nouvelle formation, qui doit à terme réunir des joueurs issus de différents clubs du fenua, est pilotée par l’AS Vénus, sacré champion de Polynésie en juin pour la onzième fois de son histoire et dont les dirigeants ont vu dans l’appel à candidature de l’OFC l’occasion de « passer au stade d’après ». Samuel Garcia, entraineur du club de Mahina et selectionneur des Toa Aito, se dit « optimiste » sur la sélection du Tahiti United, « confiant », en tout cas sur la solidité du dossier.

Un dossier qui a mobilisé « des centaines d’heures de travail » ces derniers mois. « En Polynésie, dans le sport, nous n’avons que le statut d’amateur, rappelle le coach. Pour passer pro, tout était à faire ». L’OFC Pro League exige, dans son cahier des charges, des plans de lutte contre les incivilités, contre le harcèlement sexuel, pour la protection de la jeunesse, la construction d’un plan marketing du club, d’un plan d’éthique, une convention de protection juridique avec un avocat, des diplômes spécifiques pour chaque encadrant apparaissant dans l’organigramme… « Tout ce qui se fait dans un club professionnel », résume le coach. Avec son équipe de bénévoles – « heureusement beaucoup sont chefs d’entreprise ou bien placés dans le monde professionnel » – l’heure était, le 18 juillet, date limite de dépôt des dossiers, au « soulagement ». « On a transmis à documents de 280 pages pour s’assurer de l’éligibilité de notre club ».

Tahiti United n’a pas avancé seul. Les travaux ont engagé le ministère et la direction de la Jeunesse et des Sports, le ministère des Finances, le service de l’emploi… La Fédération tahitienne de football, aussi, qui a accepté de modifier ses statuts, début juillet, pour pouvoir faire adhérer pour la première fois un club professionnel. « C’est un signe fort, une étape importante d’avoir cette affiliation », commente Samuel Garcia.

Le foot, et pourquoi pas le va’a, le surf ou la boxe

L’autre chantier important, c’est celui du cadre juridique pour les contrats professionnels, qui a été étudié, depuis le mois de mars, avec le Pays et l’inspection du travail. « Aujourd’hui, on a trouvé un équilibre entre ce qui se fait actuellement et ce qui sera fait à l’avenir, assure Samuel Garcia. Et on a des contrats que nous allons pouvoir utiliser avec nos joueurs professionnels« . Une « avancée », qui pourra resservir dans le milieu du ballon rond, mais aussi au-delà : « Le football doit être un moteur, mais derrière, nous avons d’autres supers sportifs. On le voit tous les jours, on a des surfeurs qui sont très très forts, des boxeurs, du taekwondo, le va’a, pourquoi pas d’autres sports performants. Dans ces sports aussi, on a besoin d’être encadrés dans un statut où on se réveille le matin et on va s’entraîner, on a un suivi médical, on a un suivi alimentaire, on est concentré à 100% sur notre domaine, comme on peut l’être tous les jours dans notre travail. Être sportif de haut niveau, c’est tout un panel qui fait qu’on arrive à performer« .

Si Tahiti United attend désormais la décision de l’OFC, qui ne sera pas sur la table avant la fin août, le travail ne s’est pas arrêté. L’AS Venus et ses partenaires cherchent toujours a boucler le financement : beaucoup de contact ont été pris, côté public et côté privé, mais « il reste des choses à signer ». Viendra ensuite, en cas de réponse positive, la phase de sélection des joueurs… Et de négociation avec leurs employeurs. « Pour ceux qui n’ont pas de travail, ça leur fait un débouché rapide, mais ceux qui ont des CDI, on comprend qu’il ne veulent pas les stopper net », note le coach de Mahina qui précise que les contrats devraient être signés avant le 1er novembre.

17 matchs minimum

Car si le calendrier de la ligue professionnel ne s’étend que sur cinq mois par an – de janvier à mai – il est intense, avec un minimum de 17 matchs à jouer pour chacune des huit équipes. Elles s’affronteront d’abord sur cinq étapes, chacune organisée sur un site différent du Pacifique – Tahiti ne pourra pas accueillir de match la première année, du fait des chantiers des Jeux, mais espère bien le faire la saison suivante – au cours desquelles toutes les formations se rencontreront deux fois. Le classement qui en sortira permettra d’établir deux groupes de playoffs.

Les quatre équipe « leaders » s’affronteront pour trois places en demi-finales, quand les « challengers » – les quatre moins bonnes équipes de la première phase, donc – se battront entre elles pour gagner leur ticket pour un match de barrage contre la quatrième équipe des « leaders ». Les phases finales se feront sans match retour. « Ce format a été conçu pour maintenir l’intensité de la compétition et l’engagement des fans tout au long de la saison », précise l’OFC. Premier coup de sifflet en janvier.

 

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