ACTUS LOCALESJUSTICE Paea condamnée à verser 2,7 millions après l’annulation d’une soirée de MMA Charlie Réné 2026-05-12 12 Mai 2026 Charlie Réné L’association Octo Fighting League demandait réparation devant le tribunal administratif après l’annulation de sa soirée de combat prévue le 26 avril 2025. L’ancien maire Tony Géros avait décidé en dernière minute d’annuler l’évènement, jugé trop « brutal » et « incompatible avec la mission éducative et morale » de la mairie. Un motif illégal, ont estimé les juges, une discipline sportive « réglementairement reconnue et encadrée par une fédération » ne pouvant être « regardée comme portant atteinte à la dignité humaine ». La nouvelle tavana Tepuaraurii Teriitahi a déjà annoncé son intention de ne pas faire appel de la décision. Tony Géros avait annoncé à l’association sa décision une vingtaine de jours avant l’évènement, alors que la réservation de la salle était actée depuis près de trois mois. L’ancien maire avait estimé que « le MMA dans sa forme contemporaine et spectaculaire, tend à s’éloigner de la philosophie du noble art pour s’orienter vers une logique d’affrontement brutal, parfois perçu comme une glorification de la violence, fût-elle encadrée. Ce message, et ce qu’il véhicule, [lui] semble peu compatible avec la mission éducative, morale et sociale qu’[il] assume au service de mes concitoyens, en particulier de la jeunesse de Paea ». Des motivations qui relevait de la « philosophie personnelle » du président de l’assemblée mais qui échappaient au cadre réglementaire, avait relevé le rapporteur public fin avril. Le tribunal administratif est allé dans son sens, rappelant que seuls trois motifs sont légalement acceptables : « les nécessités de l’administration des propriétés communales, le fonctionnement des services ou du maintien de l’ordre public », aucun de ces motifs n’étant en l’espèce constitué. L’Octo fighting league, qui avait en effet dû rechercher en urgence un nouveau site, en l’occurrence la salle Maco Nena à Bambridge d’une capacité d’accueil bien moindre, avait chiffré à 4 millions de francs son préjudice, y incluant les pertes de recettes, les frais supplémentaires, notamment en matière de communication. Le tribunal n’a validé qu’une partie des demandes, relevant notamment qu’il n’était pas établi que toutes les places avaient déjà été vendues à Manu iti. La commune de Paea est donc condamnée à verser à l’association 2,55 millions de francs et 150 000 au titre des frais de procédure. La nouvelle tavana Tepuaraurii Teriitahi, regrettant l’illégalité de la décision de son prédécesseur, avait expliqué la semaine passée que la mairie s’acquitterait de la somme sans faire appel.