ACTUS LOCALESNOUVELLE-CALÉDONIE Plan de relance en Nouvelle-Calédonie : 9 milliards pour les 64 premiers projets Les Nouvelles calédoniennes 2026-03-26 26 Mar 2026 Les Nouvelles calédoniennes Le projet de nouveau pont de La Tontouta a été présenté par le gouvernement en août 2025. Il fait partie des chantiers financés par l’État dans le cadre du plan de relance. Capture d’écran GNC Le pacte de refondation économique et sociale a été présenté mercredi par le haut-commissaire, devant les partenaires ayant participé à son élaboration. Il entre dans sa phase « opérationnelle », a annoncé Jacques Billant, avec le démarrage des premiers chantiers prévus dans le cadre du plan de relance. Les précisions de notre partenaire Les Nouvelles Calédoniennes. Alors que la commission des lois de l’Assemblée nationale entamait l’examen du projet de loi constitutionnelle mardi à Paris, le haut-commissaire a exposé les grandes lignes du pacte de refondation économique et sociale proposé par l’État aux partenaires ayant travaillé à son élaboration dans le cadre de la mission interministérielle, ce mercredi. Si les aspects politiques et économiques ne sont pas corrélés, a rappelé le Premier ministre Sébastien Lecornu dans un courrier adressé aux élus calédoniens le 20 février, la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou a cependant indiqué, lors de son audition en commission mardi, que le pacte « suppose un cadre politique stabilisé » pour « produire pleinement ses effets ». « Le temps de la reconstruction » Le document représente un engagement financier de l’État d’un montant de 240 milliards de francs sur cinq ans, décliné en six piliers, et reposant sur un principe décrit par Sébastien Lecornu dans son courrier : l’État soutient la Nouvelle-Calédonie qui, en retour, doit « mettre en œuvre les réformes indispensables au rétablissement de son économie, retrouver un équilibre budgétaire et se doter progressivement des moyens réels de son autonomie financière« . L’enjeu, pour Jacques Billant, « rebâtir durablement l’économie et redonner confiance aux acteurs du territoire« . L’essentiel de son contenu a été présenté par Claire Durrieu à l’issue de son premier déplacement, le 20 février, puis précisé par le Premier ministre dans sa missive rendue publique début mars. La nouveauté a donc consisté, ce mercredi, en l’annonce des premiers chantiers prévus dans le cadre du plan de relance, qui constitue le pilier 2 du pacte. « Nous ouvrons aujourd’hui le temps de la reconstruction« , a introduit Jacques Billant lors de sa présentation. « Une étape importante, car le pacte entre dans sa phase opérationnelle. Il s’agit du début concret de sa mise en œuvre sur le terrain. » Le haut-commissaire a présenté les 64 premiers projets retenus, représentants une enveloppe de 9 milliards de francs. Ils seront suivis par d’autres dans les mois à venir, un investissement de 24 milliards étant fléché vers ce plan de relance quinquennal. Routes, ponts, radiers, quais, eau potable, déchets… Trente-quatre chantiers concernent le désenclavement, dont vingt-trois de création, réhabilitation et sécurisation de routes et de projets dans différentes communes. Dix autres sont relatifs à la construction et la réhabilitation de ponts, radiers et quais. Enfin, le dernier projet vise l’amélioration du réseau de transport en commun du SMTI. Vingt-trois chantiers portent sur l’accès aux services essentiels, dont dix-neuf la gestion de l’eau et l’alimentation en eau potable. Deux projets concernent la gestion des déchets, un l’éclairage public à Boulouparis, et un autre la construction d’un centre d’incendie et de secours au Mont-Dore. Cinq chantiers visent à protéger face aux effets du changement climatique : deux relatifs à des barrages à Dumbéa et Pouembout, et trois de protection du littoral, notamment à Nouméa et Ouvéa. Enfin, deux chantiers se rapportent à la diversification économique et consistent en l’aménagement des îlots Amédée et Canards. Que l’ensemble du territoire en bénéficie Cette liste concerne l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie, précise Jacques Billant. « Nous avons veillé à ce que tout le territoire puisse bénéficier sans attendre de cet effet de relance. » Parmi ces 64 projets, 16 sont prêts, « lancés ou en passe de l’être« , et 48 sont en attente de finalisation par les collectivités. « On parle de projets qui doivent démarrer le plus vite possible, la majorité en 2026, et on espère qu’ils seront menés à leur terme, pour la plupart, d’ici la fin de l’année prochaine« , insiste le haut-commissaire, sachant qu’ils peuvent être financés à 100 % par l’État. Un plan d’avancement régulier de la mise en œuvre du pacte doit être organisé et rendu public. Les autres piliers du pacte de refondation seront présentés plus tard, une fois leur contenu défini plus précisément. Le contenu des six piliers → Pilier 1 : relancer l’attractivité économique du territoire, l’activité et l’emploi : création de zones franches, baisse de l’impôt sur les sociétés, garanties bancaires, soutien au microcrédit, notamment en terres coutumières, défiscalisation pour la reconstruction des entreprises détruites pendant les émeutes. Il est doté d’une enveloppe de près de 40 milliards de francs (330 millions d’euros). → Pilier 2 : investir dans des infrastructures, diversifier l’économie et protéger la population face aux conséquences du changement climatique : financer des projets structurants dans la pêche, l’agriculture et le tourisme, améliorer les transports, les routes et les ponts pour désenclaver les territoires. Ce plan de relance est pourvu de 24 milliards de francs. → Pilier 3 : la stratégie nickel : le Premier ministre parlait de près de 60 milliards de francs (500 millions d’euros) d’aide aux entreprises du secteur pour 2026, conditionnée à l’élaboration d’un plan de transformation de la filière menant à un retour à la rentabilité, d’ici la fin du mois de juin. L’État finance également les études préalables au projet de Step à Tontouta. → Pilier 4 : investir dans la jeunesse : un programme de lutte contre le décrochage scolaire et professionnel de 8,4 milliards de francs (70 millions d’euros) comprend la création de 1 000 parcours d’engagement et d’insertion par an (services civiques, chantiers…), de 100 postes d’éducateurs, médiateurs, psychologues, etc., ainsi que d’une nouvelle compagnie du service militaire dans le Grand Nouméa à l’horizon 2030. → Pilier 5 : rétablir les finances publiques : un prêt AFD garanti par l’État de 36 milliards de francs (300 millions d’euros), 7,2 milliards (60 millions d’euros) de subventions, une année blanche concernant le remboursement du précédent PGE ainsi que la signature d’un contrat financier pluriannuel visant un retour à l’équilibre des finances publiques et le désendettement progressif du territoire sont prévus en 2026. Une nouvelle année blanche est actée en 2027, ainsi que l’octroi d’un « soutien exceptionnel » de 36 milliards de francs sur la période 2027-2030. → Pilier 6 : renforcer la cohésion sociale : 1,2 milliard de francs (10 millions d’euros) de subventions pour des actions de proximité est annoncé pour 2026.