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Espèces envahissantes, virus, manque de bras… Sauver les orangers, un âpre combat

À la veille du coup d’envoi de la Fête de l’orange, les porteurs s’apprêtent à redescendre les premières oranges des plateaux de la vallée de la Punaru’u. Les célébrations vont durer cinq jours mais c’est toute l’année que les membres de l’association pour la Protection de la Vallée de la Punaruu montent pour entretenir les plateaux. Les bénévoles les plus assidus regrettent d’ailleurs un manque de bras pour se battre contre les plantes envahissantes et contre un virus qui s’attaque aux orangers et impacte la production.

La fête de l’orange va être lancée jeudi. Comme chaque année, Punaauia va célébrer l’ouverture de la cueillette des oranges de la Punaru’u, dans une ambiance festive sur cinq jours, du 9 au 13 juillet. Au programme : défilé des porteurs d’oranges et des associations, concours des meilleurs groupes de ‘Ori Tahiti, concert et atelier d’initiation à l’artisanat.

Les élus de la commune de Punaauia se rendront ce vendredi à 8 heures, au fond de la vallée pour accueillir les porteurs d’oranges. Alors comment sera la récolte cette année ? Difficile de le dire, entre l’attaque du virus tristeza des agrumes et les plantes envahissantes qui continuent à proliférer.

L’Association des porteurs d’oranges, avec le soutien de la commune de Punaauia et des propriétaires fonciers, avait instauré un rāhui sur l’ensemble du fond de la vallée entre 2020 et 2022. Une suspension de la cueillette pour laisser le temps aux orangers de se régénérer, ce qui a permis de retrouver de belles saisons. Mais le virus est tenace et il provoque des pertes dans les vergers. Tuhaamanaroa Pito, membre de l’Association pour la protection de la vallée de la Punaru’u depuis 1999, explique qu’ils essayent de maintenir les pieds attaqués en les nettoyant chaque année mais le tristeza vise le cœur et fait pourrir les arbres de l’intérieur.

Si des solutions ont été mises en place pour préserver les orangers, le rāhui, le projet de restauration lancé en 2013 avec la production en pépinière de 500 jeunes plants et leur mise en terre progressive, l’acheminement de matériel par hélicoptère en 2024 avec notamment un broyeur pour transformer les espèces invasives arrachées en compost, l’entretien des plateaux et donc la récolte d’une belle production d’oranges est un défi.

Surtout que l’association pour la Protection de la Vallée de la Punaruu a du mal à motiver des bénévoles pour assurer tous ces projets et l’entretien des plateaux. L’association compte près de 200 adhérents, mais seules « entre 10 et 15 personnes » participent régulièrement aux travaux.

« La difficulté hors saison, c’est de mobiliser les adhérents de venir pour les périodes de nettoyage », constate Tuhaamanaroa Pito. « C’est toujours les mêmes. On a tous une vie de famille, une vie professionnelle… Certains travaillent le week-end », rappelle-t-il.

On saura jeudi, à l’ouverture des célébrations et l’arrivée des premiers porteurs d’oranges, si la saison est bonne ou non. L’ouverture de la vallée de la Punaru’u au public est fixée au 24 juillet jusqu’au 30 août. Les visiteurs devront payer 1 500 francs par personne pour accéder aux plateaux situés à environ deux heures de marche.

Pour s’y rendre, il faut prendre contact avec l’association pour payer le droit de passage, recevoir un livret et avoir quelques consignes de sécurité :

Tuhaa : 87.79.39.74

Heuarii : 87.74.22.02

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