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Pour Teva Rofritsch, « le Tapura se replie sur lui-même »

Le Tapura a décidé jeudi soir en conseil politique qu’il ne soutiendrait pas la candidature de Teva Rohfritsch aux élections sénatoriales. « Surpris et déçu » alors qu’il estime avoir « fait le job » et être resté « fidèle » à la plateforme autonomiste Amui Tatou, le sénateur sortant, fondateur de Ia ora te nuna’a en 2022, dit « ne pas avoir compris cette décision« . Édouard Fritch reconnait que son ancien vice-président « n’a pas posé de problème » aux municipales mais juge que la plateforme autonomiste « n’a pas fonctionné comme on l’aurait souhaité ». Teva Rohfritsch maintient sa candidature pour le scrutin de septembre, pendant que le Tapura cherche un binôme pour Lana Tetuanui.

« Surpris et déçu », Teva Rohfritsch, qui dit avoir appris la nouvelle en regardant la télévision, il ne sera pas soutenu par le Tapura pour les prochaines sénatoriales. Le parti d’Édouard Fritch, réuni en conseil politique jeudi soir à la mairie de Pirae, a décidé de porter la candidature de Lana Tetuanui et de lancer un appel aux volontaires, mais uniquement dans les rangs du Tapura, pour trouver son binôme. Qu’est-ce qui a motivé cette décision ? La plateforme Amui Tatau « n’a pas fonctionné comme on l’aurait souhaité lors des municipales », a expliqué =Édouard Fritch, au micro de Polynésie la 1ere, reconnaissant toutefois que Teva Rohfritsch « n’a pas posé de problème ». Une réponse qui n’a pas beaucoup plu à l’intéressé qui considère « être resté fidèle et confiant au Amui Tatou », ce regroupement des autonomistes, monté pour les législatives de 2024 et qui leur avait permis de reconquérir deux sièges de député sur trois.

Teva Rohfritsch qui avait quitté le Tapura pour monter son propre parti Ia ora te nunaa, un an avant les territoriales de 2023, avait rejoint le A here ia Porinetia et le Amuitahira’a dans cette cette plateforme Amui Tatou pendant la campagne de . Depuis quelques mois, il regrettait, comme d’autres responsables, que cette plateforme n’ait plus été réunie depuis l’élection des députés. « Ia ora te nunaa a pleinement joué le jeu sur les législatives. Aux communales, j’ai poursuivi cet élan. Je ne comprends pas bien les motifs avancés par Édouard Fritch. » 

Il dit aussi son étonnement puisqu’il n’a reçu « aucun appel », n’a eu « aucun contact », pour lui annoncer cette décision ou lui expliquer. Surpris aussi parce qu’Édouard Fritch lui-même avait appelé à l’union des autonomistes, dès sa première prise de parole après sa réélection comme tavana à Pirae, en vue des territoriales de 2028.

« J’estime faire le job, être à l’écoute des tavana »

Teva Rohfritsch défend son bilan aussi de sa mandature de sénateur : « J’estime faire le job, être à l’écoute des tavana, mener de front de nombreux dossiers pour le pays, y compris en ce moment même sur les questions climatiques. J’ai travaillé quatre ans à la commission des finances pour pouvoir préserver nos dotations et nous avons réussi ce pari. C’est un travail collectif que nous avons mené avec Lana Tetuanui y compris jusqu’à la modification du statut de la Polynésie pour élargir le champ de compétences de nos maires. Je ne vois pas ce qu’on reproche à ma candidature. »

Édouard Fritch a également expliqué que le binôme de Lana Tetuanui serait choisi dans les rangs de son parti, précisant qu’il faut que le candidat soit « membre au moins depuis 5 ans » du Tapura, en disant se référer aux statuts du Tapura. « C’est nouveau ! » s’exclame Teva Rohfritsch qui soupire : « J’ai dû louper un épisode… »

Pour le leader du Ia ora te nunaa, finalement « le Tapura se replie sur lui-même » : « Il estime peut-être que seul il pourra gagner les prochaines échéances. Comment peut-on partir divisés aux sénatoriales alors que c’est le début d’un tunnel électoral ? Quelles perspectives pour les législatives ? On ne peut seulement appeler le Amui pour soutenir leurs candidats et ne pas avoir de réciprocité et un minimum d’équilibre et de respect envers nous tous. »

« Partir désunis en 2028 : ça veut dire laisser le pays encore cinq ans aux mains des indépendantistes »

Teva Rohfritsch s’inquiète aussi des prochaines territoriales de 2028. Le leader du Ia ora te nunaa voit dans les élections passées « la preuve que la population attend cette union des autonomistes ». « On ne peut pas, au gré du vent, appeler les gens à se faire assembler, puis les jeter parce qu’on estime qu’on n’a plus besoin d’eux », dit-il encore, affirmant que « si les autonomistes partent désunis, ça veut dire qu’on veut laisser le pays encore cinq ans aux mains des indépendantistes ».

Teva Rohfritsch a assuré qu’il maintenait sa candidature aux sénatoriales alors que le Tapura annonçait lancer un appel à candidatures parmi ses adhérents pour trouver le binôme de Lana Tetuanui.

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