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Primaire à droite: échanges musclés en direct, Sarkozy en ligne de mire

Paris (AFP) – Le nouveau débat télévisé de la primaire de la droite a donné lieu jeudi soir à des échanges bien plus virulents que le premier, avec un Nicolas Sarkozy de nouveau la cible de ses anciens ministres.

Bien moins inhibés que lors du premier débat du 13 octobre, les sept candidats à l’Elysée se sont frontalement attaqués jeudi à Paris dans le cadre feutré de la salle Wagram. La pratique du pouvoir, l’un des premiers thèmes de la soirée, a libéré la parole. Alain Juppé, invité à se justifier de sa volonté de ne faire qu’un seul mandat, a raillé « tous ceux qui piaffent pour [lui] succéder »… en 2022, « et ils sont nombreux sur ce plateau ».

« Certains avaient fait la promesse de ne jamais se représenter s’ils étaient battus », a attaqué Bruno Le Maire, moins emprunté que lors de sa première prestation. « Commence d’abord par essayer d’être élu, tu verras que c’est très difficile », a rétorqué Nicolas Sarkozy, qui a lui aussi annoncé son intention de n’accomplir qu’un seul -nouveau- mandat s’il l’emporte en 2017.

Autre échange tendu entre l’ancien chef de l’Etat et Nathalie Kosciusko-Morizet: « Je ne regrette pas ta nomination (au gouvernement). Je ne suis pas sûr de le refaire, mais je ne le regrette pas ». « Tu n’en auras pas l’occasion », a répliqué du tac au tac son ancienne ministre. « Si j’avais été réélu en 2012, Nathalie se serait fait violence pour m’accompagner », a ironisé M. Sarkozy.

L’ancien président avait subi une première salve d’entrée sur le thèmes des migrants, alors qu’une importante évacuation se profile au cœur de Paris. Comme lors du premier débat, c’est Jean-François Copé qui a attaqué pied au plancher, dénonçant, suivi par Bruno Le Maire et Alain Juppé, les accords du Touquet signés avec la Grande-Bretagne en 2003, alors que M. Sarkozy était ministre de l’Intérieur.

– Fillon imperturbable –

« Ce n’était pas l’accord du Touquet mais l’accord de Canterbury. On n’est pas obligé de bien connaître le dossier », a cinglé l’ancien président. Quant à ses ex-ministres, a-t-il asséné, « aucun ne m’a jamais supplié de quitter le gouvernement ».

François Fillon, qui remonte dans les derniers sondages au point de s’installer comme le troisième homme, s’est à nouveau montré imperturbable, déclinant ses propositions sans trop se soucier de ses concurrents. Le président du Parti chrétien-démocrate Jean-Frédéric Poisson, qui le 13 octobre avait fait figure de révélation, a paru moins à l’aise.

Un seul être brillait par son absence après plus d’une heure de débat: François Bayrou, dont le nom n’a pas été prononcé, alors que le président du MoDem, allié du favori Alain Juppé, focalise une partie du débat de cette primaire depuis plusieurs semaines, à l’initiative du camp Sarkozy.

BFMTV, RMC, Dailymotion et iTELE – en grève depuis 18 jours – diffusaient ce deuxième des quatre débats de la primaire. Un troisième débat est prévu le 17 novembre. Le dernier opposera les deux finalistes avant le second tour.

Selon un sondage Odoxa pour France Info, plus d’un Français sur trois (37%) devait regarder au moins partiellement ce débat en trois parties, avec dans le rôle d’arbitres, Ruth Elkrief (BFMTV), Laurence Ferrari (iTELE), Apolline de Malherbe (BFMTV) et Michael Darmon (iTELE). 300 personnes, invitées par les candidats et les chaînes, comptaient les points dans le public.

Pour chaque candidat, sur le papier, une minute pour répondre et une minute pour un droit de réponse (contre 30 secondes au premier débat). Mais au final, de fréquentes interruptions, tant entre candidats que par les journalistes.

A un peu plus de deux semaines du premier tour, le 20 novembre, le favori des sondages, Alain Juppé n’a qu’une mission: préserver son avance. « On n’a aucune raison de changer » de stratégie, expliquait récemment son entourage. L’ancien Premier ministre a fait une nouvelle démonstration de force avec le ralliement mardi de la présidente de l’Ile-de-France, Valérie Pécresse, et une visite mercredi à la dalle d’Argenteuil, là même où, en 2005, Nicolas Sarkozy avait promis à une habitante de la « débarrasser » des « racailles ».

Nicolas Sarkozy à son arrivée, salle Wagram à Paris, pour le deuxième débat des primaires de la droite et du centre. © AFP

© AFP Eric FEFERBERG
Nicolas Sarkozy à son arrivée, salle Wagram à Paris, pour le deuxième débat des primaires de la droite et du centre

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