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Quand Jimmy Cliff offrait à Tahiti ses plus belles Reggae Nights

La légende du reggae, décédé cette nuit à l’âge de 81 ans, s’était produit à plusieurs reprises au fenua, toujours à l’invitation de Radio1 et Tiare FM. L’auteur-compositeur jamaïcain, connu, entre autres, pour ses tubes I Can See Clearly Now, Many Rivers to Cross ou The Harder They Come, avait d’abord offert deux soirées mémorables à Aorai Tini Hau en 1996. Il était revenu en 2000 au stade Pater, dans le cadre des festivités du nouveau millénaire.  

La nouvelle est tombée dans la nuit de dimanche à lundi sur Instagram. « C’est avec une profonde tristesse que je vous annonce le décès de mon mari, Jimmy Cliff, en raison d’une attaque suivie d’une pneumonie », écrit sa femme sur le réseau social. Jimmy Cliff est mort à Kingston, dans la Jamaïque qui l’avait vu naître sous le nom de James Chambers 81 ans auparavant. Musicien précoce, il avait commencé à écrire des chansons dès l’école primaire, à chanter dans les sound system au collège, et a enregistrer des morceaux dans des studios de quartier, et pour « un shilling par session », alors qu’il était encore adolescent.

C’est en 1962, à l’âge de 17 ans qu’il connait son premier succès, avec Hurricane Hattie, qui emprunte à la soul autant qu’au ska et au rocksteady. Une recette que le « rude boy » ne cessera de faire évoluer, devenant, aux côtés de Toots and the Maytals ou de Bob Marley, un des précurseurs, mais surtout un des plus grands promoteurs dans le monde de la musique reggae. Entre la fin des années 60 et le milieu des années 70, il publie pas moins de dix albums à succès, dont The Harder they come, bande originale du film éponyme en 1972, dans lequel le chanteur joue le rôle principal, et qui a popularisé le reggae aux États-Unis.

En plus de six décennies de carrière, Jimmy Cliff, a vendu 1,5 millions d’albums, il a collaboré ou été repris par des centaines d’artistes, de Sting à Bruce Springsteen, de Cher à Joe Strummer, en passant par Annie Lenox ou John Lennon, mixant les influences internationales, et il a surtout conquis des millions de spectateurs… Dont quelques milliers de Polynésiens.

En 1996 lors de l’arrivée de Jimmy Cliff et de son groupe à l’aéroport ©SA productions

Good vibes à Pirae

En juin 1996, alors qu’il est déjà considéré comme une légende vivante du reggae et qu’il surf encore sur le succès de I Can See Clearly Now, repris pour la BO du film Rasta Rockett, le Jamaïcain est invité par Radio 1 et Tiare FM pour deux concert à Aorai Tini Hau. La Polynésie lui réserve un accueil grandiose, et l’ancienne salle de Pirae, sur laquelle se relaieront Tapuarii Laughlin et Angelo en première partie, connaitra une de ses plus chaudes soirées, tout en tubes comme Reggae Night ou Many Rivers to Cross. Le chanteur, alors accompagné d’un « band » pléthorique, s’envole ensuite pour la Nouvelle-Calédonie, où il recevra aussi un accueil des plus chaleureux. 

Quatre ans plus tard, les autorités polynésiennes cherchent une star pour donner au Heiva 2000, qui doit marquer le passage dans le nouveau millénaire, une dimension internationale. Et se tournent donc vers la productrice Sonia Aline qui convainc le chanteur et son groupe de revenir au fenua. Il se produira cette fois à Pater, le 9 juillet, après avoir participé la veille, avec des délégations de toutes les îles, à un « Hono Nui » dans le grand stade de Pirae. Là encore, les hits s’enchaînent, et le public tahitien vibre aux sons jamaïcains.

Tout ceux qui ont pu côtoyer Jimmy Cliff en coulisse parlent d’un artiste accessible, généreux et entièrement dédié à son public. Il laisse derrière lui un impressionnant répertoire de tubes, et une influence profonde sur le reggae et la « world music ». Les hommages se multiplient ce lundi. Comme celui de Bernard Lavilliers, qui le citait, avant son concert à To’ata en 2022, parmi les musiciens qui l’ont fait « grandir », et qui le cotoyait régulièrement depuis leur duo sur Melody Tempo Harmony. Ou comme UB40 dont les membres parlent de la mort d’une « icône » et de la « superstar reggae originelle ».

©SA Productions

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