ACTUS LOCALESENVIRONNEMENT Fonds Natura Porinetia : 4 millions de francs de projets de Faa’a aux Gambier Alexandra Perrini 2026-05-14 14 Mai 2026 Alexandra Perrini Cette année, ce sont dix projets associatifs qui ont été choisis par la Fédération des associations de protection de l’environnement pour bénéficier du fonds Natura Porinetia. Pour sa seconde édition, ce soutien financier a atteint la somme de 4 millions de francs, répartis entre les différents programmes à hauteur de 300 000 à 500 000 francs chacun. Parmi les lauréats 2026 figurent la réinsertion des oiseaux tutururu grâce à l’éradication de la fourmi folle sur l’atoll de Temoe aux Gambier, la protection des récifs du lagon de Tubuai contre les taramea, le ramassage et la valorisation de l’algue envahissante turbinaria ornata, ou encore la création d’un « jardin tout en récup » à Faa’a. La Fédération des associations de protection de l’environnement (Fape) a présenté pour sa seconde édition les projets sélectionnés dans le cadre du fonds Natura Porinetia. Comme l’an dernier, Te Ora Naho, qui regroupe une soixantaine d’associations, avait lancé un appel à projets auprès de ses collectifs membres afin de soutenir leurs initiatives en faveur de la protection de l’environnement et de la transition écologique. Sur les 25 candidatures reçues, dix ont été retenues. Les lauréats se verront remettre un soutien financier compris entre 300 000 et 500 000 francs. Plusieurs partenaires donateurs tels que Air Tahiti Nui, la Socredo ou encore Tahiti Tourisme contribuent à ces financements. Cette année, le montant total des aides a atteint 4 millions de francs. D’après le responsable du fonds Natura Porinetia, Jean-Claude Foglia, celui-ci a été créé « pour répondre à une demande des entreprises qui souhaitaient avoir un lien plus sûr avec les associations qu’elles finançaient ». Il explique que la fédération sert « d’interface entre les entreprises et les associations afin que les projets présentés puissent aller au bout et de manière correcte ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/05/RESPONSABLE-NATURA-PORINETIA.wav Les projets à objectifs multiples valorisés L’année dernière, sept lauréats avaient été choisis pour porter différents projets, tels que la protection des dauphins de Rangiroa, la sauvegarde des oiseaux à Toahotu, la ressourcerie à Bora Bora ou encore a création de circuits botaniques et pédagogiques à Moorea. Les missions présentées dans le cadre de ce fonds s’inscrivent dans le respect des Objectifs de développement durable (ODD) définis par l’agenda 2030 de l’ONU, souligne la Fape. Pour le responsable du fonds, difficile de faire un choix entre toutes les candidature. « Il y avait de très beaux projets », commente Jean-Claude Foglia, qui explique avoir sélectionné des programmes « qui avaient plusieurs aspects, par exemple culturel et environnemental, ou sportif et environnemental ». L’éducation faisait également partie des critères importants. D’après Jean-Claude Foglia, « c‘est un peu la base pour construire quelque chose sur le long terme ». Les projets sélectionnés sont« extrêmement variés avec un côté sensibilisation, mais aussi un aspect scientifique de recherches sur la protection des espèces ou des plantes ». Parmi les lauréats, un jardin tout en récup pour les enfants de Faa’a Parmi les lauréats figure la création d’un « jardin tout en récup » à Faa’a, porté par l’association Hotuarea Nui. L’idée est de créer un « jardin pédagogique pour les enfants du périscolaire », explique Hinavai, responsable du service animation de Hotuarea Nui. « L’objectif est de développer l’éducation à l’environnement, de faire prendre conscience aux enfants qu’il y a des enjeux pour plus tard et qu’il est temps d’agir maintenant », détaille-t-elle. Le projet doit également « valoriser la permaculture, une technique de plantation qui utilise les bienfaits des plantes pour pouvoir les faire grandir dans un environnement sain, sans pesticide et sans produit chimique ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/05/NATURA-PORINETIA2.wav Les dix projets sélectionnés en 2026 ● Retrait de la fourmi folle de l’atoll de Temoe en vue de la translocation du tutururu : porté par l’association Toromiki no Mangareva, ce projet a pour objectif d’éradiquer la fourmi folle présente sur l’atoll de Temoe aux Gambier. Lorsque l’insecte aura été supprimé, l’idée est de réinsérer l’oiseau tutururu, une espèce aujourd’hui menacée. 500 000 francs seront reversés à Toromiki no Mangareva. ● Mon jardin tout en récup : les bénévoles de l’association de quartier Hotuarea Nui accompagnent plusieurs publics, dont les habitants du quartier prioritaire de Faa’a, les enfants du périscolaire ou encore les détenus de Nuutania en fin de peine. Leur projet porte sur la création d’un jardin entièrement construit en matériaux de récupération, destiné aux enfants, qui pourront y découvrir la permaculture. L’association bénéficiera de 500 000 francs. ● Protection des récifs du lagon de Tubuai par la lutte contre les taramea : l’association Tomite taurua rima hotu no Tupuai doit mettre en place une action de destruction des taramea à l’aide d’une méthode à faible impact environnemental. Le collectif souhaite utiliser du vinaigre blanc qui sera ensuite injecté dans les étoiles de mer. Un suivi scientifique est également prévu. 500 000 francs ont été accordés à ce projet. ● Préservation des récifs de Nuuroa : mené par l’association Tamarii pointe des Pêcheurs, le projet porte sur la restauration corallienne. Le collectif souhaite en parallèle sensibiliser les élèves et les citoyens et enrichir le lagon de boutures de coraux. 400 000 francs leur seront versés. ● Moana Fenua pour le ramassage et la valorisation de l’algue turbinaria ornata : porté par l’association Tamarii no te moana, l’objectif est de travailler sur le ramassage des algues envahissantes, la turbinaria ornata, en collaboration avec les pêcheurs lagonaires. Tamarii no te moana souhaite ensuite valoriser l’algue pour en faire une valeur ajoutée (la turbinaria ornata a des vertus cosmétiques) et rémunérer les pêcheurs. L’association bénéficiera de 400 000 francs. ● Entretien, valorisation et protection du patrimoine naturel de Mangareva : ce projet de l’association Coureurs des Gambier porte sur la restauration écologique, l’entretien et la sécurisation de 40 km de sentiers, mais aussi l’organisation de sorties (scolaires, randonnées…) et la mise en place d’une équipe technique. 500 000 francs seront reversés à l’As Coureurs des Gambier. ● Ha’api’ira’a Taumata Fe’e pour la construction d’une pirogue à destination des enfants de Moorea : à l’occasion de « l’école culturelle » mise en place pendant les vacances scolaires de février à juillet à Moorea, l’association Aimeho va’a taie souhaite construire une pirogue pour les enfants de 6 à 15 ans. Le va’a servira notamment à observer l’environnement et à les sensibiliser à la faune et la flore marine. 400 000 francs ont été accordés à l’association. ● To’a no ananahi, des formations à la pêche durable : porté par l’association To’a Hine Spearfishing, l’objectif de ce projet est de former « les gardiens du lagon de demain » à une pêche durable. Il s’agit d’un projet localisé à Bora Bora dont le financement de 300 000 francs servira dans les déplacements pédagogiques et les ateliers éducatifs et environnementaux. ● Journée Te Moana Fest : porté par l’association Oceania, ce projet consiste à créer une journée immersive pour « célébrer et protéger l’océan ». L’évènement est prévu le samedi 6 juin à Haapiti, à Moorea. Au programme : ateliers immersifs, sorties lagunaires, découverte des espèces marines et baptêmes de plongée. L’association bénéficiera de 300 000 francs. ● Poursuite du projet Fare Aru : après avoir investi l’an dernier, via le fonds Natura Porinetia, dans du matériel consacré à l’entretien et au débroussaillage du refuge pédagogique Fare Aru, implanté à Moorea, l’objectif est maintenant de renforcer la vocation pédagogique du lieu grâce à l’introduction de nouvelles espèces végétales, dont des bananiers. Le projet est porté par la fédération Tahei auti ia Moorea qui bénéficiera de 300 000 francs.