ACTUS LOCALESFAITS DIVERS

Quatre naufragés secourus sur un stand-up paddle au large de Tahuata

Le JRCC a reçu un signal d’une balise de détresse ce dimanche matin : le catamaran américain Pathfinder s’est retourné en pleine mer au sud-ouest des Marquises. C’est un avion privé, le Cessna de l’aéroclub Jacques-Brel, qui a réussi à localiser le bateau, mais pas ses quatre occupants, finalement secourus par un navire de pêche alors qu’ils tentaient de regagner Tahuata avec comme seule embarcation un stand-up paddle. « Ils ont eu beaucoup de chance », commente le pilote de l’avion. 

L’alerte est arrivée aux environs de 10h40, ce dimanche au JRCC. Un catamaran de plaisance américain, le Pathfinder, a déclenché sa balise de détresse satellitaire au sud de l’île de Tahuta. Des appels d’assistance sont passés en radio, aux navires à proximité, mais c’est un avion privé qui repérera le navire retourné en début d’après-midi. Une chance : le petit Cessna 172, est arrivé aux Marquises voilà un an pour redonner de l’altitude à l’aéroclub Jacques-Brel de Hiva Oa, en sommeil depuis des années. Et il lui faudra de nombreux survols de la zone pour repérer le Lagoon 39, entièrement retourné dont les deux étraves dépassaient « légèrement » de l’eau. « C’est un peu plus facile à repérer en avion, mais c’était tout de même pas évident », explique Vincent Roche, le pilote, président de l’aéroclub, et responsable de la station de carénage de Hiva Oa qui avait été contacté par le JRCC.

Absence de couverture radio oblige – l’aéroclub a d’ailleurs fait une demande de nouvelle antenne aux autorités pour améliorer la portée VHF dans cette zone à risque – les pilotes, après quelques survols, repartent vers Hiva Oa pour communiquer, par message et par téléphone, la position aux navires de pêche Poeani, Nelckael et Moite. C’est ce dernier qui arrivera en premier aux abords du catamaran, qui a dû vraisemblablement subir les vents catabatiques qui dévalent les reliefs de Tahuata pour provoquer des risées violentes et redoutées des marins. Le Pathfinder, qui était passé en escale à Hiva Oa quelques jours plus tôt, est bien là, entouré de nombreux objets à la dérive, mais les quatre personnes qui étaient signalées à bord sont eux introuvables.

Du côté du JRCC, on reçoit, dans les heures suivantes, de nouvelles émissions de la balise de détresse, qui montre un déplacement non cohérent avec la dérive de l’épave, remontant vers l’île de Tahuata. C’est finalement sur la route retour vers la terre ferme qu’un des bateaux de pêche, le Poeani aura une bonne surprise : il repère les naufragés qui « tentaient difficilement de regagner la terre à l’aide d’un stand-up paddle ». Un pari risqué : certains des marins nagent à côté de l’embarcation de fortune, les courants sont forts, et le bateau aurait pu facilement ne jamais les apercevoir. « Ils ont beaucoup de chance », précise Vincent Roche, qui précise que dans ce genre de naufrages, mieux vaut rester près de l’épave, plus facile à repérer que des naufragés isolés. Débarqués à Tahuata, les autres Américains sont rapidement pris en charge par les pompiers et sont tous sains et saufs. Les autorités insistent sur le fait que c’est la balise, et son enregistrement dans les bases de données idoines, qui leur a sauvé la vie. En plus, bien sûr, de la solidarité maritime et aérienne encore une fois à l’œuvre dans cette opération.

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