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Royaume-Uni: May en Ecosse pour défendre l'unité face au Brexit

Londres (AFP) – La Première ministre britannique, Theresa May, doit se rendre vendredi en Ecosse pour son premier déplacement officiel, une visite destinée à marquer sa volonté de défendre l’unité du Royaume-Uni, menacée par la sortie de l’Union européenne.

Mme May doit rencontrer vendredi après-midi à Edimbourg la Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, qui menace d’organiser un nouveau référendum sur l’indépendance si les intérêts des Ecossais ne sont pas pris en compte. 

L’attentat perpétré à Nice jeudi soir pourrait toutefois faire évoluer son agenda.

Alors que le Royaume-Uni a voté à 52% pour quitter l’UE, l’Ecosse a elle voté à 62% pour rester. Et Mme Sturgeon a déclaré au lendemain du scrutin du 23 juin qu’un nouveau référendum sur l’indépendance était désormais « sur la table », après celui perdu par les indépendantistes en 2014.

La cheffe du gouvernement régional écossais s’est également rendue à Bruxelles fin juin, où elle a rencontré les présidents de la Commission, Jean-Claude Juncker, et du Parlement européen, Martin Schulz, pour essayer d’obtenir une place pour l’Ecosse à la table des négociations du Brexit.

« Je crois de tout mon coeur à l’unité du Royaume-Uni », a déclaré Mme May, citée dans un communiqué, avant son arrivée en Ecosse où elle doit répéter son engagement à préserver cette « union spéciale ». 

Theresa May a pris ses fonctions mercredi et s’est forgée un gouvernement à la mesure du Brexit, offrant une place de choix aux partisans d’une sortie de l’UE.

Elle s’est également débarrassée de plusieurs poids lourds du gouvernement de David Cameron, dont l’ex-ministre des Finances, George Osborne, et l’ancien ministre de la Justice, Michael Gove.

« May vire les alliés de Cameron », titre vendredi le quotidien The Times, qualifiant l’opération de « purge plus brutale que la +Nuit des longs couteaux+ ». Le quotidien The Guardian évoque lui un « remaniement radical » qui « assomme la vieille garde ». 

La presse souligne également que, par rapport aux précédents gouvernements britanniques, davantage de ministres ont reçu une éducation dans le public. Le Times calcule ainsi que plus de 78% de son gouvernement a fréquenté les bancs de l’école publique contre 54,5% dans le gouvernement Cameron. Le quotidien The Guardian y voit le signal d’une « plus grande représentativité » de la société.

Le journal pointe toutefois que les femmes ne représentent toujours qu’un tiers du gouvernement.

– Quitter l’UE mais ‘pas l’Europe’  – 

Jusqu’ici, c’est la désignation aux Affaires étrangères de Boris Johnson -connu pour ses impairs diplomatiques- qui a surtout retenu l’attention.

Le nouveau chef de la diplomatie britannique a tenté de rassurer ses interlocuteurs européens en déclarant que quitter l’UE « ne signifie pas quitter l’Europe », dans sa première déclaration officielle jeudi après-midi.

« Nous ne quittons pas l’Europe, OK? C’est géographiquement, culturellement, émotionnellement et historiquement impossible », a-t-il insisté dans la soirée lors d’une réception organisée pour le 14-Juillet à l’ambassade de France à Londres.

« Nous voulons trouver une nouvelle relation avec l’UE, intensifier la coopération et le partenariat entre gouvernements, et nous créer un nouveau rôle mondial », a-t-il ajouté. Mais son discours a été autant hué qu’applaudi par les invités triés sur le volet.

De son côté, le président américain Barack Obama a appelé Theresa May jeudi pour la féliciter et lui réaffirmer son attachement à la « relation spéciale » avec le Royaume-Uni.

Sur le front économique, Philip Hammond, qui a rencontré son homologue américain Jack Lew, a assuré qu’il n’y aurait pas de budget d’urgence, et donc pas de nouvelles mesures d’austérité. La Bourse de Londres a ouvert vendredi en légère baisse (-0,19%).

Vendredi, les funérailles de la députée travailliste pro-UE Jo Cox, dont l’assassinat en pleine rue avait frappé d’effroi les Britanniques à une semaine du référendum, doivent se dérouler à Batley (nord), sa ville natale. La cérémonie privée est prévue dans la matinée. 

La Première ministre Theresa May le 14 juillet 2016 à Londres. © AFP

© POOL/AFP Andrew Parsons
La Première ministre Theresa May le 14 juillet 2016 à Londres

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