ACTUS LOCALESSPORTSTOURISMETRANSPORTS Sail Tahiti relance le rallye nautique Pacific Puddle Jump Lucie Rabreaud 2025-04-26 26 Avr 2025 Lucie Rabreaud L’entreprise de vente et location de bateaux Sail Tahiti va relancer le Pacific Puddle Jump. Créé en 1997 par le rédacteur en chef du magazine Latitude 38, ce « rallye nautique » n’a ni gagnant ni perdant, pas date de départ ou d’itinéraire imposé. Il a surtout été conçu pour offrir du lien et l’assistance aux plaisanciers qui rallient la Polynésie depuis les côtes américaines. Un concept dont le succès s’est estompé après le Covid : les 100 à 200 participants annuels ne sont plus qu’une quarantaine. Sail Tahiti veut refaire grimper les chiffres, moderniser le rallye et le mettre au service de la Polynésie, le présentant comme un outil pour mieux répartir les voiliers sur l’année, sur les îles, et avec plus de sécurité. Presque 30 ans que le Pacific Puddle Jump existe. Ce rallye transpacifique avait été créé en 1997 par Andy Turpin, alors rédacteur en chef du magazine Latitude 38, pour regrouper les navigateurs qui souhaitent relier les côtes américaines à la Polynésie dans un cadre organisé. Chacun son bateau et son équipage, chacun son itinéraire et même ses dates de voyage, ni course, ni prix à la clé : il s’agit surtout de créer du lien, de la « camaraderie », aider les plaisanciers qui se lancent dans cette grande traversée à l’aborder en toute sécurité. Et le concept a eu du succès : plus de 4 000 voiliers ont déjà participé à ces puddle jump – « saut de flaque » en anglais, mais le terme est utilisé pour qualifier des petits voyages maritimes ou aériens sans danger. Des outils de suivi modernes Depuis le Covid, pourtant, l’enthousiasme entourant le rallye s’est quelque peu évaporé. À l’arrêt complet au moment de la crise, il n’a jamais retrouvé la centaine, voire les deux cents bateaux qu’il comptait chaque année. Ce que l’entreprise de location et vente de bateaux Sail Tahiti, qui a pris la suite d’Andy Turpin, qui veut désormais partir à la retraite, veut changer. Les deux fondateurs et associés, David Allouch et Nikki Puttergill, relancent donc le Pacific Puddle jump à partir de janvier de l’année prochaine, en y apportant des outils modernes. Notamment une connexion haut-débit mis à disposition, via Starlink, sur les bateaux pour mieux les suivre : « On va finalement apporter ce type d’assistance qui aujourd’hui est réservée aux marins professionnels, on va l’apporter au grand public pour d’une part rassurer les gens, leur permettre une traversée qui se passe mieux, décrit David Allouch. On va aussi proposer un système de tracking très poussé qui permet de savoir en temps réel quelle est la vitesse du bateau, quelle est la force du vent, quelle est la hauteur des vagues, est-ce qu’il y a du courant, quelle est la direction du vent. Un suivi en live qui permettra aux participants et à leurs proches de savoir exactement ce qui se passe. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/04/PACIFIC-PUDDLE-JUMP-apporter-une-assistance.wav Mieux gérer les flux de plaisanciers Départ donc de la côte ouest de l’Amérique, de San Diego, du Panama ou du nord du Mexique. Arrivée aux Marquises, passage par les Tuamotu et enfin Tahiti. À chaque étape, des escales pour rencontrer la population, faire des activités et pourquoi pas proposer aussi de rendre service aux habitants si besoin. David Allouch donne l’exemple des batteries qu’il serait possible de ramener pour les mettre au tri à Papeete. Avec Pacific Puddle Jump, Sail Tahiti veut proposer une formule pratique pour les navigateurs mais aussi pour les Polynésiens qui accueillent les « voileux » dans leurs îles. Et il ne s’agit pas forcément d’augmenter le nombre de plaisanciers en Polynésie, mais d’aider à mieux gérer ce flux, que ce soit dans le temps et dans l’espace, en encourageant aussi les touristes à sortir des spots classiques. « L’idée n’est pas de changer l’image de la plaisance, mais faire en sorte que les voiliers n’aillent pas tous au même endroit parce qu’il y a trop de monde à certains endroits et donc la population est agacée, mais que ça se répartisse mieux. Il y a des endroits où, au contraire, la population a envie que les voiliers viennent, assure l’organisateur. Ce sont des échanges qui sont sympas, parce que les Polynésiens, ce sont des navigateurs et donc voir d’autres gens qui traversent l’océan, ça fait plaisir. Et puis c’est aussi une source de revenus pour les atolls ou les îles les plus éloignées. La plupart de la production d’artisanat des Marquises est vendue aux gens qui sont sur des voiliers. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/04/PACIFIC-PUDDLE-JUMP-changer-image.wav