ACTUS LOCALESCOMMUNESENVIRONNEMENT Carburants durables, bioplastiques, engrais… Oscar Temaru rêve de valoriser les déchets de Faa’a Caroline Perdrix 2025-04-25 25 Avr 2025 Caroline Perdrix Oscar Temaru a reçu à Faa’a les représentants de Nesco, une entreprise américaine d’ingénierie environnementale qui va réaliser une étude de faisabilité pour l’implantation d’une usine de valorisation des déchets à Faa’a. L’étude devrait être rendue dans 6 à 9 mois. Trois représentants de la Native Environmental Services Company (Nesco), accompagnés par l’ex-agent consulaire américain Christopher Kozely, ont rencontré ce vendredi le maire de Faa’a Oscar Temaru et lui ont proposé de réaliser une étude de faisabilité pour l’implantation d’une usine de valorisation des déchets. Rick Halperin, Jason Davis et Skip Staats représentent cette société californienne, fondée par une amérindienne qui a dédié son entreprise aux solutions en matière d’eau, d’électricité et de traitement des déchets pour sa communauté. Très active dans plusieurs tribus amérindiennes, Nesco propose des solutions clés en main, y compris sur les aspects juridiques et financiers. « De l’argent qui attend d’être créé » L’idée est de répondre à deux problématiques du fenua : l’enfouissement des déchets et le prix élevé de l’énergie. Pour les Américains, les déchets sont moins un problème que « de l’argent qui attend d’être créé ». Même les bouteilles en plastique qui sont expédiées en Asie et les pneus qui sont envoyés en Nouvelle-Zélande (ou qui finissent dans la baie de Vaitupa) pourraient être traités ici, assure Nesco. Plusieurs méthodes pourront être combinées. Grâce à la biodigestion et la pyrolyse, il serait possible de fabriquer du gaz naturel ou du carburant durable y compris pour l’aviation et les véhicules, réduisant la facture et la dépendance aux énergies importées, de capturer le CO2 pour cultiver des algues qui à leur tour deviendraient du fourrage ou des bioplastiques. Les déchets verts pourraient devenir du biochar, utilisé pour amender les sols agricoles. Même les stations d’épuration sont exploitables, affirment les Américains. De quoi créer des emplois, s’aligner avec l’image de destination durable de la Polynésie, voire de vendre des crédits-carbone, et redorer le blason de la commune. « C’est carrément une nouvelle façon de gérer » « Là, d’après ma compréhension, c’est carrément une nouvelle façon de gérer non seulement les déchets, mais tout ce qui est stations d’épuration, avec une récupération d’énergie qui sera soit revendue aux compagnies aériennes, soit pour nos véhicules », dit Oscar Temaru. Trop beau pour être vrai ? « Il faut trouver des solutions », répond le maire de Faa’a. Et s’il reconnaît que plusieurs entreprises sont déjà venues au fenua parler de projets similaires depuis 40 ans, pour lui c’est surtout la défense des intérêts en place qui fait obstacle à l’innovation. Mais aujourd’hui « la différence c’est que c’est nous qui sommes aux affaires du Pays ». Il projette d’organiser en début de semaine prochaine une rencontre avec Moetai Brotherson et Warren Dexter, ministre en charge des énergies. « On peut démarrer par Faa’a parce que Faa’a ne fait pas partie de Fenua Ma, Faa’a est libre. » Les trois consultants vont passer une semaine en Polynésie, et espèrent donc signer un protocole d’accord pour la realisation de cette étude, qui devra vérifier quelles technologies peuvent être mises en œuvre, et quels sont les gisements exploitables de déchets, y compris ceux qui pourraient être rapatriés des îles, pour déterminer l’échelle du projet et proposer un calendrier. Visite à Mumuvai Le maire de la commune a fait visiter à ses invités américains le site de Mumuvai : les trous de golf implantés sur l’ancienne décharge, le réservoir, et la décharge en activité. Le practice de golf implanté sur l’ancienne partie de la décharge de Faa’a. Le réservoir de 48 000 mètres cubes. La commune prévoit d’y implanter une centrale solaire flottante.