ACTUS LOCALESLÉGISLATIVESPOLITIQUE « Si je suis réélu, je vais me donner à fond », promet Moetai Brotherson Caroline Perdrix 2022-05-31 31 Mai 2022 Caroline Perdrix ©CP/Radio1 Moetai Brotherson était l’invité de la rédaction de Radio1 ce mardi matin. Candidat du Tavini Huiraatira sur la 3e circonscription, il espère un deuxième mandat pour poursuivre son action sur ses dossiers emblématiques – cannabis, moralisation de la vie publique, réparations des conséquences des essais nucléaires – en leur apportant les correctifs dictés par l’expérience acquise ces 5 dernières années. Mais aussi pour sensibiliser la représentation politique nationale sur le processus d’autodétermination et les ressources naturelles, et pour défendre certaines propositions de la Nupes qui correspondent à la sensibilité du Tavini. Fini l’appel à l’abstention de l’élection présidentielle : il s’agit de mobiliser les électeurs indépendantistes pour le 4 juin, dans un exercice électoral qui attire de moins en moins. En 2017, sur la 3e circonscription, l’abstention était déjà de 49,25%. « On explique aux gens que cette fois-ci, ce sont eux qui décident pour des candidats qui leur ressemblent et qui habitent à côté de chez eux, » dit Moetai Brotherson, à qui il faudra au moins 8 454 voix samedi pour accéder au second tour. Être candidat à sa propre succession, « c’est effectivement être opérationnel tout de suite. Le lendemain de mon élection on commence à bosser. J’ai déjà une équipe constituée, une expérience des dossiers. » Mais pas question de pantouflage pour un deuxième mandat : « non, parce que ce sera le dernier mandat si je suis réélu, et je vais me donner à fond », affirme Moetai Brotherson. Les dossiers emblématiques du candidat Tavini restent plus ou moins les mêmes que durant ces 5 dernières années. Le cannabis thérapeutique, par exemple, pour permettre à la Polynésie de lancer sa propre expérimentation sur 5 ans. La proposition de loi du député Brotherson sur la « régulation sociale du cannabis », déposée le 15 mars dernier, va suivre son cours à la reprise des travaux de la nouvelle Assemblée nationale. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2022/05/MOETAI-BROTHERSON-01-CANNABIS.wav Sur la moralisation de la vie politique – le sujet de sa première proposition de loi en 2018 – Moetai Brotherson a un peu modifié son approche. L’inéligibilité « à vie » pour les élus condamnés n’étant pas constitutionnellement possible, sa durée serait portée à 30 ans (au lieu de 10 maximum actuellement). https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2022/05/MOETAI-BROTHERSON-02.wav La citoyenneté ma’ohi est l’une des ambitions majeures du Tavini. Quelle différence avec la « citoyenneté polynésienne » qui a fait son apparition dans le programme du Tapura ? Moetai Brotherson regrette en souriant de « ne pas avoir déposé de copyright sur tous ces sujets parce qu’on les voit fleurir dans tous les programmes de nos petits copains. La différence, c’est que notre citoyenneté ma’ohi, elle a deux jambes, une constitutionnelle et l’autre sur un processus d’autodétermination, un peu à l’instar de ce qui s’est fait en Nouvelle-Calédonie. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2022/05/MOETAI-BROTHERSON-03.wav S’il est réélu, Moetai Brotherson remettra aussi sur la table une proposition de loi sur l’indemnisation des victimes des essais nucléaires, après une tentative avortée en 2021 : le gouvernement central affirmait que Reko Tika allait régler le sujet. « On a vu, la table ronde, elle tourne encore », constate-t-il. Le prochain texte prendra toutefois en compte certaines des critiques constructives émises lors de Reko Tika. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2022/05/MOETAI-BROTHERSON-04.wav Enfin, l’autodétermination sous l’égide de l’ONU reste dans les priorités du candidat, ainsi que la protection des ressources minières sous-marines. Ici l’Assemblée nationale est vue comme une tribune et non pas le lieu de résolution des problèmes : « Je pense que c’est un sujet important non seulement pour la Polynésie mais aussi pour la France et pour la planète. Je pense qu’agir à l’Assemblée nationale pour sensibiliser et imposer ce moratoire est bénéfique à tout le monde. » Convergence de vues avec la Nupes Plusieurs points du programme de Moetai Brotherson font aussi partie du programme des candidats de la Nupes, le rassemblement de gauche autour de Jean-Luc Mélenchon car « les bonnes idées n’ont pas de couleur », dit-il : référendum d’initiative citoyenne, référendum révocatoire, la reconnaissance du vote blanc, 120 milliards de Fcfp en faveur des énergies renouvelables, ou encore l’extension de la défiscalisation, peut-être sous forme de fonds de financement, aux PME, TPE et associations car « chez nous, pendant trop longtemps la défiscalisation a été un outil de spéculation immobilière » aux effets discutables en termes d’emploi durable.