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Soixante-sept coups et une agression sexuelle filmée, le calvaire d’un mineur de Faa’a

Un jeune majeur de 19 ans était jugé ce mardi pour un « lynchage » doublé d’une agression sexuelle, commis avec trois complices mineurs sur un adolescent de 16 ans. La victime, issue du même quartier de Faa’a, et à qui le groupe reprochait de simples insultes, avait subi, début 2025, 67 coups au visage, neuf écrasements de la tête, et une masturbation forcée, entrecoupés par trois pertes de connaissance. Le tout diffusé sur les réseaux sociaux. Le jeune majeur a écopé de quatre ans de prison ferme. Le tribunal des enfants avait déjà condamné deux mineurs de 14 et 16 ans à de la prison avec sursis lundi, et un adolescent de 15 ans, considéré comme le meneur de la bande, à trois ans de prison ferme.

Les faits ont eu lieu à Faa’a le 3 janvier 2025 et dénoncés le lendemain par la victime à la gendarmerie. Un déchaînement de violences gratuites, mais aussi une agression sexuelle, le tout filmé et diffusé sur les réseaux sociaux. Soixante-sept coups au visage, à grand coup de pieds, poings et gifles, neuf écrasements de la tête à coups de talons, une masturbation forcée dans une bouteille et trois pertes de connaissance. C’est le calvaire qu’à enduré un adolescent de 16 ans de la part de jeunes gens de son quartier de Faa’a, avec qui il avait l’habitude de trainer. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le prévenu présenté au tribunal correction ce mardi, un jeune homme de 19 ans au visage poupin et à l’air arrogant, n’est pas le boss de la bande, le donneur d’ordre, mais seulement l’exécuteur des basses œuvres. Le meneur, 15 ans, a lui écopé lundi de trois ans ferme la veille au tribunal des enfants. Deux autres de ses complices, âgés de 14 et 16 ans ont été condamnés dans le même temps à 3 et 18 mois de prison avec sursis.

Des violences sexuelles accompagnées d’actes dégradants

Dans le box des accusés, le jeune bourreau omniprésent sur les vidéos et clichés, opte pour une attitude à la limite de la désinvolture. Interrogé sur le pourquoi de ce passage à tabac, il se justifie par un simple « Il nous a traité dans le dos. » Impossible d’en savoir plus, d’autant que la victime n’a pas voulu être présente au tribunal. « Il a peur et il a honte «  explique l’avocate des parties civiles. Et on peut le comprendre. L’adolescent, outre une avalanche de coups qui aurait pu le tuer – il a perdu par trois fois connaissance – a été contraint de se masturber dans une bouteille après que ses agresseurs lui ont rentré de force le sexe dans le goulot, puis forcé à lécher le goulot. Scène filmée et diffusée, elle aussi.  » Un choc émotionnel, une perte d’appétit et des insomnies suite à cet événement stressant et traumatisant (…) les violences sexuelles accompagnées d’actes dégradants et de commentaires humiliants visent à briser psychologiquement la victime et à lui faire perdre toute estime d’elle-même «  assure l’expertise psychologique de la victime qui recommande,  » un accompagnement thérapeutique prolongé. « 

Banalisation de la violence chez les jeunes

L’accusé quant à lui, semble ne pas se rendre compte de la gravité des faits et n’a aucune idée de la raison de ce déferlement de violences :  » ‘sais pas, j’ai agi comme cela. » En filigrane on comprend qu’il était sous l’influence du mineur qui inspire la crainte dans son quartier, comme le suggère l’expert psychologue : » Influençable, immature, fait état d’une dangerosité d’ordre criminologique associée à une impulsivité et un manque d’empathie « . De fait son immaturité saute aux yeux lorsqu’il est interrogé. Sur son avenir, « rien, je sais pas », sur son séjour en psychiatrie à Tokani, suite à une prise de stupéfiants, « sais pas, j’ai déliré « , le tout sans se départir d’un sourire bravache qui s’est vite transformé en rictus à l’énoncé de la peine réclamée à son encontre par le procureur, soit cinq ans d’emprisonnement. L’accusation a en effet estimé que c’était un véritable « lynchage, une banalisation de la violence chez les jeunes » et qu’il fallait que la justice se montre « implacable. »

Le jeune homme de 19 ans, a été condamné à quatre ans de prison ferme avec trois ans de suivi socio-judiciaire et une interdiction de rentrer en contact avec la victime. Il sera inscrit, comme ses complices, au fichier des délinquants sexuels, et devra s’acquitter d’une amende solidaire de 1,2 million de francs.

 

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