ACTUS LOCALESSPORTS Surf, marathon, lutte sur la plage et VTT… Tahiti 2027 tout en nouveautés Charlie Réné 2025-08-02 02 Août 2025 Charlie Réné ©Jérôme Brouillet / Commune de Moorea / Fédération de cyclisme Le programme des prochains Jeux du Pacifique a été validé par les instances régionales. Outre les disciplines obligatoires, le surf, qui n’avait pas vu les Jeux depuis 2011, sera au rendez-vous en shortboard et longboard. Badminton, tir et squash, absents depuis huit ans, sont au menu, comme la lutte, qui s’exportera sur la plage. Le cyclisme privé de Jeux depuis 1995, revient sur route et, pour la première fois, en VTT. Quant au bodybuilding, au karaté ou au hockey sur gazon ils ne seront en revanche pas de la partie. Côté handisports, l’athlétisme et le tennis de table auront des épreuves adaptées mais le para-va’a attend encore son feu vert. C’était une confirmation attendue pour le Comité d’organisation de Tahiti 2027 (Coj), et une étape capitale dans la préparation de la compétition. Le Pacific Games Council (PGC), organisation régionale propriétaire des Jeux du Pacifique, et qui a réuni son assemblée générale dans la foulée des Mini-Jeux de Palau débu juillet, a validé la liste définitive des 24 sports de la compétition qui se déroulera dans maintenant deux ans, du 24 juillet au 8 août 2027. Car toutes les éditions n’ont pas exactement le même programme. Des obligations, mais quelques variations La Charte des Jeux du Pacifique fixe d’abord une liste de 17 sports obligatoires qui doivent absolument être organisés. Ainsi retrouvera-t-on à Tahiti, comme aux éditions précédentes, l’athlétisme, le basketball – en 5 contre 5 en gymnase et en 3 contre 3 en plein air – la boxe, le football, le golf à Atimaono, l’haltérophilie, le judo, la natation dans les bassins temporaires de Mamao, le rugby à 7, le taekwondo, le tennis, le ping-pong, le tir à l’arc, le triathlon, le va’a, associé au kayak aux Jeux, la voile, en Hobie cat et en Laser, et le volley-ball, décliné en salle et en version « beach » depuis plus de 25 ans. Chaque édition peut tout de même apporter ses originalités sur le traitement de ces sports fondamentaux. Parmi ses 329 épreuves, Tahiti 2027 comprendra par exemple un marathon. Il faut remonter à 2011 et aux Jeux de Nouméa pour en trouver un dans les programmes, qui se limitaient ces dernières années au semi-marathon. De bons souvenir pour les rouge et blanc puisqu’à Nouméa, c’est le champion tahitien Georges Richmond qui avait remporté l’or sur les 42,195 kilomètres . Le squash plutôt que le handball Mais chaque organisateur propose aussi une liste de sports optionnels dont il veut voir les épreuves dans son édition, en fonction de ses équipements ou ses chances de médailles. Le dossier de candidature de Tahiti 2027, préparé par le Comité olympique de Polynésie (COPF), comptait ainsi 9 propositions, dont 7 devaient être validées au niveau régionale. Les deux sports retoqués ne sont pas des surprises, puisqu’ils avaient déjà été écartés en 2023 lors d’une assemblée générale du PGC à Honiara : le netball, sport uniquement féminin proche du basket, et déjà au programme de nombreuses éditions depuis 1963, et le handball, plusieurs fois discuté, mais jamais été intégré aux Jeux. Le conseil régional reproche à l’un et l’autre de n’être pas assez « spécifiquement » océanien mais surtout de ne pas rassembler assez d’équipes nationales. Une petite déception, pour le président du COPF Louis Provost, qui estime que le handball était une « médaille d’or assuré » pour Tahiti. Seuls quatre pays ont dit pouvoir présenter une équipe, là où le PGC en demande six. C’est donc le squash, qui était « dans la balance » face au handball qui a été retenu au programme. Bonjour le VTT, nana le bodybuilding Le squash, qui devrait profiter nettement aux Calédoniens, retrouvera donc les Jeux après 8 ans d’absence, dans une nouvelle salle qui reste à construire à Pirae. Le badminton et le tir sportif, en l’occurrence au pistolet et en ball trap « Down The line » sont aussi réintégrés au programme où ils n’avaient plus figuré depuis 2019. La force athlétique, discipline optionnelle proche de l’haltérophilie, reste dans le jeu depuis 2003. L’assemblée générale du PGC a surtout confirmé la présence du surf, absent depuis 2011, et qui comprendra à Tahiti la fois des épreuves de shortboard et de longboard. La lutte n’avait quant à elle pas été au programme depuis 2007 et elle sera organisée pour la première fois en version « beach » en plus des plus classiques luttes « libre » et « greco-romaine ». Le cyclisme, enfin, n’avait pas fait partie de la liste depuis 1995. « Un grand come-back » se félicite la fédération locale, qui n’a pas réussi à obtenir une épreuve de BMX, là encore par manque de compétiteurs dans la région. Tahiti 2027 aura des épreuves sur route, mais aussi une compétition de VTT, une première aux Jeux. Forcément, certains sports optionnels se sont perdus entre Honiara 2023 et cette édition. C’est le cas du touch Rugby, du rugby à IX (une variante du rugby à XIII), du netball, du hockey sur gazon, du karaté et du bodybuilding. Par le passé, les Jeux ont aussi accueilli des épreuves de baseball et softball, de cricket, de boulingrin (lawn bowling en anglais, un sport qui pourrait s’apparenter à une pétanque sur gazon et qui est populaire dans le Commonwealth), de rugby à XV… et même de chasse sous-marine, jusqu’en 1999. Un doute à lever sur le para-va’a Les Jeux du pacifique, contrairement aux Jeux Olympiques, intègrent les athlètes handicapés dans les délégations nationales, plutôt que de leur réserver un évènement particulier. Certains sports bénéficient donc d’épreuves handisports. C’est le cas, comme l’a confirmé l’assemblée générale du PGC, de l’athlétisme, qui devrait intégrer, sur le nouveau stade de Hitia’a, des épreuves de courses en fauteuil et de lancer adapté. C’est le cas aussi du tennis de table en fauteuil, où Tahiti a toute les chances de briller. En revanche, la demande du Comité d’organisation des Jeux de prévoir des épreuves de para-va’a est encore pendante. « Il semblerait que ça soit favorable, mais ça doit encore être validé lors de la prochaine Assemblée générale, en juillet ou août de l’année prochaine ici à Tahiti », précise Louis Provost. Avant ça, les représentants du PGC sont attendus au fenua pour participer, aux côtés du Coj, du COPF et de tous les partenaires de l’organisation côté Pays et État pour un comité stratégique prévu le 19 août.