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Surveillance, contrôle des pêches, sauvetage… L’action de l’État en mer s’intensifie

Le Haut-Commissaire Alexandre Rochatte présentait ce mercredi le bilan 2025 de l’action de l’État en Mer. Il y a fait état d’une hausse globale des chiffres, que l’on parle des opérations de sauvetage ou du suivi des navires de commerce et de pêche. Des augmentations liées à l’intensification du trafic maritime, mais aussi à l’arrivée de nouveaux outils et de nouveaux partenariats pour assurer la surveillance. 

533 opérations de sauvetage en mer, 3743 navires de commerce et 729 bateaux de plaisance suivis, 3707 heures de navigation pour la surveillance des pêches, portant notamment sur 437 navires étrangers en transit… Le trafic maritime augmente, et les opérations liées à l’action de l’Etat en mer aussi. C’est le constat du Haut-Commissaire Alexandre Rochatte,  qui a dressé le bilan annuel de cette « AEM » dont il rappelle les grandes priorités : la sécurité maritime incluant le sauvetage en mer, la protection de l’environnement marin avec notamment l’aire marine protégée dont le protocole de gestion est en cours de discussion avec le Pays, la surveillance de la ZEE et la lutte contre les activités illicites, incluant la pêche illégale mais aussi le narcotrafic.

Coordination large

Pour mener à bien ces missions et expliquer les chiffres de l’année passée, le représentant de l’État a salué la coopération de l’ensemble des acteurs du territoire, nécessaire à « l’efficacité des systèmes en place ». « C’était l’année de l’océan et l’année aussi de l’action sur l’océan et donc de l’action de l’État en Mer dans tous les volets qu’on a cités, avec une mobilisation très importante de tous les services de l’État, explique-t-il. Un point qui est extrêmement important, c’est l’extrêmement bonne coordination des services de police, de gendarmerie, de la police aux frontières, des services d’action maritime, de la Marine nationale évidemment mais aussi tous les autres services, dont la douane par exemple, qui concourent à cette action qu’on appelle la fonction garde-côte dans l’hexagone. »

Le rôle du Joint Rescue Coordination Centre (JRCC), qui travaille 24h/24, a été souligné comme central : les opérations menées sous sa responsabilité l’année dernière ont permis le sauvetage de 293 personnes, à l’image de celui de Charline Picon et de sa famille en juin 2025.

De nouveaux moyens techniques

La hausse des  chiffres s’explique aussi par l’usage de nombreux outils informatiques, notamment par le centre de fusion de l’information maritime de Polynésie Française (CFIM PF) qui effectue le suivi et l’analyse des flux maritimes à partir de diverses sources et détecte les comportements suspects. Parmi ces sources, les satellites et leur système d’acquisition (le fait de demander à l’ordinateur de venir vérifier une zone donnée) sont « très utiles » au suivi et permettent de répondre à une activité en hausse sur le territoire, comme l’explique le Haut-Commissaire :

« Les moyens s’améliorent d’un point de vue technique. Cela nous permet d’avoir une cartographie et une connaissance de tous les navires qui naviguent dans la ZEE. Ceux qui se déclarent et ceux même qui ne se déclarent pas parce qu’on le sait par nos partenaires. Cette connaissance permet d’envoyer des avions pour contrôler des zones, vérifier et ensuite d’envoyer les bateaux de la marine nationale si c’est nécessaire, pour aller faire du contrôle sur place. »

Le recours aux moyens satellitaires est aussi utile sur les sujets de protection de l’environnement, qui ont représenté 9 « acquisitions » en 2025. Trois campagnes étrangères et deux campagnes françaises de recherche scientifique marine ont été autorisées et surveillées dans la zone en 2025. Le contre-amiral Guillaume Pinget, commandant de la zone maritime a de son côté présenté ces chiffres comme « inégalés en comparaison aux partenaires de la région ». Il a une nouvelle fois salué le partage d’information et de signalement avec les autorités des États-Unis, de Nouvelle-Calédonie ou encore du Pérou. Ces suivis permettent d’effectuer un ciblage et d’éviter les contrôles aléatoires, résultant d’un « ratio jours de mer – contrôles qui prouve l’efficacité de ce système ». Si l’État confirme, cette année encore, qu’aucune activité de pêche illégale dans la zone n’a été constatée chez les nombreux navires étrangers contrôlés ou suivis pendant leur passage dans la ZEE, l’activité des navires de pêche polynésiens est venue s’ajouter à la liste de contrôle, sur demande du Pays, et dans une « approche pédagogique ».

Cap sur 2026

L’action de l’État en mer doit bénéficier dans les mois à venir de nouveaux moyens et de nouveaux chantiers. Le dernier Gardian de la flotte aérienne doit être remplacé par un Falcon 50 Triton (aux moyens optiques et de prise de vue renforcée), les procédures du plan Orsec doivent être révisées, l’entrée en vigueur du BBNJ doit ouvrir de nouvelles perspectives de protection autour de la ZEE… Le Haut-commissaire cite aussi la préparation des Jeux du Pacifique 2027, dont certaines épreuves et festivités auront lieu sur le plan d’eau.

Les chiffres clés du bilan AEM 2025

  • Sauvegarde de la vie humaine et surveillance de la navigation :
    • 533 opérations de sauvetage et d’assistance coordonnées par le JRCC Tahiti
    • 3743 navires de commerce en transit suivis par le JRCC Tahiti
  • Lutte contre les activités illicites
    • 729 navires de plaisance suivis par le Centre Maritime Commun (CMC-PF) dont 9 ayant fait l’objet d’une surveillance particulière
    • 4 opérations de lutte contre le narcotrafic par voie maritime (au mouillage) avec une saisie de 1,8T
  • Protection des ressources marines
    • 3707 heures de mer dédiées à la surveillance des pêches (soit plus de 154 jours)
    • 437 navires de pêche étrangers suivis en permanence par le CMC-PF
    • 380 navires de pêche contrôlés en mer (dont 29 en ZEE et 10 en haute mer)
    • 161 navires de pêche survolés par les avions Gardian des Forces armées, en ZEE et ses abords
    • 45 vols de surveillance aéromaritime dont 23 heures dédiées au profit de la police de l’environnement
  • Recherche scientifique marine
    • 3 campagnes étrangères et 2 campagnes françaises en ZEE Polynésie Française + 1 campagne sur la ZEE Clipperton
  • Recours aux moyens satellitaires
    • 79 acquisitions TRIMARAN dont 9 pour l’environnement, 21 pour la pêche et 7 pour les activités illicites
    • 652 acquisitions UNSEENLABS pour la surveillance pêche, approches maritimes et luttes contre le narcotrafic
    • 219 acquisitions COPERNICUS pour la surveillance des pêches
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