ACTUS LOCALESCULTUREÉCONOMIEENVIRONNEMENTINTERNATIONAL Traité sur la haute mer : trois corridors internationaux déjà à l’étude Lucie Rabreaud 2026-01-19 19 Jan 2026 Lucie Rabreaud ©Mao Mana Foundation « Grande réussite de l’Unoc », l’accord sur la biodiversité au-delà des juridictions nationales (BBNJ) est entré en vigueur et rend notamment possible la création d’aires marines protégées dans les eaux zones internationales. Le Pays parle déjà de trois « corridors océaniques » autour de la ZEE. Ce sera long, mais le travail commence maintenant, confirme le secrétaire général du Haut-commissariat, Étienne de la Fouchardière. L’État et la Polynésie doivent travailler de concert et convaincre les pays voisins : du débat en perspective pour la haute mer. Depuis samedi 17 janvier, l’accord sur la biodiversité au-delà des juridictions nationales (BBNJ), appelé aussi traité sur la haute mer, est entré en vigueur. Le nombre des 60 ratifications nécessaires a été franchi en septembre dernier, ce qui déclenche son application. Désormais les zones situées en dehors des frontières maritimes des pays, l’espace commun à l’extérieur des zones économiques exclusives, vont pouvoir être protégées. Il y a déjà des règles et des instances internationales pour réguler la pêche, la sécurité, les frontières ou encore les fonds marins mais aucune ne proposait cette possibilité « large et général de protection ». L’entrée en vigueur de ce traité, « c’est la grande réussite de l’Unoc à Nice », précise le secrétaire général du Haut-commissariat. Pour Étienne de la Fouchardière, c’est la grande mobilisation de la France pour la préservation des océans qui a convaincu 60 États et Pays de signer et même plus, puisqu’aujourd’hui, « on en compte 80 ». Et le travail de la délégation polynésienne, qui s’était déplacée en force à Nice au mois de juin dernier, a évidemment sa part : « La Polynésie a vraiment contribué à ce résultat, elle a aussi mobilisé son environnement régional pour obtenir les ratifications nécessaires, donc c’est vraiment une grande victoire. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/01/TRAITE-MER-grande-victoire-polynesie.wav Pour le Pays, ce traité consacre aussi le concept du « Grand Etat Océanique », l’océan n’est pas un espace vide qui sépare les îles mais le lien qui les rassemble. Un concept qu’on peut aussi comprendre de manière très concrète avec cette liste du gouvernement dans son communiqué : les déplacements des espaces migratrices, les courants marins, mais aussi les pressions de pêche, les pollutions et les déséquilibres écologiques ne s’arrêtent pas aux frontières des ZEE. Des COP pour gérer la haute mer Il s’agit donc d’agir en coopération avec ses voisins pour gérer au mieux les ressources communes situées dans ces zones internationales, grâce à ce BBNJ. Définir des zones, justifier de leur protection, porter des mesures compatibles avec les autres activités… D’importantes négociations à venir. « C’est un processus continu qui ne fait que démarrer, puisque BBNJ, donc c’est un nom, mais ça va devenir une organisation, un peu une émanation de l’ONU. Ce sera à partir du début de l’année prochaine où on aura une première conférence des partis, les fameuses COP qui permettent de définir le cadre, la gouvernance. Et ça va aussi donner les critères pour décider comment des groupements d’Etat ou groupements d’organisation pourront obtenir le statut d’aires marines protégées de haute mer », explique Étienne de la Fouchardière. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/01/TRAITE-MER-Cop-negociations.wav Le pays pense déjà à trois « corridors océaniques » Ces aires marines protégées de haute mer, État et Pays en rêvent déjà. Moetai Brotherson parle de trois zones qui pourraient devenir « des corridors océaniques » avec nos voisins du Pacifique : « À l’ouest des îles de la société, au contact des ZEE de Rarotonga – îles Cook et de Kiribati ; entre les Gambier et Rapa, assurant la continuité écologique vers Pitcairn ; et enfin entre les Gambier et les Marquises, le long de la frontière polynésienne. » Étienne de la Fouchardière explique que « ça ne se fera pas demain mais plutôt dans deux ou trois ans » mais qu’il faut commencer à y travailler tout de suite. La définition de ces zones, « c’est déjà le fruit d’un premier travail commencé avec le Pays et qu’on va continuer pour faire remonter des vraies propositions à Paris. L’idée est d’être force de proposition, comme à Nice, et de dicter un petit peu le futur cadre des aires marines protégées qui seront poussées par la France avec l’appui de ses territoires et en l’occurrence de la Polynésie ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/01/TRAITE-MER-faire-remonter-proposition-.wav Des drones pour mieux connaitre les grands fonds marins Ces propositions doivent s’appuyer sur des données scientifiques pour avoir une chance d’aboutir. Et c’est aussi l’autre aspect de ce traité sur la haute mer : des coopérations en matière scientifique pour mieux connaitre ces espaces et donc mieux les protéger. Et d’ailleurs des projets scientifiques, financés par l’État, vont être menés pour l’acquisition de connaissance sur les grands fonds marins à l’horizon 2027 – 2028, par le CNRS et l’Ifremer, avec des drones sous-marins et des drones de surface. « C’est une application concrète et un outil pour définir les zones AMP en haute mer. » Nous n’en sommes qu’au début pour ce traité sur la haute mer et Étienne de la Fouchardière prédit que « comme pour la convention des Nations unies sur le droit de la mer de Montego Bay, il y aura des débats mais aussi des accords ». La première Conférence des parties (COP) doit se tenir l’année prochaine pour assurer la mise en œuvre de cet accord. Deuxième édition de Te Mana o te Moana nui a Hiva L’Ifrecor organise la deuxième édition de Te Mana o te Moana nui a Hiva mercredi 28 janvier, à l’Intercontinental. Une journée entière dédiée à l’océan avec des scientifiques, des associations, des institutions Etat et Pays, pour sensibiliser le grand public et les écoles aux actions de protection du récif mais aussi de la mer dans son ensemble. L’organisme de protection des récifs coralliens organise également la remise officielle de ses trophées To’a Reef 2026 aux 13 lauréats dont font notamment partie Coral Gardeners, Oceania ou encore des associations dans les îles. . Mercredi 28 janvier, de 8h à 16h, à l’Intercontinental