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Suspension de Willy Vaiho : des appels à « reprendre l’école » malgré les crispations

Le principal du collège de Tubuai, Willy Vaiho, lors d’un conseil des ministres délocalisé en août. ©Presidence

Après la manifestations de soutien au principal, samedi, et le mouvement de colère devant les grilles du collège lundi, à l’arrivée d’une principale par intérim, le tavana Fernand Tahiata a rétabli le transport scolaire à Tubuai. Soutien du mouvement, il appelle toutefois à « ne pas empêcher nos enfants d’aller à l’école ». La communication laconique du ministre Ronny Teriipaia, à l’origine de la demande de suspension provisoire de Willy Vaiho avec le vice-rectorat, est très critiquée. 

Lire aussi : La suspension de Willy Vaiho a été proposée par Papeete

Il faut « séparer les choses » pour Fernand Tahiata, et « laisser l’école continuer à tourner ». Lundi, quelques heures après une nouveau rassemblement de soutien à Willy Vaiho, le tavana de Tubuai semblait vouloir calmer les esprits. Après le succès de la manifestation de samedi – plus de 400 marcheurs, un record pour l’île des Australes – c’est une petite centaine de parents d’élèves qui se sont rassemblés devant les portes du collège pour le jour de rentrée. « Ils sont toujours bien remontés », note Fernand Tahiata. Le ton des manifestants est effectivement monté, à l’égard notamment de la principale par intérim du collège, Vaitiare Tetuaiteroi – Maitia qui faisait son arrivée dans l’établissement, et des responsables de la DGEE qui l’accompagnaient, et qui ont organisé plus tard une réunion avec les parents d’élèves à la mairie.

Moins d’un tiers des élèves pour la rentrée

Malgré son soutien au mouvement de soutien au chef d’établissement suspendu, le tavana a annoncé le rétablissement du transport scolaire, interrompu le jour de la rentrée. Et appelle les parents à envoyer leurs enfants au collège ce mercredi, après que moins d’un tiers d’entre eux ont fréquenté les classes lundi. « Il ne faut pas empêcher nos enfants d’aller à l’école, on veut justement avoir des enfants comme Willy Vaiho, qui deviennent principal, ingénieur, des pilotes de Tubuai, reprend le maire. Donc on va laisser l’école continuer, et après je pense que ce problème finira devant le tribunal ».

Ça n’est pour l’instant pas la stratégie de l’avocat de Willy Vaiho, Stanley Cross, qui dit n’avoir lancé qu’un « recours gracieux » contre l’arrêté de suspension conservatoire qu’il estime pourtant « illégal ». Pas de tribunal pour ne pas risquer de voir les juges confirmer la procédure ? Non, « pour ne pas jeter de l’huile sur le feu », corrige-t-il.

Les faits reprochés au principal toujours inconnus

Ni la DGEE, ni le vice-rectorat, dont les inspecteurs ont mené ensemble cette enquête, ni le ministère polynésien de l’Éducation, qui a demandé, avec le vice-rectorat, la suspension à titre conservatoire du principal, finalement actée à Paris, ne veulent préciser les faits exacts qui sont reprochés à Willy Vaiho. Un trouble qui alimente beaucoup de rumeurs. Polynésie la 1ere a fait état, la semaine passée, d’accusations d’abus de pouvoir ou de favoritisme au sein des équipes, ou encore de signalements d’irrégularités dans la gestion l’établissement. Sur le plateau de la chaîne de Pamatai, lundi, la syndicaliste Titaua Frogier assuré que des « dysfonctionnements », là encore pas définis précisément, ont été signalés « depuis déjà deux ans ».

Stanley Cross, lui assure ne « rien savoir » sur ce qui est reproché formellement à son client, qui doit pourtant avoir été destinataire des conclusions préliminaires de l’enquête à son égard. L’avocat estime tout de même – et c’est le discours des défenseurs de Willy Vaiho à Tubuai – que c’est l’action culturelle du principal qui a suscité des tensions avec des enseignants métropolitains. « Il a voulu mettre en avant la culture locale. C’est peut-être ça qui a dérangé des profs popa’a, je ne sais pas, avance-t-il. Il a une approche peut-être plus locale que ses prédécesseurs ». Les autorités éducatives ont en tout cas jugé les faits rapportés par l’enquête assez graves pour estimer que le maintien de Willy Vaiho en poste en attendant la réunion éventuelle d’un conseil de discipline, pouvait « nuire gravement au fonctionnement de l’établissement ».

À la mairie de Tubuai, comme dans les manifestations, on dénonce l’absence du ministre de l’Éducation pour gérer cette situation. Dans un communiqué laconique Ronny Teriipaia a simplement rappelé vendredi, que cette suspension n’était pas une sanction – le salaire de Willy Vaiho est maintenu – et que « la mesure conservatoire provisoire ne préjuge en rien du fond du dossier ».

[MàJ 12/11 : nature des signalements]

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