ACTUS LOCALES

Les portables, « bombes nucléaires qu’on met dans la main de nos enfants »


Lors de la conférence sur l’ice, Mareva Georges a interpellé sur le danger que représentent les téléphones portables confiés sans contrôle aux adolescents. La présidente de la fondation Te Ti’aturi Nei estime que c’est avant tout sur les réseaux sociaux et via les messageries numériques que les jeunes sont exposés à la drogue, entre autres dangers. Elle appelle les parents à mieux paramétrer les appareils de leurs enfants, à y installer des applications pour cadrer leur activité en ligne.

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Dans la salle de l’hôtel Hilton, dimanche après-midi, les discussions sur l’ice, menées à l’initiative de la fédération anti-drogue et de la fondation Te Ti’aturi nei, et avec le médiatique psychiatre américain Charles Sophy, ont balayé les mécanismes chimiques de l’addiction, le poids de la génétique et des traumatismes personnels dans l’appétence pour les drogues, les conséquences terribles que pouvaient avoir la consommation de métamphétamine sur les jeunes… Mais dès le début de la conférence, c’est un appel aux parents qui a été développé par les différents intervenants.

Un appel à la vigilance, à « ne pas baisser la garde » face aux risques de consommation de leur enfants adolescents ou jeunes adultes. « C’est sur les jeunes de moins de 25 ans, dont le cerveau n’est pas encore définitivement formé, que les drogues peuvent fait le plus de dégâts », prévient le Dr Charles Sophy, beaucoup questionné, comme les responsables de la Fédération, sur la meilleure façon de protéger ces jeunes gens. Les intervenants ont donc, tour à tour, rappeler l’importance de la discussion permanente, sur le « maintien du lien » parents – enfants, même dans les périodes difficiles, sur la nécessité de créer l’échange sur les difficultés familiales ou scolaires, et de ne pas hésiter à se faire aider en cas de rupture du dialogue. Mais les débats se sont aussi, et dès le début de l’après-midi, tournés vers les dangers de l’environnement numérique des jeunes et notamment du rôle des téléphones portables dans l’accès aux drogues.

Un mobile sans contrôle, un « risque énorme »

C’est Mareva Georges, qui dit partager « la terreur des drogues » avec « tous les autres parents », qui a tenu à mettre ce sujet sur la table. À l’entendre, c’est sur les réseaux sociaux que les jeunes sont le plus « poussés » vers l’ice ou d’autres drogues. Et c’est via les applications de messagerie instantanée qu’ils s’en procurent quand ils « tombent dans la consommation ». À la fédération de lutte contre les drogues et la toxicomanie, on confirme que beaucoup de témoignages de jeunes addicts vont dans ce sens. Aucun doute, donc, pour la présidente de la Fondation Te Ti’aturi Nei, lancée avec son mari Paul Marciano et qui agit depuis longtemps pour la protection de la jeunesse au fenua, laisser un mobile « sans aucun contrôle » à un enfant de 12, 13 ou 14 ans, c’est « prendre des risques énormes ».

« Aujourd’hui, les dealers rentrent en contact avec nos enfants à travers les réseaux sociaux, à travers Facebook, TikTok, Snapshat, particulièrement problématique parce que les messages disparaissent, explique l’ancienne Miss France, qui dit avoir elle même acheté un portable tout récemment à sa fille. Donc j’encourage les parents à vraiment paramétrer les téléphones de leurs enfants avant de leur donner cette bombe nucléaire qu’on met dans leur main, et qui leur donne accès tout : la sexualité, le porno, la drogue… C’est trop dangereux ».

Paramétrage et applications

Les portables iOs (iPhone) et Android (Samsung, Pixel, et autres marques) permettent pour la plupart de paramétrer facilement des mesures de contrôle parental : limitation du temps d’utilisation, restrictions des applications téléchargeables… Ces options sont même devenues obligatoires pour tous les appareils connectés vendus en France, au terme d’une loi votée en juin 2024 à Paris.

Mais des applications spécialisées offrent de nombreux services supplémentaires. Certaines sont gratuites comme le « Family Link » proposé par Google, et beaucoup d’autres payantes comme Qustodio, leader du marché en Europe, WonderShare Famisafe, Kapersky Safe Kids ou Norton Family, créés par des grands groupes spécialistes de la sécurité numérique, Parentaler, Xooloo… La fondation Te Ti’aturi Nei met en avant l’application américaine OurPact, qui dispose d’une version en français, et qui permet de contrôler, sur plusieurs terminaux en même temps, les heures d’utilisation, les installations d’applications, les contacts et messages de son enfant, suivre l’activité en ligne et même géolocaliser le portable à tout moment… « C’est de la surveillance, mais c’est nécessaire quand on parle d’adolescents », estime Mareva Georges.

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