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Syrie: le régime annonce une trêve de 72 heures pendant la fête du Fitr

Damas (AFP) – Le régime syrien a décrété mercredi une trêve de 72 heures dans les combats contre les rebelles coïncidant avec l’Aïd el-Fitr, une annonce saluée par Washington qui veut travailler avec la Russie sur une cessation des hostilités durable.

Néanmoins sur le terrain, même si elles ont baissé d’intensité, les violences se sont poursuivies surtout à Alep, où régime et rebelles ont continué de bombarder les quartiers adverses, selon un correspondant de l’AFP sur place et une ONG.

Plusieurs groupes rebelles syriens ont indiqué qu’ils respecteraient la nouvelle trêve temporaire qui coïncide avec l’Aïd el-Fitr, marquant la fin du mois de jeûne musulman du ramadan, tout en soulignant douter du sérieux du régime de Bachar al-Assad. 

« Un ‘régime de silence’ est appliqué sur le territoire syrien pour une durée de 72 heures à partir de 01H00 le 6 juillet (22H00 GMT mardi) et jusqu’à vendredi à minuit », a indiqué l’armée dans un communiqué diffusé par les médias officiels.

Selon une source de sécurité syrienne, la trêve concerne seulement les combats avec les groupes rebelles syriens alors que les organisations jihadistes Etat islamique (EI) et Front Al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaïda, qui occupent de vastes régions du pays, en sont exclues.

– « Mieux que rien » –

Dans un communiqué publié dans l’après-midi, plusieurs groupes rebelles ont annoncé leur respect de la trêve « tant qu’elle est respectée par l’autre camp ». « Jusqu’à cet instant, il (le régime) ne l’a pas respectée vu qu’il a lancé plusieurs attaques ce jour ».

Ces derniers mois, toutes les tentatives de faire respecter durablement les trêves entre rebelles et régime ont échoué de même que les efforts d’un règlement du conflit qui a fait plus de 280.000 morts et poussé à la fuite des millions de personnes depuis mars 2011.

Plusieurs trêves temporaires à Alep, ville du nord divisée entre secteurs prorégime et secteurs rebelles, ont été régulièrement annoncées avant que le front ne s’embrase à nouveau.

Le 27 février, une cessation des hostilités négociée par les Etats-Unis, qui soutiennent les rebelles, et la Russie, alliée du régime, était entrée en vigueur en sauf dans les régions contrôlées par les jihadistes. Mais cette trêve a fini elle aussi par voler en éclats.

Mercredi, le secrétaire d’Etat américain John Kerry a salué l’annonce de trêve par Damas, espérant qu’elle « sera respectée par toutes les parties ».

« Nous sommes engagés dans des discussions avec diverses parties dont la Russie sur la possibilité d’étendre » ce nouveau cessez-le-feu, a-t-il précisé. « Est-ce que 72 heures c’est suffisant? La réponse est non. Est-ce que 72 heures est mieux que rien? La réponse est oui ».

– Alep toujours bombardée –

Ce trêve temporaire risque de connaître le même sort que les précédents.

Après l’annonce par le régime, son artillerie a continué de bombarder, moins intensément, les quartiers Est sous contrôle des rebelles à Alep, deuxième ville du pays, selon le correspondant de l’AFP sur place et l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Dans le quartier rebelle d’al-Machad, un civil a été tué et plusieurs blessés par des tirs d’artillerie à l’heure de la prière, selon l’OSDH.

« Depuis tôt le matin, les obus tombent sur le quartier », déplore Ahmad Nassif, un habitant. « J’avais prévu de rendre visite à mes proches et aux amis et d’emmener mes enfants jouer, mais on a finalement décidé de rester à la maison par peur d’une reprise des bombardements. »

« J’espère que la situation va se calmer un peu durant l’Aïd, pas pour moi mais pour les enfants », ajoute-t-il.

Les insurgés pour leur part ont tiré des roquettes sur les quartiers gouvernementaux de cette ville, enjeu stratégique de la guerre qui ravage le pays.

Même à Damas, l’ambiance n’était pas à l’optimisme. « Je ne crois pas à cette trêve, les précédentes ont été violées à plusieurs reprises », dit Saad al-Sawwas, technicien de son de 25 ans.

A Homs, troisième ville de Syrie, M. Assad a assisté à la prière de l’Aïd el-Fitr, alors que les sorties en public du président syrien sont assez rares.

Déclenchée en mars 2011 par la répression de manifestations réclamant des réformes, la révolte contre le régime s’est transformée en guerre dévastatrice impliquant une multitude d’acteurs locaux, régionaux et internationaux, ainsi que des groupes jihadistes.

Des enfants jouent dans un parc à Idlib en Syrie, le 6 juillet 2016. © AFP

© AFP Omar haj kadour
Des enfants jouent dans un parc à Idlib en Syrie, le 6 juillet 2016

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