ACTUS LOCALESSOCIAL Te Vaiete : les « colibris » bouclent la première étape de leur formation Nanihi Laroche 2025-12-26 26 Déc 2025 Nanihi Laroche ©FB Accueil Te Vai-ete/Camica Les « colibris », c’est le nom donné à ce groupe de huit jeunes en situation de handicap cognitif, qui viennent d’achever quatre mois de formation au restaurant l’Éphémère. Une première pour l’association de Te Vai-ete, jusque-là engagée dans la réinsertion professionnelle de personnes sans domicile fixe. Porté par Père Christophe et le Campus des métiers et des qualifications du Pacifique (CMQP), le dispositif vise une insertion durable dans les métiers « normaux » de l’hôtellerie-restauration. Prochaine étape : le stage pratique de deux mois en restaurant, qui démarrera début 2026. Lire aussi : Te Vaiete remet le couvert Les colibris, c’est le nom du groupe de huit jeunes présentant un handicap cognitif — ne nécessitant pas de mise sous tutelle — sélectionnés pour former la première cohorte du genre au sein de l’association Te Vai-ete, qui était jusqu’à lors uniquement engagée dans la réinsertion professionnelle de personnes sans domicile fixe dans le secteur de la restauration. Ces jeunes, dont la plupart ont déjà eu une éducation dans le domaine, viennent de finaliser la première phase de leur formation, en cours depuis quatre mois, au restaurant l’Éphémère, installé dans les nouveaux locaux de l’Accueil Te Vai-ete, derrière le parc expo de Mamao. « Lundi, mardi, jeudi, vendredi : pratique, et puis le mercredi, ils étaient avec leur éducateur spécialisé pour apprendre la détente », explique Père Christophe. Durant cette période, ces « colibris » ont appris à travailler aussi bien en cuisine qu’en salle, en alternant les postes chaque semaine. « Ce n’était pas possible pour lui, l’handicap était trop lourd » Sur l’ensemble du groupe, presque tous sont allés au bout du parcours. « Le dernier a arrêté à la fin, parce que la prochaine étape qui va être de deux mois d’insertion dans des restaurants et hôtels – du 5 janvier au 28 février –, n’était pas possible pour lui, le handicap était trop lourd »,indique Père Christophe. Pendant ces deux mois, les jeunes alterneront à nouveau entre cuisine et salle, « pour que l’entreprise puisse voir leurs forces, et que eux puissent décider de ce qu’ils préfèrent ». Le Hilton, le Pearl Tahiti, le Red et l’Agora « les prennent volontairement, mais avec une véritable possibilité d’embauche », insiste Père Christophe. Un projet qui peut rappeler le concept du Café ‘Oa ‘oa en centre-ville, ou celui des Cafés Joyeux en France, mais qui s’en distingue clairement. « On n’est pas tout à fait dans la même perspective, rappelle l’homme de foi. Même si c’est une belle expérience, le Café ‘Oa ‘oa, son but n’est pas de les former pour les insérer dans quelque chose de pérenne, mais de rester sur place. Notre but, par rapport aux handicaps qu’on a, est d’intégrer ces personnes dans une entreprise dite “normale”. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/12/TE-VAIETE-1-cafe-Oa-oa.wav « Libérer les parents pour qu’ils aient plus confiance en leur enfant » Au-delà des compétences professionnelles, le dispositif a aussi eu un impact fort sur les familles, souvent « très protectrices » en raison du handicap de leur enfant. « Les quatre mois nous ont permis de voir et puis aussi de libérer davantage les parents pour qu’ils aient plus confiance en leur enfant », explique Père Christophe, en donnant plusieurs exemples. « Il y en avait un de Paea qui venait en truck tous les jours, tout seul, et ça s’est très bien passé. Un autre de Mahina, sa maman m’avait dit : “Ah tu sais, je me suis foulé le pied, mais c’était une bonne chose parce que du coup j’ai lâché mon enfant”, qui, le dernier mois, est venu en bus. Et il y a une fille aussi de Paea, c’est la première fois que sa maman la laisse partir en vacances dans les îles, dans sa famille, mais toute seule. Alors que ce sont des jeunes de 23-24 ans. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/12/TE-VAIETE-1-parents-.wav « Ce groupe de femmes a moins d’addictions permanentes » En parallèle, l’autre groupe, celui des “Oiselles”, composé de femmes sans domicile fixe, a lui aussi entamé son programme de réinsertion il y a quatre mois à Te Vaiete. Comme la première cohorte, composée uniquement d’hommes l’an dernier — qui avait vu huit personnes sur douze obtenir leur diplôme — ce groupe de dix femmes a suivi une formation théorique sur quatre mois, avec deux stages pratiques, rémunérés à hauteur d’environ 65 000 francs par le SEFI dans le cadre du dispositif d’aide à l’insertion Tiaturi. Le premier stage s’est déroulé en octobre, sur trois semaines, dans plusieurs hôtels-restaurants. Le second a débuté le 9 décembre et se poursuivra jusqu’au 31, dans les mêmes restaurants, avant la reprise du service à L’Éphémère le 5 janvier. « Comparé au précédent, ce groupe que nous avons a moins d’addiction permanente comme la drogue, indique Père Christophe. Si elles fument ou si elles boivent, c’est plus “récréatif”. Les filles, au lieu d’avoir six mois, elles n’ont eu que quatre mois de formation théorique. Sauf qu’on a fait autant que durant les six mois avec les autres, parce que les garçons, à midi il fallait arrêter, ils dormaient sur place, alors que les filles pas du tout. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/12/TE-VAIETE-3-oiselles.wav En juin, ces “Oiselles” passeront leurs examens. Il s’agit d’un diplôme équivalent à un CAP de commis de cuisine, passé au Centre de formation pour Adulte (CFPA) en candidates libres.
©FB Accueil Te Vai-ete/Camica Les « colibris », c’est le nom donné à ce groupe de huit jeunes en situation de handicap cognitif, qui viennent d’achever quatre mois de formation au restaurant l’Éphémère. Une première pour l’association de Te Vai-ete, jusque-là engagée dans la réinsertion professionnelle de personnes sans domicile fixe. Porté par Père Christophe et le Campus des métiers et des qualifications du Pacifique (CMQP), le dispositif vise une insertion durable dans les métiers « normaux » de l’hôtellerie-restauration. Prochaine étape : le stage pratique de deux mois en restaurant, qui démarrera début 2026. Lire aussi : Te Vaiete remet le couvert