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Te Vaiete remet le couvert

Après une première promotion masculine, le programme d’insertion porté par Te Vaiete et le Campus des métiers et des qualifications de l’hôtellerie-restauration s’élargit à dix femmes sans-abri et huit jeunes porteurs d’handicaps cognitifs. Depuis lundi, ils suivent une formation aux métiers de la restauration et appliqueront ce qu’ils apprennent au restaurant L’Éphémère, qui rouvre ses portes la semaine prochaine. Les cinq bungalows, en attente depuis l’année dernière, sont enfin habitables et accueillent déjà six participantes. 

Après les hommes, cette fois ce sont dix femmes sans-abri, âgées de 30 à 50 ans, et huit jeunes porteurs de handicaps cognitifs qui ont commencé ce lundi leur parcours de formation aux métiers de la restauration, à L’Éphémère, situé dans les nouveaux locaux de l’Accueil Te Vaiete, derrière le parc expo de Mamao.

Le premier projet pilote, mené l’année dernière, avait permis à douze hommes en grande précarité de se professionnaliser. Bilan : « huit sont en insertion (CDI, contrats d’apprentissage ou poursuite d’études), dont six ayant obtenu un diplôme de commis de cuisine », indique l’association de Père Christophe. Pour le reste, deux sont retombés dans l’ice, un autre est en prisonet un autre a disparu.

« Des groupes inclusifs »

Baptisées les « Oiselles », les femmes ont démarré leur formation de 10 mois avec « une remise à niveau théorique en classe », suivis de stages en entreprise, et d’une mise en situation au restaurant L’Éphémère. « C‘est un groupe ‘iel’, c’est-à-dire un groupe de femmes, mais inclusif, précise Bouchra Haddach, formatrice du programme. En revanche, les ‘colibris’, ce sont nos huit handicapés cognitifs, ils sont en formation restaurant pendant quatre mois », avant de laisser leur place en cuisine pour partir en stage, pour une durée totale de huit mois de parcours.

Louise Morot, cheffe de service de Rima Here, et Bouchra Haddach, formatrice de service

« Ça m’apporte beaucoup de joie »

Porté par l’Accueil Te Vaiete, et le Campus des métiers et des qualifications du Pacifique (CMQP) et de plusieurs partenaires publics et privés, ce projet d’insertion suscite déjà l’enthousiasme des participants, quelques jours seulement après son lancement.

« Je suis en formation à Te Vaiete, ça fait quatre jours que je suis ici. J’apprends le métier de cuisinier et serveur. J’aime beaucoup ce métier-là. Ça m’apporte beaucoup de joie de rencontrer de nouvelles personnes, d’apprendre de nouveaux plats », témoigne Toanui, jeune membre de la promotion colibri.

Le restaurant L’Éphémère rouvre au public la semaine prochaine les lundis, mardis, jeudis et vendredis pour le déjeuner.

Les Tere House enfin prêtes

Parmi les nouveautés de cette édition, les « fare solidaires », longtemps attendus, sont désormais accessibles et en service. Installés à proximité de l’accueil Te Vaiete, chaque module de 14 m² est prévu pour deux personnes et l’ensemble a coûté 8 millions de francs.

« Alors pour le moment, il y a cinq bungalows et elles sont six à avoir choisi de les prendre. Ces bungalows sont réservés exclusivement pour les filles qui font la formation, elles n’ont pas le droit d’amener leur compagnon ou quiconque, précise la formatrice. Pour les autres, elles ont leur tane et ne veulent pas forcément se couper de leur vie extérieure ».

Ces hébergements pourtant inaugurés en grande pompe en avril dernier, étaient censés accueillir les bénéficiaires de la première promotion, mais, entre la lenteur administrative et surtout des problèmes internes à l’entreprise chargée de leur construction, les premiers stagiaires n’ont jamais pu y vivre. Un report qui aurait eu un impact direct sur le moral de certains, menant même à des abandons, voire même une rechute dans l’ice, selon Père Christophe.

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