ACTUS LOCALES Transport scolaire à Moorea : « Maintenant, j’avance », lance Samantha Bonet-Tirao Vaitiare Pereyre 2026-02-23 23 Fév 2026 Vaitiare Pereyre Après des mois de tensions autour du transport scolaire à Moorea, la nouvelle ministre de l’Éducation, Samantha Bonet-Tirao, a choisi de se rendre sur le terrain dix jours seulement après sa nomination. Quinze bus aux normes circulent désormais sur l’île sous la houlette de la nouvelle prestataire Juliana Ruta. Si le changement a été très bien accueilli sur l’île sœur, il ne s’agit que d’une solution « temporaire », en attendant un premier marché à la prochaine rentrée et une réforme plus profonde annoncée pour 2028. Dix jours seulement après sa nomination, Samantha Bonet-Tirao s’est rendue ce lundi à Moorea. Une visite de terrain très attendue alors même que les trois ans de mandat de son prédécesseur, Ronny Teriipaia, avaient fait débat sur l’île sœur. En cause, on s’en souvient, l’annulation du projet de lycée, mais aussi les transports scolaires, compétence du Pays. C’est ce sujet qu’elle a abordé avec les élèves directement lors d’un trajet en bus, mais aussi au collège d’Afareaitu et à l’école primaire voisine. Juliana Ruta reprend les manettes Dès sa prise de fonction, la ministre avait inscrit le transport scolaire parmi ses priorités. Elle avait ainsi annoncé la semaine dernière à Tahiti Infos qu’un nouveau prestataire avait été choisi : Juliana Ruta. Et c’est donc l’ancienne opératrice du RTU qui a récupéré les manettes du transport scolaire, accompagnée de son fils Tehaumaru Euloge comme cogérant. Une bonne nouvelle qui s’accompagne surtout de 15 véhicules aux normes qui desservent désormais toute l’île. Un retour en arrière en quelque sorte, puisque c’est Juliana Ruta elle-même qui était chargée du transport scolaire et régulier sur l’île sœur, avant que Warren Transport ne prenne le relais en 2024. À l’époque, les bus étaient vieillissants et la durée de l’appel d’offres -un an- permettait pas au transporteur d’investir dans des bus neufs. Un point que la nouvelle ministre est décidée à faire évoluer : trois ans, cinq ans, sept ans… Elle ne veut toutefois pas, pour le moment, trop s’avancer sur le sujet. Vers une réforme de fond Le contrat avec Juliana Ruta Transport court jusqu’à la fin de l’année scolaire. D’ici le mois de mai, un nouvel appel d’offres sera lancé pour la rentrée 2026-2027. Entre-temps, le ministère parle de lancer un « chantier de fond » qui doit permettre d’avoir « une vision globale du transport ». La nouvelle ministre évoque également la nécessité de « travailler sur les tarifs », l’objectif étant, à terme, de permettre une activité plus pérenne. Enfin, hors de question pour elle de désigner un responsable des manquements en matière de transport scolaire : « Il y a eu des études qui ont été menées, qui ont pris beaucoup de temps. Elles ont nécessité certainement un délai de réflexion. Avec les services, il y a eu un travail de fond qui a été effectué. Aujourd’hui, je prends la décision de fonctionner ainsi. Maintenant, j’avance, je ne reviens plus en arrière. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/02/MOOREA-ministre.wav « Un service fiable, durable et sécurisé » Une vision partagée par Tehaumaru Euloge, qui confirme que ce dispositif est « temporaire » et qu’il y a encore un important travail à mener avec les équipes de la DGEE. Il se dit néanmoins confiant pour la suite : « Je pense qu’on travaillera pour avoir une bonne cohésion et pour l’avenir de nos enfants. L’objectif est de fournir aux enfants de Moorea un service fiable, durable et sécurisé. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/02/MOOREA-chauffeur-de-bus.wav Reste maintenant à transformer l’essai. Car si la ministre assure qu’elle « avance », les prochains mois diront si cette solution provisoire permet réellement de tourner la page des dysfonctionnements et d’installer enfin un transport scolaire stable sur l’île.