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Turquie: pas "l'ombre d'une preuve" pour extrader Gülen

Washington (AFP) – Le prédicateur turc Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis et accusé par Ankara d’être derrière le coup d’Etat avorté du 15 juillet, ne sera pas extradé car il n’y a pas « l’ombre d’une preuve » contre lui, a affirmé vendredi un de ses avocats américains.

« Nous n’avons pas vu la moindre preuve, directe ou indirecte, qui résisterait de manière convaincante à un examen des faits, l’ombre d’une preuve (…) impliquant M. Gülen », a défendu son avocat Reid Weingarten lors d’une conférence de presse à Washington.

Fethullah Gülen, âgé de 75 ans, vit en exil depuis 1999 en Pennsylvanie (est) et est la bête noire du président turc Recep Tayyip Erdogan qui réclame à Washington son extradition.

Mais pour l’avocat américain, les « procédures d’extradition » aux Etats-Unis -qui jouissent d’un traité en la matière avec la Turquie- obéissent à des règles juridiques précises. « La preuve compte et le respect de la procédure compte », a martelé le juriste du cabinet Steptoe & Johnson.

Il s’en est pris directement au régime turc qui a maintes fois exigé que Washington extrade l’ancien imam en accusant les Etats-Unis de le « cacher ».

« Les théories du complot et les menaces du président Erdogan ne sont pas assez solides pour ébranler le système juridique américain. Pour ces raisons, nous pensons que M. Gülen ne devrait pas et ne sera pas extradé », a affirmé M. Weingarten.

L’avocat a encore accusé le chef de l’Etat turc de miser sur « le pouvoir et la politique » pour se faire entendre à Washington alors que les Etats-Unis privilégient les « règles de procédure » et la « preuve » en droit.

« Il y a un choc des cultures ici. Je crois que le président Erdogan pense qu’en claquant des doigts, les gens vont s’exécuter », a dénoncé M. Weingarten.

Officieusement, la position de l’administration américaine concernant la demande d’extradition contre M. Gülen ne semble pas très éloignée de celle de ses avocats: le ministère de la Justice américain « essaie toujours de déterminer si les documents fournis (par Ankara) constituent une demande formelle d’extradition », s’est borné à répondre jeudi soir le département d’Etat.

Le secrétaire d’Etat John Kerry, qui pourrait se rendre en Turquie fin août selon Ankara, avait, aussitôt après le coup d’Etat avorté, réclamé à la Turquie « des preuves » de l’implication de M. Gülen.

Le prédicateur turc Fethullah Gülen, chez lui à Saylorsburg, en Pennsylvanie, le 18 juillet 2016. © AFP

© AFP/Archives Thomas URBAIN
Le prédicateur turc Fethullah Gülen, chez lui à Saylorsburg, en Pennsylvanie, le 18 juillet 2016

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