ACTUS LOCALESINTERNATIONAL

Un navire chinois à Rarotonga pour étudier les ressources des grands fonds

Le Da Yang Hao, un navire de recherche géologique exploité par les autorités chinoises, est arrivé vendredi au port d’Avatiu « après une croisière scientifique de neuf jours entre Suva et les îles Cook », comme l’explique Radio Cook Islands. Le bateau d’une centaine de mètres participe à l’exploration des ressources minières des grands fonds, que le voisin de la Polynésie française est bien décidé à être le premier, dans le Pacifique, à exploiter.

La Seabed Minerals Authority, autorité officielle des Cook en matière de fonds marins, a confirmé avoir « participé au voyage » et à la mission scientifique lancée depuis Suva à bord de ce navire de près de 100m de long, lancé en 2018 comme le premier « navire de recherche océanographique mondial » chinois. Le gouvernement local avait signé en février dernier un partenariat avec Pékin, très débattu en interne, mais qui a surtout provoqué l’ire de la Nouvelle-Zélande, état avec lequel les Cook sont associées depuis l’indépendance du pays en 1965. Un autre accord avait été signé en août avec les Etats-Unis, toujours dans l’optique d’explorer les fonds marins locaux.

Dans un communiqué de presse cité par Radio Cook Islands, le Seabed Minerals Authority a assuré que toutes les données scientifiques recueillies au cours du voyage resteront aux Îles Cook « afin de soutenir la recherche marine nationale, la planification environnementale et la future politique océanique ». Et invité la population d’Avatiu a venir découvrir ce navire « équipé de systèmes de cartographie des grands fonds marins, d’imagerie sonar, de technologies d’échantillonnage des fonds marins et de laboratoires embarqués entièrement équipés permettant d’analyser les environnements océaniques en temps réel ». Les Cook avaient déjà reçu un navire de recherche américain courant octobre, comme le rappelle l’AFP.

Ces missions sont liées à la volonté des Cook d’être pionnières dans l’exploitation minière des richesses des grands fonds, notamment les nodules polymétalliques. Une exploitation qui fait débat au niveau international, et au niveau local : le gouvernement de Moetai Brotherson a plusieurs fois réaffirmé son opposition à cette activité aux conséquences environnementales mal connues mais potentiellement dramatiques d’après certaines études. La Polynésie a appelé, comme la France, à un moratoire sur cette exploitation, dans la région et au delà, et a récemment gravé dans le marbre des nouveaux statuts du parc marin couvrant toute la ZEE l’interdiction de cette activité. Tout le monde ne partage pas cette position au Tavini, où Oscar Temaru a placé depuis longtemps les richesses minières des grands fonds au centre du discours indépendantiste.

Ce n’est pas la première fois que le Da Yang Hao fait parler de lui. En 2021, le navire affrété par le ministère des Ressources naturelles de Pékin avait été soupçonné d’avoir étendu une campagne de recherche en haute mer jusqu’à la ZEE de Palau. En juillet dernier, sa présence aux limites des eaux indiennes avait inquiété New Delhi.

Article précedent

Tarena Maohi08/11/2025

Article suivant

Les nageurs jusqu'au bout de l'effort dans la traversée entre Tahiti et Moorea

Aucun Commentaire

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

PARTAGER

Un navire chinois à Rarotonga pour étudier les ressources des grands fonds