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Vie chère : le Medef blâme le Code du travail et l’administration plutôt que les marges

Dans une lettre envoyée à Tony Géros, Steeve Hamblin se dit « préoccupé » par la teneur des débats qui ont lieu les 19 et 20 mars derniers à Tarahoi. Des débats, alimentés par des constats d’experts de la concurrence et qui se sont trop concentrés sur les pratiques et les marges des entreprises polynésiennes. Le président du Medef, qui alerte en outre sur le risque de récession dans les mois à venir, met en garde le président de l’assemblée contre toute mesure coercitive. Et invite plutôt à travailler sur la réforme du Code du travail ou sur la réduction des coûts de fonctionnement de l’administration.

Plus de deux semaines après le colloque sur la vie chère organisé par Tony Géros à l’assemblée, le Medef ne décolère toujours pas. L’organisation patronale avait dépêché sur place une vingtaine de représentants et chefs d’entreprises, et s’était étonné, dès les premières discussions, des propositions du « groupe d’experts » – pour la plupart spécialistes du droit de la concurrence – chargé de fournir une base de débat à l’évènement. Des propositions au champ assez vaste, touchant à la fiscalité, au fret ou aux outils statistiques du Pays, mais qui insistait sur la nécessité de mieux contrôler les pratiques des grands groupes polynésiens et les marges pratiquées par les différents acteurs économiques locaux.

Pas du goût de Steeve Hamblin, déjà remonté lors du débat organisé sur TNTV après le colloque, et qui a fait part à Tony Géros, dans une lettre envoyée le 2 avril dont la chaîne du Pays s’est fait écho, de sa « préoccupation » quant aux conclusions du colloque. Le président du Medef remet en cause la « méthodologie » employée par le président de l’assemblée, et accuse « certains animateurs » d’avoir conduit des débats « orientés ». « De nombreux sujets abordés n’ont pas fait l’objet d’un consensus au sein des ateliers, et pourtant, les recommandations finales ont été présentées comme le reflet d’une opinion unanime des acteurs économiques présents », écrit le porte-parole, qui regrette l’absence d’un réel espace de discussion pour « explorer d’autres pistes » de lutte contre la vie chère.

« La hausse constante des coûts de l’administration engendre inévitablement une augmentation de la fiscalité »

Aucun doute pour Steeve Hamblin, les entreprises polynésiennes ont déjà déployé des « efforts considérables » pour faire baisser les prix, « la libre concurrence sur notre marché fonctionne de manière saine et efficace », contrairement à l’analyse qu’en a fait le groupe d’experts de « Isle », constitué, entre autres, de responsables de différentes autorités de la concurrence. Et les « nouvelles mesures coercitives » qui ont été suggérées, en matière, par exemple, d’exclusivités d’importation ou de transparence et de contrôle des grands groupes, « conduira à un renchérissement inévitable du coût de la vie pour les Polynésiens ».

Le chef d’entreprise met en garde le chef de la majorité Tavini sur d’éventuelles initiatives dans ce sens. Et pointe donc les « pistes » qui méritent selon lui d’être explorées : « la hausse constante des coûts de fonctionnement de l’administration », qui « engendre inévitablement une augmentation de la fiscalité », le code du Travail, dont le Medef demande depuis longtemps un assouplissement « indispensable pour renforcer notre compétitivité », ou encor des « travaux structurants » pour favoriser l’initiative entrepreneuriale et l’emploi. « Nous réaffirmons notre disponibilité pour contribuer à de futurs travaux dans un cadre plus transparent et collaboratif, dans l’intérêt tant des entreprises que de la population polynésienne, écrit Steeve Hamblin. Il conviendra également d’élargir cette réflexion au logement, au transport, et au poids de notre administration dans le coût global de la vie en Polynésie ».

Jeudi, sur l’antenne de Radio 1, Steeve Hamblin avait déjà appelé les autorités – plutôt gouvernementales cette fois – à « arrêter de taper sur les entreprises ». Il alertait sur le risque, imminent selon lui, de crise économique majeur du fait de la guerre commerciale mondiale lancé par Donald Trump et sa nouvelle vague de droits de douanes. Une crise qui « n’épargnera pas le fenua », insiste le chef d’entreprise, et risque de mettre de nouveau à terre la filière touristique.

 

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