ACTUS LOCALESÉCONOMIEFAITS DIVERS Viper Va’a pousse un coup de gueule contre l’administration Nanihi Laroche 2025-09-23 23 Sep 2025 Nanihi Laroche Basée à Raiatea, l’entreprise Viper Va’a, spécialisée dans la fabrication de pirogues et de rames « made in fenua », a publié lundi un message directement adressé au président Moetai Brotherson, à la vice-présidente Minarii Galenon et à la ministre de l’Emploi Vannina Crolas. Après avoir accueilli ces élus en mars dernier dans son atelier, l’entreprise espérait un soutien concret pour l’agrandissement de ses locaux et la formation de ses employés. Dans sa publication, le fondateur dénonce des lenteurs administratives, des refus successifs de dossiers et un manque d’accompagnement malgré les promesses. Le président a répondu dans la foulée, assurant avoir « saisi les ministères concernés ». Des échanges sont en cours entre le gouvernement et Viper Va’a. « Première entreprise de la côte ouest de Raiatea à créer de l’emploi localement », Viper Va’a, spécialisée dans la fabrication de pirogues et rames en composite, a publié ce lundi un message directement adressé au président Moetai Brotherson, à la vice-présidente Minarii Galenon et à la ministre de l’Emploi, Vannina Crolas. Cette société, reconnue pour son savoir-faire « made in fenua », dénonce un manque de suivi administratif, des lenteurs bureaucratiques et une série de refus qui freinent ses projets de développement. Le post, partagé plus d’une centaine de fois sur les réseaux, a fait réagir. Le président Moetai Brotherson a répondu dès les premières heures et dit « découvrir avec tristesse le manque de suivi et d’accompagnement » des services mis en cause, et assure avoir « saisi les ministères concernés ». Minarii Galenon a, elle aussi, répondu, en précisant que « ayant quitté mes fonctions en juin 2024 et étant vice-présidente depuis mars 2025, je ne peux avoir la main sur ce dossier pour des raisons administratives ». Une réponse qui n’a pas satisfait les internautes : « Comme tu n’es plus ministre de, on referme la porte sèchement et on passe à autre chose. Bravo pour la réponse… », écrit l’un d’entre eux. Des délais dépassés à cause des lenteurs administratives Créée en 2008, Viper Va’a emploie aujourd’hui une quinzaine de salariés, et exporte « 70 % de sa production à l’international, dans près de 35 pays, dont Hawaii, les États-Unis, l’Europe, l’Amérique du Sud, le Japon, la Nouvelle-Zélande, l’Australie, etc. », indique le fondateur de l’entreprise, Alex Pelou. Il y a six mois, presque jour pour jour, l’entreprise a accueilli dans ses locaux les représentants du gouvernement, dans le cadre d’une visite ministérielle à Raiatea. À cette occasion, l’équipe avait présenté ses projets et besoins pour continuer son développement, c’est-à-dire « la construction d’un deuxième atelier et des aides à la formation de jeunes issus du lycée professionnel de Raiatea ». Suite à quoi, « le président nous a semblé très enthousiaste et nous a demandé : de quoi avez-vous besoin ? On a répondu : on n’a pas besoin d’argent, juste d’un soutien dans ces projets pour qu’ils puissent voir le jour en toute sérénité », explique le chef d’entreprise. Pourtant, plusieurs mois plus tard, la société se retrouve face à une série de refus administratifs et de rejets de dossiers. Parmi les principaux points de blocage, il y a notamment « l’AMI industriel, une subvention, où de temps en temps, le gouvernement avec l’aide de la France fait un appel à projets et tu peux avoir une subvention, précise le chef d’entreprise. Et ce projet pour nous était de faire un deuxième bâtiment et en fait on a été lauréat. Cependant, avant il n’y avait pas de délai pour réaliser ces projets, mais dernièrement une loi du Pays est passée où il y avait une deadline, et le temps de monter ces dossiers on s’est retrouvé hors délai. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/09/VIPER-VAA-1-subvention.wav Alex Pelou indique que son permis de construire a été retardé d’abord par la lenteur de traitement du dossier qui a pris « au moins 2 mois », puis « par une demande de dossier ICPE inattendue ». Des documents complémentaires qui n’avaient pas été « demandés pour le premier bâtiment, pourtant identique », assure le fondateur, qui ajoute qu’avec seulement « 2 à 3 mois pour fournir la pièce et missionner un bureau d’études, on s’est retrouvé hors délai, et on a perdu » non seulement « la subvention AMI industriel de 12 millions », mais aussi les frais des « prestataires qui étaient déjà réglés. » L’autre sujet de préoccupation était la formation des jeunes et leur intégration en entreprise. Jusqu’ici, Viper Va’a formait ses salariés via les dispositifs CAE ou Sepia, remplacés depuis peu par le nouveau dispositif TIAMA, qui a lui été fortement « vanté par la ministre de l’Emploi ». Ce dispositif prévoit une aide au salaire « pendant un an, à hauteur d’environ 50 %, pour les entreprises formant un jeune à un métier non couvert localement, comme le travail du composite », indique Alex Pelou. Le dossier a encore une fois été rejeté pour des raisons administratives : le jeune diplômé du lycée professionnel aurait dû s’inscrire comme demandeur d’emploi au Sefi préalablement à la demande… mais il s’est inscrit le jour même du dépôt de dossier. « Une réforme de cette bureaucratie qui est compliquée pour les chefs d’entreprise » « Des belles promesses », dit le fondateur dans son message. Mais bien que ce soit « un petit peu démotivant quand tu as des projets, quand on te vante ces mérites » des dispositifs du Pays, Alex Pelou rappelle « qu’on a un soutien quand même par derrière du gouvernement. Je ne tire pas à boulets rouges contre eux. Au contraire, je pense que c’est plus une discussion qui doit continuer et qui doit s’engager sur une certaine réforme de cette bureaucratie qui est compliquée pour les chefs d’entreprise comme nous, si on veut pouvoir aller de l’avant et puis concrétiser des projets qu’on a pour faire avancer le pays. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/09/VIPER-VAA-2-bureaucratie.wav Des discussions sont en cours en ce moment, « le ministère de l’Emploi a pris conscience de la problématique, affirme le chef d’entreprise. Les retours sont positifs, et pour les entreprises dans un cas similaire au nôtre, c’est une bonne chose ».